Anniversaire

Avec l’imprévisibilité des vagues, le vent chaud d’un nouvel été courbait inlassablement ces champs d’herbes. Le souffle du temps délavait le vert foncé de ces étendues pour les peindre d’un vert clair. La danse naturelle de ces brins mêlés au son continu du feuillage rendait les arbres, alentour, immobiles, comme les témoins du changement des années. La lumière inlassable de cette journée virevoltait rapidement entre les passages d’ombre laissés par les feuilles de ces géants presque intemporels, aux corps durs et rugueux, recouverts par endroits d’une douce mousse, d’un vert foncé et parfois grisâtre, celui des aléas de la nature. Ses yeux battaient au rythme irrégulier des lances du soleil. Cela le fatiguait presque malgré cette chaleur si agréable, celle qui tanne la peau du visage et marque de façon indélébile du cycle vertigineux des âges. Dans cette légère cadence azurée, il apercevait par intermittences, la folle cabriole des nuages qui ne cessaient de se former et de se déchirer avec le papillonnement quasi ostentatoire de la jeunesse.

Comme pour cueillir un souvenir, il s’était promis de s’arrêter un instant dans cette campagne verdoyante ou dans le clair-obscur des sous-bois. Dans l’ocre des clairières dormaient intactes les couleurs de son passé. D’autres allaient l’attendre, aujourd’hui, pour se consacrer au rituel du passage. Mais il était là, seul, pour se laisser perdre par les dates inscrites, avec ou sans son consentement, sur la mosaïque de sa mémoire.

Il marcha jusqu’à l’orée d’une échappée silencieuse où chacun semblait présent et cela malgré l’étendue des différences et des origines qui les marquaient : leurs branches s’entrecroisaient par endroit et ce mélange, passant du brun crème, pâle, au brun fauve, formait une continuité de liens qui l’entourait maintenant.
Dans ce calme, il se souvint des gens qui l’avaient accompagnés, qu’il avait rencontrés. Certains lui étaient encore proche, d’autres étaient restés très vivaces dans son esprit. A ses pieds, des grappes de fleurs avaient poussé çà et là avec l’insouciance des jours, certaines capucines illuminaient de leurs rouge, très légèrement orangé, la brise dont le souffle calmait par endroit, comme un repos accordé à l’existence périssable de ces pétales de passion, les ardeurs insupportables du soleil : ce soleil qu’il avait toujours adoré pour son éternel éclat, mais aussi redouté de par sa tendance imprédictible à brûler, en fonçant et mêlant de rouge, ses pensées les plus intimes.

Il sentit le bout de ses doigts écraser, tout en le roulant, un brin de lavande, parme, dans le fond de sa poche, pour en extraire cette odeur si familière à sa vie, à ses souvenirs ; comme une clef des champs, il porta à son nez l’essence de ce brin d’habitude et mêla ce bleu lavande à l’odeur vivace des plantes qui lui ouvrirent, alors, au contact de ces fleurs bleues séchées et toujours odorantes, le verger de ses émotions rubescentes passées.

Au milieu de ces arbres fruitiers, il se souvint de l’anniversaire de ses trente ans ; de l’énergie que la préparation de ce passage lui avait demandé. Avec la lenteur du temps, les pigments oubliés de la lumière revinrent doucement re-colorer le tableau de cette soirée. La nuit avait tapissé la terrasse de son ombre chatoyante, et, très rapidement les bulles de champagne avaient illuminé les visages de ses invités. Dans cette accolade d’arbres fruitiers, les fruits offraient leurs plus belles robes comme un appel à être cueilli, goûté et à laisser le souvenir d’une douce bouchée sucrée. A terre, dans une vague d’herbe, un fruit aux reflets pèche, déjà bien mûr, s’offrait avec les dernières lueurs de sa peau satinée ; alors, comme lorsque l’on perçoit un souvenir éloigné dans sa mémoire vagabonde, avant qu’il ne s’échappe et disparaisse dans la pénombre d’un autrefois, il le ramassa et savoura timidement les premières saveurs d’une réminiscence. Puis, en un instant, un fou bruissement de lumière en éclaira les teintes cachés : des phrases prononcées résonnèrent dans cet émoi inattendu. Son père avait parlé de lui, lui avait parlé, il avait réussi à rendre le tangible inutile ; le matériel s’était recouvert d’une obscurité impénétrable comme pour survivre à cette éclipse éblouissante, à ces paroles d’un père à son fils.

Maintenant qu’il avait soixante ans, il se souvenait, il était venu pour se souvenir, il repensait à la bienveillance de ces paroles immortelles. A travers les yeux de son père, elles avaient retracé l’histoire de sa vie d’enfant et d’homme ; elles avaient clos mais aussi parlé de ce qui l’avait forgé, façonné, comme un socle posé pour soutenir le reste des années à venir. Le vent se leva, secoua les branches et lui rappela par sa force et son endurance l’effet que celui-ci avait sur toutes ces pierres entassées, inégales, et maintenant déformés, et alignés en un muret qui ne resterai jamais le même mais supporterai solidement les frasques du temps : elles formaient un tout solidaire dont chacune avait construit l’équilibre de la suivante et ainsi de toutes les autres. Ses trente dernières années passées avaient été la suite incontestable des choix et non choix fait jusqu’à ses trente ans. Il avait déjà perçu, peu avant la trentaine, les effets de ses décisions antérieurs et donc l’importance de celles venues. Sous ce chapeau tressé offert par sa mère ce même jour, témoin rescapé du temps, il compris pleinement l’intuition qu’il avait eut en réunissant ses amis et toute sa famille ; il s’était vu dans le regard des autres ce soir-là, il avait eut la pleine perception de son existence : l’instantané de son monde et de ses liens.

Il marchait avec hésitation et, après avoir enjambé un petit mur de roche et de plantes grimpantes recouvert par l’abandon de l’homme, délivré du temps, il s’enfonça dans un bocage dont le feuillage filtrait une lumière lointaine et attirante. Derrière lui s’évapora le parfum des souvenirs anciens en un léger nuage d’oubli qui ombra, pour en cacher l’entrée, le clos intime de ses pensées. Son allure reprit sa forme habituelle et les branches lézardées par la chaleur des journées craquèrent sous ses pas lourds d’une nostalgie passagère peu familière ; il était entouré d’arbres dont les longs et vieux branchages tenaient par la force, chaque année, de nouvelles feuilles, de nouvelles pousses vertes et fraîches, insouciantes du sommeil profond de l’hiver.
Dans un étonnement presque attendu, l’horizon se peignit d’un jaune blé, un champ sans limite gonflé par les rondeurs d’une colline bordée d’un chemin de terre sèche s’étirait lentement ; les bosquets s’allongeaient sous la houle de nuages cernés d’un bleu presque violacé par cette fin d’après-midi. Dans l’enchevêtrement des derniers jet de lumière, une silhouette à l’allure cadencée perçait le calme du paysage. Comme à la venue imprévisible d’une déesse, il s’assit sur une pierre aux arrêtes arrondies par la patience des observateurs et fixa sa venue allongée par les lignes fuyantes des peupliers, gardiens de ce sentier habillé d’herbes folles. Elle courrait de toute sa fraîche candeur et suait presque avec plaisir. Malgré son élan et sa concentration pour respirer, elle croisa dans le regard de cet homme âgé la profondeur d’une décision lointaine, celle de ne pas attendre le trépas, mais de se préparer à vieillir. Sa vieillesse semblait belle, il semblait s’être préparé et construit de l’expérience nourrissante de la vie, au vu de ces doux yeux. Un instant, il crut voir sa course ralentir avec le flou d’un mirage mais seul, lors de son passage, resta le parfum mêlé de ces gouttes suaves et de sa peau chauffée par le soleil. Il se souvint avoir lui aussi couru pour sentir la pleine force vivante de son corps. Le galbe de ses jambes se confondit bientôt avec le dernier tumulte de la végétation, et, derrière elle, il emboîta le pas comme pour profiter de cette bourrasque impromptue qui l’aiderai à rejoindre ceux qui l’attendaient.

Pour ce soir, il savait que son frère -peut-être le plus beau présent que ses parents lui avaient offert, une personne qu’il sentirait à ses côtés toute sa vie malgré les tempêtes de celle-ci- l’attendait avec sa famille et ses amis, pour honorer ce jour.
Dim 04 Jan 2009, 22:27 par Bertrano sur Mille choses

Un soir de violence

NOTE = Une quête aux souvenirs de mon enfance. Histoire d’un soir parmi tant d’autres semblables. Un soir de violence conjugale, dont j’ai souvent été spectatrice.

Boule au ventre. Le ronronnement de ce moteur, qu’elle pourrait reconnaître parmi des milliers, se fait entendre dans le petit appartement au sixième étage de cette cité de banlieue parisienne. Elle sait ce qui l’attend, elle sait ce qui va se passer. C’est comme un rêve prémonitoire qui se répète sans cesse, qui ne prend, et ne prendra jamais fin. S’approchant timidement de la fenêtre qui donne sur ce parking sinistre, elle aperçoit la silhouette familière de son père sortir avec grande peine de la voiture grise métallisée. Elle suit du regard cette silhouette titubante d’alcool, priant pour que cette dernière s’écroule au sol et ne se réanime jamais. Une sombre prière mais qui apaiserait son petit être. L’ombre de son père s’efface de son champ de vision. L’attente se fait longue. La peur prend le temps de s’introduire dans le corps de cette petite fille de six ans. Elle persévère à croire qu’il a pu se dessouler en montant les marches de l’escalier glauque jusqu’au sixième étage, qu’il a pu redevenir lucide en traversant le long couloir qui le mènera jusqu’à la porte de l’appartement six cent deux. La sonnerie retentit. Un coup d’électricité parcourt le corps de la fillette. La sonnerie retentit dans son esprit. Il n’ouvre jamais la porte avec ses clés. Il a toujours eu cette fâcheuse habitude de sonner, comme pour prévenir de son arrivée. Elle va embrasser son père. Il pu l’alcool à plein nez, mais elle s’efforce de ne pas faire de grimace face à l’odeur du Whisky. Il a les yeux vitreux. Ses beaux yeux bleus sont jaunis par l’eau de vie. Il a le regard méchant, assassin. Les rides de son visage sont encore plus perceptibles qu’à leurs habitudes. Il s’assoit, ou plutôt, se laisse tomber sur une chaise. Sur sa chaise. La chaise du patriarche. Elle descend. Elle part s’isoler dans sa chambre pour éviter la catastrophe qui se fait de plus en plus menaçante. S’enfermant dans sa bulle, elle enfoui son visage sous l’oreiller. Insiste pour que ses paupières se ferment. Seulement, l’oreiller n’étouffe pas les cris qui jaillissent du salon. Elle fait semblant de ne pas entendre jusqu’à ce que la culpabilité s’empare d’elle. Craintivement, dans le plus grand des silences, elle monte les escaliers sur la pointe des pieds. Elle voudrait faire un pas en arrière plutôt qu’un pas en avant. Les hurlements se font de plus en plus tonitruants à son oreille. Elle s’assoit sur une ou deux marches avant la dernière, pose ses mains sur les barreaux de la rambarde. Le spectacle, qui se représente chaque soir chez elle, se déroule sous ses yeux. Les acteurs ne sont autres que ses propres parents. Le synopsis, elle le connaît par coeur. Son père empli d’alcool assène de nombreux coup sur sa femme, soumise. Il hurle des mots inaudibles. Il explose tout ce qui lui tombe sous la main. Un cendrier qui vole, laissant retomber les cendres sur le sol. Un meuble éventré par un coup de poing. Une fenêtre brisée. Les pleurs d’une mère impuissante face au père de son enfant. Images de violence qui s’écrasent sur les pupilles de cette petite fille. Sur sa conscience. Images de détresse qui ne s’effaceront jamais de son esprit. Elle pleure. Redescend dans sa chambre, se coud les yeux pour les laisser fermer. Elle ne veut plus rien voir. Elle veut seulement dormir. Dormir.

Madem0iselle B.
Lun 22 Déc 2008, 14:55 par Madem0iselle B. sur L'amour en vrac

À la nuit tombante

À la nuit tombante.-

Allumer une loupiote, turne misérable.
Ce pauvre moutard, bouche édentée.
Un sourire désagréable, timidité minable.
Corps loqueteux enfance éprouvée.

Soudainement, un farfadet, triste consolation,
Lutine cette ambiance peu scintillante.
Dehors, des flocons paresseux, l’indécision.
Un froid mensonger, brise sifflante.

Nul sapin émerveillé, l’attente sournoise.
Silence gelé espérant des sourires volés.
Symphonie désaccordée, notes grivoises.
Mélopée lugubre, des regards séchés.

Paupières désespérées, décor d’une grande pâleur.
Agenouillé, l’absence d’amour, froidure.
Des menottes fragiles, esprit rêvasseur.
L’incontinence d’espérer, faible ossature.

La ruelle d’un lit, s’affaisser lourdement.
Dormir pour effacer la magie d’une nativité.
Pleureur calmement, la sagesse d’encens.
Oublier les joies, dénouement rêvé.

André, épervier
http://epervierlepoete.iquebec.com
Jeu 27 Nov 2008, 23:26 par epervier sur Mille choses

Le libertinage et moi

J’ai toujours pensé, sans même l’avoir vécu, que le libertinage, quelque soit ses formes, était une liberté qui se respecte comme telle, dès lors qu’elle se vit entre adultes consentants.

Je n’ai pas eu pour autant d’attirance particulière pour ce genre de vie, jusqu’à ce que le destin mette sur ma route une belle amoureuse avec qui j’ai pu le vivre. Tout était beau... Intense et très sain, quoique l’on en pense...

Même si tout cela n’est pas sans dangers lorsque l’on vit une relation "en couple", nous avons su les éviter, surtout grâce à son expérience dans ce domaine, elle fut d’abord mon guide, et je tentais moi aussi de devenir le sien. Il y avait une grande complicité entre nous... Et encore tant de choses à vivre...

Ce que je n’avais pas anticipé, en revanche, c’est l’impact qu’aurait sur moi une partie de son entourage libertin...

Ce fut le cas d’un homme, qui serva de bouc émissaire le temps d’une soirée très importante, et qui me renvoya malgré lui à mes démons...

Un invité de dernière minute, comme si la vie l’avait voulu ainsi...

Je l’ai jugé irrespectueux vis à vis de mon amoureuse, et de moi, j’ai soudain vu en lui quelque chose que je n’arrivai pas à identifier et qui me posa un problème... J’ai fait une fixation sur cet homme et guettait chacun de ses gestes, il me mettait mal à l’aise... Celle que j’aime n’a pas compris. Nous nous sommes disputés...

J’avais décidé de partir la tête haute, paisiblement, mais j’ai commis l’erreur de vouloir m’adresser à cet homme directement, pour lui dire ce que je pensais.

J’ai provoqué ainsi un ressentiment général. Je pense aujourd’hui que ce ressentiment était latent, mais ce n’est qu’un sentiment.
Quoi qu’il en soit je me suis retrouvé expulsé physiquement, par celle que j’aime et par une de ses amies, qui m’a empoigné par le col. Devant des enfants, qui ont été traumatisés par cette violence physique et verbale... Un drame que je n’ai pas voulu et qui a amplifié mon ressenti. Je suis aujourd’hui jugé comme seul reponsable car étant à l’origine de tout ca. J’ai gaché une soirée importante que mon amoureuse avait soigneusement organisée, en se donnant du mal... Et j’y ai tout perdu.

Aujourd’hui une porte s’est ouverte et je vois à travers elle.

Je vois ma mère me raconter comment mon père avait une vie libertine à son insu, l’accusant d’être la cause de ces violences dont mon frère et moi avons été les témoins, les victimes... Comment elle l’a surpris en rentrant à la maison, dans son lit avec deux femmes... etc...

Le mot libertin s’associe alors en moi avec le mot fidèlité...

Je vois ma tante et maraine, une seconde mère pour moi, malade d’un cancer, en voie de rémission, rentrer chez elle et trouver mon oncle au lit avec la jeune amie de son propre fils... Ma tante est morte une semaine après.

D’autres épisodes où la fidélité dans le couple a eu des séquelles sur ma vie sont aussi présents dans mon esprit.

Ces drames ont marqué mon enfance, c’est aujourd’hui qu’ils remontent à la surface. Tout comme les abandons successifs dont j’ai souffert en pensant que c’était de ma faute...

J’en veux à mon père. Je ne peux pas le lui dire, car nous n’avons aucun contact... Mais ce n’est pas irreversible et un jour j’irai le trouver. J’ai tant de choses à règler avec cet homme. Mais ce jour n’est pas encore venu.

J’en veux à mon oncle. Je ne peux pas le lui dire puisqu’il n’est plus de ce monde.

Je regrette de ne pas avoir su me contenir et prendre sur moi lorsqu’il le fallait vraiment. Mais peut être était-ce tout simplement inévitable.

Si je n’ai plus aucun problème avec les libertins, je dois règler ce que certains d’entre eux ont fait renaitre en moi. L’accepter et avancer. Mais sans celle qui m’a ouvert à ce monde, celui-ci n’a plus de raison d’être à mes yeux.
Mar 14 Oct 2008, 18:26 par Bluetime sur Mille choses

Egoisme universel

N0TE = Texte écrit dans le bus après avoir croisé, comme chaque matins, le SDF qui n’a pas bougé, de sur cette parcelle de trottoir, depuis hier soir.

_ Matin d’hiver. Le fr0id se fait de plus en plus rude par les temps qui c0urent. 6h00. La vie reprend s0n c0urs. T0us ses indén0mbrables humains exercent les mêmes rituels c0mme chaque matins. Ils passent tous à c0té de cet être éc0rché par la vie. Ils s0nt t0us bien tr0p 0ccupés par leurs petites vies m0n0t0nes et sans imp0rtances. Ils passent près de lui sans même lui prêter attenti0n, sans même lui jeter un petit c0up d’0eil qui ne leur c0uterai p0urtant rien. Lui, flânant le l0ng des rues grisâtres et encrassées par ces milliers de pieds, semble perdu dans ses pensées. L’alc0ol n’est pas enc0re devenu sa c0uverture. L’alc0ol n’est pas enc0re devenu la sec0nde c0uche de s0n épiderme. Ses traits s0nt abîmés par cette vie menée dans la rue mais ses yeux hallucinés par t0utes ses b0iss0ns alc0olisées qu’il ingurgite par litre chaque j0urs, ne s0nt pas enc0re 0uverts. Sa démarche titubante de cette p0ti0n p0ur l’0ubli a laissé place à cette démarche s0bre et sereine. La beauté, qui se n0ie habituellement par l’alc0ol quand il est sa0ul,apparait enfin sur ce visage p0urtant b0uffé par la vie. Ses éternels habits sales s0nt néanmoins t0uj0urs sur s0n d0s mais il semble s0udain plus pr0pre et plaisant. Cette fidèle 0deur nauséab0nde qui émane généralement de sa peau s’est diss0ud dans l’air.

L’alcool fait oublier le temps . . .

S0ir d’hiver. La p0ti0n p0ur l’0ubli a prit p0ssessi0n de s0n c0rps, de s0n esprit. Il n’est plus lui même. État sec0nd. La p0ti0n p0ur l’0ubli a eu rais0n de lui. Il n’a tr0uvé que ce remède p0ur d0nner un peu de chaleur à ce c0rps gelé par le temps. Curieusement, les passants le remarque. Ils daignent enfin le regarder. Le regarder mais t0uj0urs avec ce regard imprégné de peur, sans une 0nce de pitié. Ils me dég0utent t0us. Ils me répugnent de faire preuve d’autant d’ég0ïsme. Ils m’éc0eurent t0us et p0urtant je suis c0mme eux. Je suis insensible face à cet être qui dépéri s0us mes yeux. Je m’indigne m0i même.

Madem0iselle B.
Mar 14 Oct 2008, 16:12 par Madem0iselle B. sur Mille choses

L'échec

Aujourd’hui la vie est sans saveurs, et j’éprouve un sentiment de culpabilité et de honte. J’ai honte de moi, honte de ce que j’ai fait, honte de ce que je suis...

Je prends conscience que je n’avance pas et j’ai l’impression de m’enfoncer de plus en plus dans un mal-être profond. Lorsque je tente de regarder vers l’avant, je ne vois rien. Comme si j’étais arrivé au bout du chemin, et que plus rien de bon n’allait m’arriver.

Mes comportements inspirent la violence. Je me sens rapidement mis à l’écart, ou rejeté. Je le provoque parfois... Peut-être parce que j’ai perdu l’essentiel, c’est à dire mon amour propre. Je veux qu’on me respecte, et je fais tout pour que l’inverse se produise.
J’éprouve rapidement un sentiment d’abandon, j’ai l’impression qu’à chaque jour qui passe je me dégrade physiquement.

J’éprouve de la jalousie, car je suis en permanence confronté à l’idée que l’infidèlité est dans la nature humaine. Cette nature, la faiblesse, je la rejète, donc je me rejète aussi. Je n’ai plus confiance en rien ni personne.

L’image de moi que je renvoie m’est insupportable. Je dois cesser de faire du mal autour de moi, et me tenir à distance de celle que j’aime pour la protèger. Je gache un à un les moments qui auraient du être beaux, je n’arrive pas à me contrôler. J’entends les reproches que l’on me fait en boucle dans mon esprit et éprouve un sentiment d’échec, car ils prouvent que je suis incapable de rendre heureux.

Voilà ce que je suis devenu après avoir mis un terme à une relation de vingt ans. J’ai brisé ma famille, fait voler en éclats mon couple, au prétexte qu’il n’y avait plus d’amour, pensant pouvoir enfin profiter de la vie...

Je suis tombé amoureux, certainement pas au bon moment, j’ai pris des coups, j’en ai donné... J’en paie le prix.

Le temps va nous réparer m’a-t-on dit... En ce qui me concerne je n’en crois rien. Car je ne suis pas le protecteur que je pensais être, je suis un destructeur.

Alors la seule façon de protéger les autres sera pour moi de m’isoler, et de garder cette carapace que j’ai déjà commencé à mettre... Je vais faire ce qu’il faut pour retrouver la paix intérieure, pour me retrouver tout simplement, et ne plus décevoir. Je dois soigner mon âme...

Je m’extirperai peut-être alors de ce cauchemard pour redevenir celui qui aime la vie, et là seulement j’aurai le droit d’être aimé.

Je te demande pardon mon Amour. Et te souhaite d’être enfin heureuse. Tu trouveras celui qui t’apportera tout ce dont tu as besoin, j’en suis sûr, car tu le mérites vraiment. En ce qui me concerne, je suis persuadé d’être dans l’incapacité de vivre une relation. Je te remercie d’avoir tout essayé. Tu resteras celle que j’aime plus que tout, et c’est pourquoi je ne peux accepter ton amitié. La souffrance qui m’attends sera d’autant plus grande si je devais me retrouver près de toi sans pouvoir te toucher ou te serrer contre moi. Je le sais...

La seule chose que je te demande, c’est de croire ceci : je n’ai jamais voulu te faire du mal. C’est arrivé malgré moi. Ce qui n’est pas une excuse, mais le constat d’une impuissance à contrôler ce qui en moi a rendu les choses difficiles.

J’espère seulement que quelques beaux souvenirs resteront en ta mémoire, ce serait pour moi une belle consolation.
Lun 06 Oct 2008, 05:38 par Bluetime sur Mille choses

Je viens a toi

Je viens en peine mon cher amant, car la vérité n’est pas belle, le monde n’est pas beau, et mon coeur n’est pas sain… Je viens avouer, cracher, renier pour toujours le mensonge. Car il n’a cessé de ronger mes entrailles, il n’a cessé d’étouffer mes poumons, brûler mes yeux et détruit mes muscles, il n’a pas arrêté et petit a petit il a réussi a anéantir mon corps. Et je ne peux plus aujourd’hui, par manque de force, continuer à te regarder dans les yeux. Et je peux te jurer que la vérité, si elle avait été dite depuis bien longtemps aurait beaucoup moins pesé sur mon cœur que celle que je dois assumer maintenant.
Je viens dans la tristesse et dans la honte, car mon cœur ne bat plus, mes yeux ne pleurent plus et mon corps est fatigué… Il est encore trop dure de t’avouer des sentiments portés par mon cœur, que j’ai caché depuis si longtemps, il est bien compliqué de te dire quel souvenir j’essaie de retrouver et pourtant qui n’est plus la. Un souvenir qui était censé être ancré dans ma peau, écrit sur mes lèvres, respirer par mon nez, mais un souvenir dont je ne retrouve plus ni le goût, ni l’espoir, ni même la force de le retrouver. Le souvenir que je t’aime ou plutôt que je t’ai aimé car il a disparut de ma mémoire, a été effacé de mes pensées, a fuit de mon esprit et j’en suis navrée car je n’ai pas su le retenir. Je ne sais même plus ce que signifie le mot je t’aime et pourtant Dieu sait que je l’ai utilisé mainte fois pour te rassurer qu’il y avait encore quelque chose entre nous.
Je viens, je viens vers toi et c’est l’essentiel, car j’ai su t’avouer que mon sourire était partit avec tous les autres sentiments joyeux d’ailleurs. Car j’ai su te dire combien je ne t’aimais plus, combien tu ne me manques pas et combien cela m’attriste. Car, quelle est la plus grande peine que de ne pouvoir retrouver la chose ou le souvenir qu’on avait de plus cher au monde? Je suis désolée de te rendre triste, de secouer tes sentiments amoureux. Et je suis vraiment désolée d’arrêter ton cœur à jamais… Car tu ne mérites pas cela, mais tu ne mérites pas non plus le mensonge…
Je viens a toi, une dernière fois, te dire et peut être te rassurer qu’un jour, oui, un jour au moins, je t’ai aimé a la folie.
Dim 29 Juin 2008, 22:35 par Arual sur L'amour en vrac

Un monde

« Ma bien aimée, je ne cesse de penser a toi, et Dieu sait qu’un homme amoureux peut écrire les plus beaux vers sur la créature qu’il aime.
Je cherche encore ton odeur sur ma peau, je me perds dans mes rêves pour retrouver la douceur de tes lèvres, je m’enfonce dans les enfers pour apercevoir ton regard. Mais je ne trouve rien, je cherche en vain et vain chaque jour, mais je ne trouve plus ton visage. Mon cœur cesse alors de battre quand je ne sens plus ta peau en contact avec la mienne, il me suffit juste d’une réanimation, il me suffit juste de te revoir, de revoir une parcelle de ta peau, de tes cheveux pour qu’il rebatte encore plus fort.
Mon amour, mon cœur se nourrit de cet amour, il a besoin de tes yeux, de ta main, de ton cou, il a besoin de ton nez, de ta jambe et de tes doigts, pour faire fonctionner mon corps afin que je ne tombe pas dans l’éternelle folie. Mon amour pour toi est le carburant et mon cœur est ce moteur qui peut tomber en panne à tout moment. Il ne me suffit que de 3 mots pour qu’il devienne une fusée. Pour qu’il grimpe au sommet des étoiles les plus lointaines, s’en aille dans l’espace a la conquête du satellite rechercher par toutes les femmes, et qu’il te la ramène rien que pour toi cette lune tant désirée.
Ma chère, mon cœur me souffle à l’oreille que tu n’as guère besoin de cette lune, que tu brilles plus sur Terre que n’importent quels astres dans les cieux. Mon cœur susurre qu’il n’a plus besoin du soleil comme lumière, tu réussi a l’illuminer, a l’éclairer chaque secondes, chaque minutes et chaque heures, le jour et la nuit n’existe plus quand tu es la.
Mon souffle, mon éternel désire, mon chant d’espoir, ma passion ininterrompue, mon trésor, ma seule raison de guerre, tu es plus pour moi que tous les êtres existants dans la galaxie. Et je compte les jours où l’on serra enfin réuni, toi et moi a jamais.
Tu as déposé sur mon cœur, une fleur qui ne cesse d’éclore, qui pousse, et devient belle, qui ne fane pas. Tu as déposé sur mon cœur une flamme grandissante, qui ne brûleras pas mon cœur peut importe le destin, qui ne s’éteint pas a l’eau et renaît sans cesse de cette étincelle que tu sais rallumer.
Tu as emporté mon cœur dans ton univers, un endroit ou les oiseaux n’ont plus besoin de chanter, ou la paix n’a pas besoin d’exister, ou la colère peut être présente, tu as emporté mon cœur et tu l’as déposé sur le tien pour que je l’écoute aussi battre. Et même quand mon corps ne serra plus pourvu d’aucune vie, même quand mon esprit l’aura déserté, mon cœur continuera de battre pour toi.
Ma tendre, le sourd bruit du battement de mon cœur provoque dans mon corps des frissonnements terribles qui font bouger ma raison et mon esprit. Mon corps se lasse de ce manque, mon cœur loin, près de toi ne lui donne plus l’énergie nécessaire a son bon fonctionnement, mon corps est lui fatigué de t’attendre, et d’attendre que nos deux cœurs réunis reviennent a lui. Ma chère, quand je m’en irai de ce monde, je déposerais mon âme et ma raison dans un endroit inconnue de mon corps pour que l’on se retrouve enfin.
Mon ange, bientôt je viens te rejoindre au paradis, bientôt mon cœur s’arrêtera sur Terre, mais continueras à battre dans le monde dans lequel tu m’attends maintenant. Le seul monde qui le fait encore vibrer, qui fait secouer mes sentiments et bousculer mes émotions, un monde si vieux, et si nouveau a la fois car il est toujours autant à la mode, un monde ou le temps n’existe plus , le monde de l’amour…
Tu as capturé mon cœur et il est maintenant présent en toi, a toi et pour toi, près du tien à jamais, il mourra la bas… »
Dim 29 Juin 2008, 22:20 par Arual sur La déclaration d'amour

Au delà des mots...


Tu me diras des mots pour apaiser mes maux
Ceux de notre passé, ceux qui étaient si beaux
De ta voix mélodieuse, pour moi douce musique
Qui plaquait des accords sur tes propos caustiques
Ces moments enchanteurs comme de vrais joyaux
Où soudain ton sourire dans mon esprit s’imbrique

Je répondrai les mots que tu aimais entendre
Le soir au clair de lune, ceux qui étaient si tendres
Murmurés à l’oreille à travers tes cheveux
Tu étais contre moi, j’étais vraiment heureux
Le ciel nous protégeait nous pouvions nous éprendre
Près de toi mon Amour je me croyais un Dieu

Nous rangerons nos mots pour enfin s’enlacer
Cette fois réunis, faisant qu’un à jamais
Le temps ne comptant plus, chevauchant les nuées
Libres comme le vent, entités emmêlées
Par delà les étoiles en toute liberté
Au loin nous voguerons, félicité rêvée…

J. R. Garou
Sam 26 Avril 2008, 10:02 par j.r.garou sur Histoires d'amour

Souvenir brumeux.

Scabreuse et brûlante, improbable et divine est l’histoire dont je fus témoin,
Un froid matin de janvier, dans les sombres contrées de Brocéliande.
Elle, que je devine aux formes douces et rondes dans le lointain,
S’alanguissant sous la lumière de l’aube trop précoce. La nuit se réprimande,

De n’avoir pu la garder pour elle seule, jalouse de tant de secrets.
Lui serpentant sournoisement d’une langue humide et provocatrice,
Tel un empereur en quête de l’absolu, ses formes qu’il quittera à regret,
Quand plus fort que lui le vaincra. Quand le soleil s’emparera de cette tentatrice...

Je vis de mes yeux choses gravées maintenant en mon esprit.
Ils se tordent enlacés dans leur paradis de légende, fiévreusement épris,
Lui qui se mêle en elle tandis qu’elle s’offre à la force des éléments présents
Dans l’air et dans l’eau. Ils se possèdent, se séparent et retombent dans l’ébat violent,

Qui plane maintenant au dessus de la forêt de Merlin.
L’instant est magique, et je le sais. Un frisson court sur mes reins. Je le ressens divin.
La passion revêt bien des visages, je l’appris ce matin-là... Puis ils disparurent...
Le serpent de brume se retira, vaincu par un soleil resplendissant,
Et les douces formes des monts de Brocéliande s’offrirent à un nouvel amant...
Lun 24 Mars 2008, 21:15 par Jenny les mains rouges sur Les liaisons sulfureuses

Toi et moi....

Gargantuesques furent les baisers que s’échangèrent les amants maudits,
Ceux qui d’un souffle anéantissent mille morts, mille mondes,
Ceux qui régissent les célestes cieux au profit du plaisir qui les irradient,
Ceux qui lancent au défi de faire meilleur que cette immonde

Scène que s’octroient diverses fantaisies. Le paraître… Mais tu me vois ?
N’est ce pas que tu me vois, telle que je suis là, devant toi, sans masque, ni artifice,
Ni prodige, ni tour pendable… Seulement moi… et mes mots qui me trahissent….
Qui me vendent d’être moi en étant avec toi… , qui m’enhardissent au delà de ma foi,

Ces mots qui se guettent au coin sombre de mon esprit, me possèdent et mon font amante,
Et me laissent pantelante quand grandit mon envie de nos corps dans la tourmente,
Dans la béatitude de nos sexes réunis, qui nous prend et nous rend fous, l’un de l’autre…

Du ying et du yang, blottis au fin fond de cette incroyable antre,
Que je nous ai construit. Loin de tout et de tous… Loin de cette franche parodie,
Qu’est la vie. Vois-tu, mon ange, je nous ai bâti un prodigieux et ahurissant paradis.
Ven 21 Mars 2008, 23:03 par Jenny les mains rouges sur La vie à deux

Le bon et le mauvais amant.

- Antoine, c’est Laure.
- Ah, salut, la belle, content de t’entendre, ça fait un bail...
- Oui, tu es toujours par monts et par vaux.
- Je rentre de Thaïlande. Pourquoi chuchotes-tu?
- Je ne suis pas seule.
Martine raconte sa mésaventure avec ce Marc dont elle dit pis que pendre, jurant qu’elle ne lui ouvrirait plus sa porte.
Antoine, ravi, demande des détails. Insidieusement, sans qu’elle s’en rende compte, il glane des informations sur les caresses qu’elle aurait voulu recevoir, la libido frustrée de son amie l’inspire, il commence à s’exciter. Une idée germe dans son esprit alerte.
- Laure. L’olibrius, là, il dort toujours?
- Oui, il ronfle.
- J’arrive.
- Quoi?
- Rappelle-moi le code de ton immeuble, j’arrive je te dis.

Une demie heure plus tard, Marc ronfle toujours du sommeil de l’homme repu, sûr de son bon droit, dans les draps frais de son hôtesse qu’il croit avoir conquis pour l’éternité.
Un frôlement à la porte, Laure ouvre à Antoine qui apparait, un bouquet de fleurs à la main.
- Où diable as-tu trouvé des fleurs à cette heure?
Pour toute réponse, Antoine clôt sa jolie bouche par un baiser profond, chaud et humide, tandis que ses mains entrainent la belle sur le divan du salon.

Ils sont amis depuis belle lurette, jamais ils n’ont flirté, mais devant le savoir-faire de son copain, Laure se reproche de n’avoir pas connu cet aspect de sa personnalité plus tôt.
De l’étonnement, elle tombe peu à peu sous le charme de ses caresses, ses sens prennent le dessus sur son entendement.
Antoine, quant à lui, met tout en œuvre pour tirer de sa compagne des soupirs de moins en moins discrets, ayant pour projet secret de réveiller le rustre qui s’est servi de son amie.
Laure, si reconnaissante qu’il comble sa faim, met elle aussi tout son cœur dans les caresses prodiguées, si bien que le couple navigue sur les flots divins des plaisirs et sensations multiples qu’ils se jurent de se prodiguer de nouveau les jours suivants.
Quand, enfin, ils font une pause, épuisés, Laure, en allant chercher la bouteille de champagne entamée dans sa chambre, s’aperçoit avec stupéfaction que Marc est parti, emportant toutes ses affaires. Toutes? Non, pas tout à fait, il lui manque une chaussette, tombée dans le seau à champagne!

- Viens! dit Laure depuis le lit où elle s’est affalée.
Antoine, hilare, surgit et se rend compte que sa manœuvre a fonctionné, il a vengé son amie. Le cuistre est parti la queue entre les jambes, c’est le cas de le dire.
Tout ragaillardi par l’image de l’homme fuyant et passant devant eux sur le divan, sans qu’ils s’en rendent compte, Antoine sent son membre se dresser de nouveau.
Ven 07 Mars 2008, 10:46 par Positive sur Exercices de style

Things

C’est dans ces moments la qu’il voit vraiment la valeur des choses. Le temps passe, le temps glisse sur lui ne lui apposant sa marque que très ponctuellement. Dans un vide ennuyeux il regarde autour de lui, lentement, chaque objet à un souvenir, chaque objet à une histoire.
Chaque chose autour de lui est à sa place, comme si ce pot de fleur avait été destiné à finir sur cette table de salle à manger, ça peut paraitre banal, ça peut paraitre ridicule mais que serait sa vie sans ce pot de fleur. Et chaque objet ici présent représente une quantité infinitésimale mais ces quantités mises bout à bout forment son chez lui, la base même de sa propre vie. C’est dans ce souci du détail qu’il lui a été donné de s’épanouir, le cadre sur le mur, les albums de cette musique trop rétro réfutant toute notion d’ordre, la boite d’allumette décorative à laquelle personne ne prête attention ...
Alors que reste t’il des valeurs nécéssaires à un épanouissement intellectuel, moral, sanitaire ? Quelle est l’utilité de ces objets brillant tous par leur absence d’interet ?
Un par un les objets disparaissent. Il gomme de son esprit ces insignifiantes formes même si ce furent des cadeaux, même si ce furent des plaisirs. un à un son regard fixe un objet qui disparait instantanément. Durant vingt minutes il s’attèle à la tâche de cette destruction spirituelle jusqu’à se retrouver seul, assis, dans une pièce vide.
Un sourire se forma sur son visage. D’un seul coup il avait débarassé sa vie des futilités. Seule une petite lampe brillait encore d’un pâle éclat.
Car quelle autre nécéssité éprouvait il ? S’étant débarrassé de tout le superflu il ne restait plus qu’une forme dont la beauté dépassait tout ce qu’il avait connu dans ce monde. Brillante et gracieuse, élégante et généreuse, ce grand remue ménage avait clarifié son esprit. Rien, il ne restait rien ... rien qu’ELLE.
Lun 07 Jan 2008, 09:13 par jerzy59 sur Histoires d'amour

Les derniers jours de l’homme invisible

Je dois me lever tôt ce matin, me préparer vite et sortir, j’ai sauté mon petit-déjeuner, comme hier et avant-hier, comme chaque jour passé sans toi dans ma vie
je traverse les collines qui t’éloignent et les immenses murs qui nous séparent, la route est interminable, c’est pour cette raison que je dois partir tôt… juste pour venir te voir à temps.

Le ciel commence à se chagriner, et à lâcher ses larmes qui noient ma tête et inondent mon esprit, mais tes yeux m’interpellent, et je ne peux résister à leurs appels,
essoufflé mais déterminé, j’arrive à ta porte, et j’attends que quelqu’un l’ouvre,
pour que je puisse m’inviter à ton monde.
Ton père ouvre l’issue, et j’en profite pour rentrer, je glisse entre les murailles de ta demeure, et je monte l’escalier qui m’emmène vers ta chambre,
je regard les nombreuses photographies qui décorent ces murs et je sens l’amour qui s’y dégage,
j’ouvre la porte de ta chambre délicatement,
et mon cœur s’emballe rien qu’en te voyant…
je m’assis face à toi, sur cette petite chaise, que j’ai crue faite juste pour moi,
et je t’observe dormir, je reste là, et je ne m’inquiète pas, personne ne peut me voir… Car je suis invisible ! aussi clair que du cristal, aussi transparent que l’amour que je porte pour toi,
je me souviens à peine de mon visage, car même les miroirs ne peuvent le refléter,
je n’arrive plus à parler, ni à écrire, je suis invisible, et plus personne ne se souvient de mon existence, même pas toi,
je le suis devenu, le jour où tu es partie, le jour ou j’ai décidé de te laisser partir…, de te laisser du temps, et voir ce que je vaux à tes yeux, Mais je n’ai pas pu t’enlever de mon cœur, alors que tu l’as occupé depuis longtemps, depuis ce jour, je n’ai pas cessé de te hanter comme un esprit, à observer chaque minute de ta vie, chaque rire que tu émets.

je suis là quand tu ouvres tes yeux instantanément, chaque matin,
et quand tu regardes de mon côté,et que tu ne me vois pas
aussi quand tu t’étires en scrutant tes portables,
ou que tu trouves des appels que tu as manqué hier soir
Je suis encore là quand tu embrasses ta maman,
et lorsque tu prends ton café en regardant le vert de ton jardin,
j’attends des heures le temps que tu te prépares,
et je baisse mes yeux indiscrets quand tu prends ton bain
je suis encore là quand tu démarres ta voiture, et ajustes ta mèche devant le rétro
et que après tu mets mon CD, et tu laisses échapper une pensée à mon attention
je suis là quand tu t’arrêtes pour acheter des cigarettes, et que tu n’en trouves pas
ou quand tu t’énerves car tu trouves un embouteillage ,toujours au même endroit
je te regardes quand tu réponds à trois appels en même temps
et quand tu appelles juste les personnes les plus proches de toi
je suis là quand tu rentres au bureau, et tu ouvres ton msn
et tu t’aperçois que ta liste d’amis est toujours la même
je suis là, quand tu te dis que tu vois trop de personnes ,
et que c’est jamais, jamais les bonnes
je te regarde quand tu t’esquives pour fumer une cigarette loin,
Pour que tu restes toujours la petite fille aux yeux de ton père
Je suis là encore, quand tu parles au téléphone pendant des heures
Et quand après tu te dis que les hommes sont tous les mêmes
Je suis là quand tu les rencontres, et quand ils essayent de te gagner à leurs causes
ou lorsque tu résistes et qu’en même temps tu veux pas mettre de la peine dans leur coeur
je m’attriste quand tu as tellement mal à la tête,
et quand tu te demandes quand ceci va finir, tout de même
je me réjouis quand tu rentres à la maison et tu embrasses tes parents
et je comprends quand tu dis que tu es prête a tout pour ne pas les perdre
je tente de te rassurer quand tu as peur du passé
et j’essaye sans veine, de te réchauffer quand tu attrapes froid au cœur
je dois partir et te laisser te reposer maintenant , quoique je sais que tu vas pas le faire,
car il me reste plus beaucoup de temps, pour que disparais et que je m’efface entièrement de ton cœur.
Sam 05 Jan 2008, 11:35 par heartbreakid sur Histoires d'amour

Réflexion nocturne

Réflexion nocturne (écrit dans la nuit du 01/11 au 02/11)

Un vert profond, mystique, séculaire, reposant au fond d’une fraîche coupe translucide surmontant un pied. Voir le précieux liquide, déformé par quelques effet optiques du verre finement ouvragé, se brouiller peu à peu au contact de l’eau glaciale. Observer longuement les volutes fugitive formé par la réunion du péché et de la vertu. Détourner parfois le regard pour se laisser aspirer par la lueur de la bougie. Vainement tenter d’analyser les subtil mouvements de la flamme dansant avec son propre souffle. Constater comme sa propre vie peu en faire vaciller une autre et bientôt l’éteindre par un brusque sursaut. Sentir l’ivresse monter en soi, laisser peu à peu sa tète se balancer au rythme de la troublante flammèche et savourer la caresse de ses cheveux sur ses joues. S’arrêter un instant, se poser des questions sans importance à l’échelle de l’univers ou même de l’humanité, mais tellement pleine de sens et d’une écrasante nécessité pour soi même. Croire au destin? A une naissance sous une étoile malheureuse, amener à n’avoir que la tendresse amoureuse pour préoccupation principale et en être constamment privé par sa propre faute? Au karma peut-être? A une série d’atroce crime à expier dans une vie de souffrance sans fond? S’en tenir au rationnel alors? Penser que seule ses actions présente et son être intrinsèque sont les coupables? Peut importe au final, trouver l’assassin à-t-il jamais rendu les victimes à leur famille? Retracer les faits, méthodiquement, un à un dans son esprit. Faire défiler une vie de mensonge, de regret, d’erreur volontaire et de masochisme intellectuel. Saisir un instant le visage de l’unique, de la lumière divine, se remémorer son départ, établir son échec. Graver à présent un portrait nouveau, célébrer l’espoir naissant et admirer le naufrage.
Aller se coucher, prier pour des rêves et des lendemains plus doux. Avoir un éclair de lucidité avant un autre de griserie, espérer simplement être encore en vie demain matin… Peut-être pas…
Lun 26 Nov 2007, 20:58 par Maneki Neko sur L'amour en vrac
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Ecrire sur esprit

Ecrire sur esprit Anniversaire, Un soir de violence, À la nuit tombante, Le libertinage et moi, Egoisme universel, L'échec, Je viens a toi, Un monde, Au delà des mots..., Souvenir brumeux., Toi et moi...., Le bon et le mauvais amant., Things, Les derniers jours de l’homme invisible, Réflexion nocturne,
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