Anniversaire

Avec l’imprévisibilité des vagues, le vent chaud d’un nouvel été courbait inlassablement ces champs d’herbes. Le souffle du temps délavait le vert foncé de ces étendues pour les peindre d’un vert clair. La danse naturelle de ces brins mêlés au son continu du feuillage rendait les arbres, alentour, immobiles, comme les témoins du changement des années. La lumière inlassable de cette journée virevoltait rapidement entre les passages d’ombre laissés par les feuilles de ces géants presque intemporels, aux corps durs et rugueux, recouverts par endroits d’une douce mousse, d’un vert foncé et parfois grisâtre, celui des aléas de la nature. Ses yeux battaient au rythme irrégulier des lances du soleil. Cela le fatiguait presque malgré cette chaleur si agréable, celle qui tanne la peau du visage et marque de façon indélébile du cycle vertigineux des âges. Dans cette légère cadence azurée, il apercevait par intermittences, la folle cabriole des nuages qui ne cessaient de se former et de se déchirer avec le papillonnement quasi ostentatoire de la jeunesse.

Comme pour cueillir un souvenir, il s’était promis de s’arrêter un instant dans cette campagne verdoyante ou dans le clair-obscur des sous-bois. Dans l’ocre des clairières dormaient intactes les couleurs de son passé. D’autres allaient l’attendre, aujourd’hui, pour se consacrer au rituel du passage. Mais il était là, seul, pour se laisser perdre par les dates inscrites, avec ou sans son consentement, sur la mosaïque de sa mémoire.

Il marcha jusqu’à l’orée d’une échappée silencieuse où chacun semblait présent et cela malgré l’étendue des différences et des origines qui les marquaient : leurs branches s’entrecroisaient par endroit et ce mélange, passant du brun crème, pâle, au brun fauve, formait une continuité de liens qui l’entourait maintenant.
Dans ce calme, il se souvint des gens qui l’avaient accompagnés, qu’il avait rencontrés. Certains lui étaient encore proche, d’autres étaient restés très vivaces dans son esprit. A ses pieds, des grappes de fleurs avaient poussé çà et là avec l’insouciance des jours, certaines capucines illuminaient de leurs rouge, très légèrement orangé, la brise dont le souffle calmait par endroit, comme un repos accordé à l’existence périssable de ces pétales de passion, les ardeurs insupportables du soleil : ce soleil qu’il avait toujours adoré pour son éternel éclat, mais aussi redouté de par sa tendance imprédictible à brûler, en fonçant et mêlant de rouge, ses pensées les plus intimes.

Il sentit le bout de ses doigts écraser, tout en le roulant, un brin de lavande, parme, dans le fond de sa poche, pour en extraire cette odeur si familière à sa vie, à ses souvenirs ; comme une clef des champs, il porta à son nez l’essence de ce brin d’habitude et mêla ce bleu lavande à l’odeur vivace des plantes qui lui ouvrirent, alors, au contact de ces fleurs bleues séchées et toujours odorantes, le verger de ses émotions rubescentes passées.

Au milieu de ces arbres fruitiers, il se souvint de l’anniversaire de ses trente ans ; de l’énergie que la préparation de ce passage lui avait demandé. Avec la lenteur du temps, les pigments oubliés de la lumière revinrent doucement re-colorer le tableau de cette soirée. La nuit avait tapissé la terrasse de son ombre chatoyante, et, très rapidement les bulles de champagne avaient illuminé les visages de ses invités. Dans cette accolade d’arbres fruitiers, les fruits offraient leurs plus belles robes comme un appel à être cueilli, goûté et à laisser le souvenir d’une douce bouchée sucrée. A terre, dans une vague d’herbe, un fruit aux reflets pèche, déjà bien mûr, s’offrait avec les dernières lueurs de sa peau satinée ; alors, comme lorsque l’on perçoit un souvenir éloigné dans sa mémoire vagabonde, avant qu’il ne s’échappe et disparaisse dans la pénombre d’un autrefois, il le ramassa et savoura timidement les premières saveurs d’une réminiscence. Puis, en un instant, un fou bruissement de lumière en éclaira les teintes cachés : des phrases prononcées résonnèrent dans cet émoi inattendu. Son père avait parlé de lui, lui avait parlé, il avait réussi à rendre le tangible inutile ; le matériel s’était recouvert d’une obscurité impénétrable comme pour survivre à cette éclipse éblouissante, à ces paroles d’un père à son fils.

Maintenant qu’il avait soixante ans, il se souvenait, il était venu pour se souvenir, il repensait à la bienveillance de ces paroles immortelles. A travers les yeux de son père, elles avaient retracé l’histoire de sa vie d’enfant et d’homme ; elles avaient clos mais aussi parlé de ce qui l’avait forgé, façonné, comme un socle posé pour soutenir le reste des années à venir. Le vent se leva, secoua les branches et lui rappela par sa force et son endurance l’effet que celui-ci avait sur toutes ces pierres entassées, inégales, et maintenant déformés, et alignés en un muret qui ne resterai jamais le même mais supporterai solidement les frasques du temps : elles formaient un tout solidaire dont chacune avait construit l’équilibre de la suivante et ainsi de toutes les autres. Ses trente dernières années passées avaient été la suite incontestable des choix et non choix fait jusqu’à ses trente ans. Il avait déjà perçu, peu avant la trentaine, les effets de ses décisions antérieurs et donc l’importance de celles venues. Sous ce chapeau tressé offert par sa mère ce même jour, témoin rescapé du temps, il compris pleinement l’intuition qu’il avait eut en réunissant ses amis et toute sa famille ; il s’était vu dans le regard des autres ce soir-là, il avait eut la pleine perception de son existence : l’instantané de son monde et de ses liens.

Il marchait avec hésitation et, après avoir enjambé un petit mur de roche et de plantes grimpantes recouvert par l’abandon de l’homme, délivré du temps, il s’enfonça dans un bocage dont le feuillage filtrait une lumière lointaine et attirante. Derrière lui s’évapora le parfum des souvenirs anciens en un léger nuage d’oubli qui ombra, pour en cacher l’entrée, le clos intime de ses pensées. Son allure reprit sa forme habituelle et les branches lézardées par la chaleur des journées craquèrent sous ses pas lourds d’une nostalgie passagère peu familière ; il était entouré d’arbres dont les longs et vieux branchages tenaient par la force, chaque année, de nouvelles feuilles, de nouvelles pousses vertes et fraîches, insouciantes du sommeil profond de l’hiver.
Dans un étonnement presque attendu, l’horizon se peignit d’un jaune blé, un champ sans limite gonflé par les rondeurs d’une colline bordée d’un chemin de terre sèche s’étirait lentement ; les bosquets s’allongeaient sous la houle de nuages cernés d’un bleu presque violacé par cette fin d’après-midi. Dans l’enchevêtrement des derniers jet de lumière, une silhouette à l’allure cadencée perçait le calme du paysage. Comme à la venue imprévisible d’une déesse, il s’assit sur une pierre aux arrêtes arrondies par la patience des observateurs et fixa sa venue allongée par les lignes fuyantes des peupliers, gardiens de ce sentier habillé d’herbes folles. Elle courrait de toute sa fraîche candeur et suait presque avec plaisir. Malgré son élan et sa concentration pour respirer, elle croisa dans le regard de cet homme âgé la profondeur d’une décision lointaine, celle de ne pas attendre le trépas, mais de se préparer à vieillir. Sa vieillesse semblait belle, il semblait s’être préparé et construit de l’expérience nourrissante de la vie, au vu de ces doux yeux. Un instant, il crut voir sa course ralentir avec le flou d’un mirage mais seul, lors de son passage, resta le parfum mêlé de ces gouttes suaves et de sa peau chauffée par le soleil. Il se souvint avoir lui aussi couru pour sentir la pleine force vivante de son corps. Le galbe de ses jambes se confondit bientôt avec le dernier tumulte de la végétation, et, derrière elle, il emboîta le pas comme pour profiter de cette bourrasque impromptue qui l’aiderai à rejoindre ceux qui l’attendaient.

Pour ce soir, il savait que son frère -peut-être le plus beau présent que ses parents lui avaient offert, une personne qu’il sentirait à ses côtés toute sa vie malgré les tempêtes de celle-ci- l’attendait avec sa famille et ses amis, pour honorer ce jour.
Dim 04 Jan 2009, 22:27 par Bertrano sur Mille choses

Mappemonde

Où court ce bas-monde
Que devient notre mappemonde
A l’est, il y a les Kurdes
Dans leur combat absurde
Massacrés par les Turcs
A l’ouest les Ricains
Brandissent leur pantin
Ce buisson soi-disant calotin
Mais qui tuera tous les noirs
D’un bon coup de butoir
Quand ils auront volé
Sans la moindre pitié
Les santiags d’un bon texan
Lavé aux megapearls Dixan
Même s’ils ne leur ont blessé
La plus infime partie de pied
A l’est encore il y a Sharon
Ca c’est étrange, ça va avec charogne
J’ai même pas dû chercher
Pour que ça puisse rimer
Ne parlons pas de l’Afrique
Où il n’y a pas de fric
Pour faire bouffer l’enfance
Mais où plein de troud’ballles
Ont assez d’armes blanches
Pour les guerres tribales
Et massacrent dans le sang
Des ethnies moins fières
Et tuent comme on espère
Des milliers de mères
Que dire de l’Europe
Gorgée de misanthropes
Ou tous les bons citoyens
Se disent qu’est-ce qu’on est bien
Il n’y a pas de guerre
La paix règne sur nos terres
A tout crin, nous mondialisons
A grands renforts de flonflons
Tous nous pouvons nous goinfrer
De bonne bidoche avariée
Et gaiement nous refoulons
Tous les damnés de la terre
En croyant dur comme fer
Que c’est la bonne décision
Mon Dieu, braves européens
Ouvrez grand votre sein
Ouvrez grand vos oreilles
C’est le temps du réveil
Les princesses n’existent pas
Et pendant que l’on vous fait rêver
Vous êtes bel et bien tous manipulés
Par tous les fils à papa
De titanesques multinationales
Qui vous font malbouffer
Pour vous empêcher de penser
Notre belle démocratie
Est une dictatrice pythie
Tellement bien déguisée
Que tous vous y croyez
On vous dit : vous avez
Du poulet Herta à bécqueter
C’est ça la liberté
Un communiste vous aurait dit
Y a que des fayots aujourd’hui
Vous auriez bouffé aussi
Contraints et forcés
Mais vous auriez mangé
On vous aurait moins menti
Vous auriez moins de songes
Mais aussi de mensonges
Et peut-être des transports en commun
Alors pourquoi pas un autre Berlin
Sans une ombre de Ricains
Pourquoi pas un euro
Qui serait plus coco
Pourquoi pas une Europe
Sans tromperie, sans salope
On prendrait tous le train
Pour voir que tout va bien
Pour visiter le monde
Qui tourne comme une rotonde
Et non comme un rotor
Bourré de trop de morts
On irait voir les champs
Où gambadent les enfants
Où pousse du vrai blé
Pas celui des billets
Jeu 11 Sep 2008, 13:38 par AFDM sur Mille choses

Tu t'appelais Léon

Tu t’appelais Léon.-
Alité sur ce lit glacial, les yeux effarés.
Corps inanimé d’une froideur impersonnelle.
Le fils debout, la déroute, silence étouffé.
Le souvenir persistant, je t’appelle!!!

Des années douloureuses, la pensée active.
Aujourd’hui même, l’évocation pénible des mots.
Les images décolorées, l’émotion captive.
Un cœur troublé, la rage des flots.

Trop tard, l’abat-jour s’estompe à jamais.
Une lumière indiscrète, la parole inutile.
L’éloignement d’un autre monde, cela déplaît!
Seulement qu’une ombre, le poing indélébile.

Un jour viendra, une rencontre céleste, je le désire!
Une main tendue, ton « sourire » splendide, réservé.
Alors franche conversation, tu deviendras mon respire,
Ma joie éternelle, l’ami tant convoité.

André, épervier
http://epervierlepoete.iquebec.com
Jeu 06 Mars 2008, 22:39 par epervier sur Mille choses

Absence minée-râle...

Y’a des journuits comme ça, où je voudrais être statique,
me cacher derrière une ombre sans faille,
personne pour me trouver,
respirer le parfum un peu suave de l’oubli complet ...
Je ferme les yeux, je laisse mon corps s’alourdir,
j’enferme mon esprit pour ne bientôt plus rien sentir ni ressentir.
Sourde, aveugle, insensible à tout.
Je deviens une absence minérale.
Je veux être une pierre,
pas penser...
pas sentir...
pas aimer...
pas haïr...
pas parler...
pas bien...
pas mal...
pas mourir.
Une pierre...
insensible, inconsciente, froide :
c’est bon de ne rien sentir, de ne rien vouloir, ne rien croire, ne rien attendre...
L’inconscience toute proche, qui me guette, qui me gagne.
Bientôt, me promet-elle, tu n’y verras plus rien.
Une pierre...
J’attends.
Je laisse venir.
Je veux devenir une pierre...
perdue ou lunaire pour ne pas être ramassée,
ne pas être touchée ni même regardée,
ne pas être jetée...
Je m’applique.
J’oublie.
Je m’en fous
Jeu 27 Sep 2007, 21:20 par Luna_Lou sur Mille choses

Solitude...

Solitude, tu es ma Vie

Le matin, au réveil seule dans mon lit.
Solitude, tu es à mes cotés.

La journée, faite de moments de vie
Solitude tu me poursuis comme mon ombre.

Solitude, le soir seule dans mon lit
C’est avec toi que je couche.

Solitude, j’ai construit une vie
Ma vie
Solitude pour te fuir.

Solitude, je voudrais oublier ton nom...



Marie
Sam 08 Sep 2007, 15:21 par Satine sur Mille choses

Le vent nous portera

Je n’ai pas peur de la route
Faudrait voir, faut qu’on y goûte
Des méandres au creux des reins
Et tout ira bien

Le vent l’emportera

Ton message à la grande ourse
Et la trajectoire de la course
A l’instantané de velours
Même s’il ne sert à rien

Le vent l’emportera
Tout disparaîtra
Le vent nous portera

La caresse et la mitraille
Cette plaie qui nous tiraille
Le palais des autres jours
D’hier et demain

Le vent les portera

Génétique en bandoulière
Des chromosomes dans l’atmosphère
Des taxis pour les galaxies
Et mon tapis volant lui

Le vent l’emportera
Tout disparaîtra
Le vent nous portera

Ce parfum de nos années mortes
Ceux qui peuvent frapper à ta porte
Infinité de destin
On en pose un, qu’est-ce qu’on en retient?

Le vent l’emportera

Pendant que la marée monte
Et que chacun refait ses comptes
J’emmène au creux de mon ombre
Des poussières de toi

Le vent les portera
Tout disparaîtra
Le vent nous portera


Paroles: B.Cantat.
Musique: Noir Désir
"Des visages Des figures"
Jeu 07 Juin 2007, 18:24 par Satine sur Mille choses

Elle se dessine..

Le rideau tiré
entre elle et moi
et rien que ça...
Une silhouette en contre jour
ciselée ombre chinoise
la sienne...
La lumière pour l’embrasser,
un parfum à la traîne
un air de rien
pour ne pas la toucher
le mien...
Je regarde autre part
de part et d’autre
à travers la porte
entrouverte,
je reste appuyée
contre la faïence
lisse et fraîche...
J’aime l’attente,
les émotions
qui me gagnent
les mots
que je perds...
J’imagine
un paysage
grandeur nature
en face de moi
sur le mur,
un point de fuite
qui me mène
à l’illusion
le temps de...
mais le temps
est plus volage
que ma rêverie
et l’illusion s’efface
le mur reprend sa place...
Le rideau tiré
et elle de l’autre côté...
Mer 17 Jan 2007, 21:47 par danslalune sur La séduction

Après.

Il fait beau au dehors mais elle ne le voit pas. Elle a froid. Toujours cette nausée et l’impression que son cœur est tout près à se rompre. Elle voudrait se coucher et dormir. Se coucher et ne plus penser. Se coucher et se relever enfin vers un nouveau soleil, un autre espoir : l’oubli normal, salvateur, réparateur. L’impression si douloureuse d’avoir fait fausse route, d’avoir marché à côté d’un précipice sans en avoir eu conscience... Elle lui avait demandé un peu inquiète : « sauras-tu m’aimer ? » Elle ne se sentait plus la force d’une nouvelle épreuve. Elle avait soif de paix, de partage, de douceur, d’amour, de tendresse, de vie. Elle avait tellement envie de rire aussi pour oublier la peur et les larmes versées !
Il n’avait pas répondu.
Elle cherche la présence de l’amour mais non, il n’y a rien, juste une ombre, grimaçante... Un rictus qui s’éloigne. Une illusion d’amour. Elle réalise doucement peu à peu que la réalité est là : elle a aimé et il reste encore dans son cœur comme une épine qui s’accroche, un leurre, rien d’autre qu’un leurre qui lui lacère le coeur, en silence, sans un mot : il ne l’a pas aimée, il n’a pas ouvert son cœur pour lui faire de la place, pas plus que ses bras ! Il n’y a eu en face d’elle qu’un espoir d’amour, un rêve d’amour... Il ne l’aimait pas. Il ne l’a jamais aimée. Il ne l’aime pas. Il n’y a pas à en démordre, pas de quoi en faire un fromage, c’est la vie.
La nausée lui tord le ventre.
Elle se sent petite et vulnérable, presque honteuse de cet amour dont personne ne veut. Il lui brûle les yeux comme il a fait chanter son cœur. Elle connaissait les risques mais elle avait fait confiance spontanément, elle s’était abandonnée à cette flamme qui l’illuminait de l’intérieur, qui inondait son être. Cette flamme dont elle avait soif ! Sans résistance, elle avait ouvert son coeur tout grand, tout grand : elle avait tant d’amour à donner, tant d’amour à recevoir. Elle riait ! « Viens te réchauffer. Que crains-tu ? Ne reste pas dehors » Elle lui tendait les bras et le sourire inondait son visage ! « J’aime t’aimer » avait-il répondu, plus tard. Et puis, très vite, il s’était éloigné. Il prenait les mots d’amour mais sa bouche restait scellée.
Elle aurait dû comprendre.
Elle aurait dû. Mais son cœur la dirigeait comme il avait réveillé son corps et ouvert si souventes fois sa bouche ! Elle ne redoutait rien et lui parlait simplement, sans fard ! Elle avait fait tomber toutes sortes de conventions, confiante, elle s’était montrée, face à lui, fragile, nue. Elle ne voulait pas le séduire par des mots, mais que voulait-elle au juste ? Etre aimée telle qu’elle se présentait dans l’unicité de l’instant.
Il n’a pas réagi jusqu’à cet appel. Cet appel qui la cueillait au beau milieu de son rêve de femme... "Je ne vais pas te faire plaisir".
Au dehors, il fait si beau et demain, elle verra la couleur du ciel et la lumière qui joue avec les jeunes pouces. Elle verra que, déjà, cette année, les violettes timides poussent le col et exhalent leur parfum secret au jardin... Un chat traversera majestueux le près déserté, d’un pas nonchalant : rien ne le presse, il est chez lui, déjà il est loin, elle le verra, de loin, amusée... Les enfants feront retentir leurs cris et leurs rires, elle les entendra. Un vol d’oiseau striera le ciel en un ballet gracieux ; elle le contemplera. Elle s’éveillera à la vie. Elle aura chaud de toute cette vie qui coule en elle.
Dim 14 Jan 2007, 16:35 par dolce vita sur La vie à deux

Ombres et lumières

Ombre et lumière. Les tambours résonnent. Ombres chinoises sur un mur blanc. Sanglots étouffés. Vagues de sable cheminent le désert, elles escortent le vent.

Il la prise sous son aile.

Bruit et silence. Les sabots des chevaux martèlent le sol. Peupliers en pleurs sur ciel azuré. Rivière à l’orée du bois s’abandonne à travers les prairies.

Il lui dessine un abri.

Blanc et noirs. Les sabres châtient l’air. Nuages étriqués sur un ciel feutré. Nomades des dunes taisent leurs visages au soleil.

Il lui forge un lit.

Liberté et cage. Costumes de théâtre trichent avec les émotions. Fleurs d’acacia. Éclat de rire embaume les plaies rebelles.

Il lui crayonne la lune.

Eau et feu. Un vol d’étourneaux assombrit la clarté d’une fenêtre. Vent de mélancolie. Un bracelet s’incruste sur un poignet. Il pleut.

Il la couvre d’une châle.

Plénitude et embolie. Chimères harponnées dans un imaginaire trop à vif. Des joues rondes d’enfants violacées par le vent glacial de Mongolie. Profondeur d’un voile qui flotte à l’air du temps. Une bague posée sur un meuble blanc. Rien n’est égaré, tout est perdu.

Il a oublié de mettre de la couleur.
Et tout s’écroule.

Fille du peuple.
Mer 03 Jan 2007, 12:26 par Fille du peuple sur L'amour en vrac

Dites moi ce que vous en pensez !!!!

ILLUSIONS

Quand le soir au sommeil je m’abandonne,
Tombant dans la léthargie la plus profonde,
Me parviennent les reflets d’une ombre qui tourbillonne,
Remplie de sagesse, de paroles fécondes.

Elle s’amuse, tourne autour de moi,
fredonnant chansons et charmantes ritournelles,
Provoquant de profonds émois,
Remplissant la pièce d’une douceur irréelle.

Alors d’elle je m’approche,
Et plein d’espoir je tends les bras,
Mais dans le vide mes mains ricochent,
Brassant le néant et ramenant l’effoi.

Puis l’aube venant je la retrouve,
Créant des brêches béantes dans mes certitudes,
Jetant du sel sur les plaies qui s’entrouvent,
Son nom je ne peux l’oublier c’est la solitude.
Ven 29 Déc 2006, 12:56 par poetic69 sur Parler d'amour

Le roman était noir

Un personnage oublié sorti d’un livre poussiéreux
J’ai lu de toi tes coups de blues tes érections
Jusqu’à tes délectations
Je ne savais pas que je croiserais tes yeux

Me suis enfuie seulement
J’ai crû en tes maux
J’ai bu tes mots
Rêvant tes sentiments

Cigarettes et chocolat au lait
Champagne et country pies
On a tout mélangé
Jusqu’à ce que je dise « aïe »...

Je te faisais rire
Mais trop j’étais
Tu n’étais pas assez
Jusqu’à ce qu’on se déchire

Un personnage qui était devenu réalité
Mais qui restait comme en retrait
Viens, lui dis-je, viens s’te plaît
Un mot de trop et il s’est effacé...

Il ne faut pas confondre
Fiction et réalité
J’ai tendu la main vers ton ombre
Et le livre s’est refermé....
Dim 10 Déc 2006, 15:50 par dolce vita sur Un monde parfait

Complainte … comprenne qui pourra …

Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
D’un ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je ne vais plus pleurer
Je ne vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

Parole de Jacques Brel ; 1959 …
Mar 10 Oct 2006, 02:57 par coeur lourd sur Parler d'amour

L' echappe de nos mains

Il existe un instant, quand on est fragile et pur, qui nous enveloppe, nous protège.

Je pense que tu l’ as connu, que tu le connais trop. Et, par cela, tes voies sont escarpées, ta démarche incertaine, tu avances, doucement avec tant de vertiges que j’ ai frôlé ta main sans la saisir jamais, … car si j’ avais plongé, là, du haut du rocher, tu aurais pu me tuer. La pression d’ une main, d’ une mauvaise attache dans un saut aussi grand peut être fatale, un simple décalage, et, bref, c’ est le gadin.

J’ ai aimé ce vertige, ce contretemps, cette envie de vivre à partager ce qui pourtant ne serait qu’ éphémère dans le plaisir pour toi, je suis cela, certes, mais ma tête reste là, sur terre et dans ma rivière … alors ... clin d’ oeil, tétard! c’ est moi qui mène le cours! ... tu peux me parler voyages, partir au bout du monde, tu ne veux pas construire, ne serait ce qu’ une case pour faire guise d’ école, ne serait ce qu’ un arbre pour faire l’ ombre, un jour, pour le vieux qui s’ endort, ne serait ce qu’ une marre pour qu’ une bête s’ y abreuve …. Bref, rien! rien, à part toi et ton incertitude de par un idéal qui n’ a pas de futur.

Je ne suis pas stérile, et ne ferai jamais corps avec ce qui est sec tellement il a soif de choses enfouies en soi et qu’ il faut écouter pour savoir aimer.

Il existe un instant, quand on est fragile et pur, qui nous enveloppe, nous protège, et moi, je suis dedans.
Lun 09 Oct 2006, 19:53 par Chogokinette sur Les liaisons sulfureuses

Mon avis n’a d'importance que si mes mots te vont au coeur

A travers cet hymne où mes mots te seront exprimés,
A travers mes phrases où sincérité te sera déclarée,
Je désire mettre fin au silence de la réalité,
Et te dire une fois pour toute la pure vérité.

Souvent les mots me manquent, l’inspiration s’évade et la peur des mots m’envahit;
Parfois les phrases surgissent avec le regret de les avoir prononcées et sur mes lèvres
Pire encore, parler pour rien, ne pas me faire comprendre sont les sentiments qui s’emparent de ma vie.

Oui, j’ai besoin de te le dire de tout mon coeur
Que seul ton bien-être peut faire mon bonheur.

Permets-moi de te représenter
L’importance que mon coeur peut te porter,
Ta valeur à mes yeux dépassant
Le plus charmant de sentiments.

Comme un soleil sans lumière, une lune sans ombre,
Une terre sans fleurs, un ciel sans couleurs,
Une fraise sans goût, un repas sans saveur,
Une voix sans paroles, un regard sans vision,
Une existence sans destin, une vie en dérision...

J’aimerai éprouver un jour le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien,
J’aimerai croire que le véritable amour existera encore demain,
Pouvoir un jour recevoir autant que je puisse donner,
Pouvoir ressentir l’intérêt de vivre et d’exister.

Et cela je le trouve dans le pourquoi de mes actes et de mes pensées vis à vis de ta personne
Dans mes faits et gestes qui m’amènent vers toi, à être telle que je suis, telle que je résonne.

Je souhaiterais te rendre heureux à chaque instant où tu vas mal,
Je souhaiterais que tu comprennes mon attitude,
Redonner le sourire à tes lèvres quand il n’est pas présent,
Te redonner aussi la liberté de vivre quand je me dois d’être distante.

S’il faudrait traverser à pied le désert,
S’il fallait nager le long d’une grande mer,
Rien que pour te sauver
Je le ferais sans hésiter.

Quand tu te seras éloigné
Et que le destin aura voulu nous séparer,
Je continuerai à chaque instant de penser a toi,
Avec l’espoir que tu n’auras pas changé.

Oui je penserai à tous ses moments passés avec toi,
A toutes les conversations que l’on a pu avoir,
Sur ton tchat.

Mon rêve serait de pouvoir te garder
A mes cotés, tout près de moi;
Mais dans mon coeur tu resteras
A tout jamais, pour l’éternité.

S’il n’est pas faux que mon coeur t’aime encore,
Je ne peux lui dire de se taire et de mourir.
Ma seule force pour pouvoir le faire survivre,
Est de donner son amour.

Comme les étoiles dans le ciel,
Comme les grains de sables du désert;
Même si je ne suis qu’une particule de sel
Parmi les eaux des plus vastes mers,
J’apprécierai tes qualités
Sans jamais les sous-estimer.

Mon avis n’a d’importance que si mes mots te vont au coeur,
Mes vers n’ont pas de raisons d’être si pour toi ils n’ont pas de valeur.
Et tes autres amies qui t’aiment, je n’en serai plus jalouse,
Et ta future petite amie sera à mes yeux bien plus douce.

Je ne peux me mentir à moi-même sans que tu y perçois la vérité,,
Je ne peux que comprendre en regardant ton douloureux passé.

Je ne peux m’empêcher de décrire sur un tas de feuille ce qui m’entoure
Et d’écrire mes faits et gestes pour un soulagement en retour;
Mais quand mes petits doigts pensent faire quelque chose de sage,
Quand sans cesse je me relis en tournant peu à peu les pages,
Je fini par avoir de nombreux remords,
Pour enfin m’apitoyer sur mon triste sort.

Il est dit dans des proverbes:
Qui sème l’amour récolte le bonheur;
Ou bien encore:
Ton amour est la plus belle fleur dans le jardin de mon petit coeur.

Bien que ces paroles ne proviennent pas de mon inspiration,
Ils semblent avoir été écrits avec beaucoup de raisons.
Sont-ils vrais, sont-ils faux?
Après tout ce ne sont que des mots...

Tu es un homme si magnifique
Par tes couleurs tu es le plus beau;
Tu es pour moi autant symbolique
De la paix qu’évoque une hirondelle.

Tu me fais penser à un jolie fleuve,
Si fougueux mais plein de coeur.
Une absence d’une longue minute,
Une courte seconde sans ta présence,
Et la vie devient comme un arbre en Octobre,
Tout retombe comme une feuille devenue sobre.

Ta franchise toujours sincère
M’as souvent remis les pieds sur terre;
Bien qu’elle m’a souvent blessée
Au point de sans cesse pleurée.

Je suis comme un vase brisée
Mais c’est une chance que tu sois là
Pour me dire tout mes faux pas
Je ne le répèterai jamais assez, tu es l’homme pour qui j’ai le plus de respect,
Tu es l’homme en qui sans peur je porterai ma confiance,
Car il existe entre nous des ressemblances.

Oui ce poème ne devrait pas exister,
Je voulais dire, te redire que je t’aime non pas pour une apparence;
C’était pour partager avec quelqu’un de bien une belle histoire,
Considérer et être considérer comme un don de l’existence,
Profiter de la vie à deux.

Mon coeur s’est exprimé sans doute pour la dernière fois,
Et il est temps d’en arrêter là;
Mais avant de terminer ce poème,
Je voulais simplement te dire: Je t’aime.
Mer 23 Août 2006, 01:24 par joullia sur Parler d'amour

Qu'une ombre sans fard

J’ai peur de n’être pour toi qu’une ombre sans fard
Une fleur abimée, sans éclat, sans couleur
Aux pétales séchées, sans odeur, sans saveur.

J’ai peur de n’être pour toi qu’un désert aride
Où vont se putréfier les cadavres perdus
De mes espoirs enfuis, souffrance mise à nue
Au creux du coeur le poignard de l’amour acide.

J’ai peur de n’être pour toi qu’une feuille blanche
Où l’encre ne pourrait connaître de dimanche
Juste de pauvres jours endeuillés par les larmes.

J’ai peur de n’être pour toi qu’un souffle de vent
Un horizon où ne viendra pas le printemps
Où l’hiver s’installera longtemps.

J’ai peur de ne pas être assez bien pour toi
De pas être assez femme,
De pas être assez forte face à mon passé
Peur de te faire souffrir toi aussi.

Je ne suis qu’une ombre sur cette terre.
Mar 08 Août 2006, 23:14 par joullia sur L'amour en vrac
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Ecrire sur ombré Anniversaire, Mappemonde, Tu t'appelais Léon, Absence minée-râle..., Solitude..., Le vent nous portera, Elle se dessine.., Après., Ombres et lumières, Dites moi ce que vous en pensez !!!!, Le roman était noir, Complainte … comprenne qui pourra …, L' echappe de nos mains, Mon avis n’a d'importance que si mes mots te vont au coeur, Qu'une ombre sans fard,
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