Tendre voyage...

... et quand mes mots ne suffisent pas, quand ils ne suffisent plus, viens... Promène-toi, là, au plus profond de mon regard.
Tu te balladeras entre mon et ma tendresse, tu seras délicatement enveloppée par ma douceur.
Ce sont mes yeux qui te disent le mieux : "je t’aime..."
Ils ne se lassent pas de te caresser et lorsque mes mains effleurent ta peau, ce sont eux qui saisissent ton trouble tout juste naissant.
Mer 13 Avril 2005, 07:10 par danslalune sur L'amour en vrac

L'autre

L’, c’est aussi quelque chose qui ne dure qu’une seconde, qui ne se matérialise ni par un baiser, ni par une levrette endiablée. Il se dit sans un mot, ne provoque pas de choc quelconque, euphorisant ou deprimant. Il ressemble aux autres dans la mesure ou il se présente lui aussi quand on ne s’y attend pas et qu’on ne le cherche pas. Mais c’est tout.

Cet là, il survient pendant les quelques secondes ou tu croises quelqu’un dans la rue, et que l’évidence de ta plénitude te fait comprendre que tu l’aimes. Lorsque tu ressens ça comme un intime sentiment, cet éveil est une félicitié.
Mer 06 Avril 2005, 22:14 par PetitPrince sur Parler d'amour

Ses seins caresserent mes cheveux

Cette nuit ne fut pas la mienne, ni la sienne, mais le notre. Cet dévorant, cette sensation de ne plus faire qu’un avec elle, tout était magique, au summum de la perfection. Cependant, ce même , n’était pas le Grand Amour, pour moi, pour elle, pourquoi l’avons-nous fait, parce qu’elle en avait envie et que cela aurait pu être sa dernière fois.
Prisonniers de ces murs, nous nous envolâmes plus loin que tous, plus haut qu’au paradis, notre paradis. Pendant cette fusion, elle ne pensait pas à moi, mais à son homme à elle et moi, je ne pensais qu’à elle, qu’à son plaisir. Je ne l’ai fait que pour elle parce que je l’aime. Oui je l’aime. Mais cet secret que nous partageâmes cette nuit là était, je le sais, un fraternel. Elle était un peu plus grande que moi, elle savait tout de moi à présent. Et lorsque son corps s’enflamma pour de bon, je ne me retins plus, pour que nos deux âmes quittent ces enveloppes charnelles. Enfin elle cria son nom, son nom à lui.
Lorsqu’elle s’endormit, je voyais pour la première fois son corps nue reposé, nos yeux se croisèrent, puis elle m’enveloppa de ses bras telle une grande soeur protectrice embrasse son petit frère. Ses seins caressa mes cheveux et je m’endormis en sûreté loin de tous mes problèmes, près du coeur de la femme parfaite, à qui j’ai toujours voulu apporter le plus de plaisir.
Mer 06 Avril 2005, 15:46 par âme en état d'âme sur Les liaisons sulfureuses

Sur ton sourire...

Ce matin je t’ai vue, la joue posée sur l’oreiller tu souriais, aux anges, à la lune.
Quelle histoire pouvaient-ils bien te raconter...celle d’un tout juste commençant, doucement envahissant comme la caresse d’un corps qui épouserait délicatement et parfaitement le tien...peut-être s’agissait-il de "ton "?
Je voudrais qu’il me parle ce sourire, comme tes yeux lorsqu’ils se mêlent aux miens, comme tes lèvres lorsqu’elles embrassent les miennes.
Ce matin, encore ensommeillée tu t’es blottie contre moi et simplement tu m’as dit: "...tu es là mon , je t’ai rêvé cette nuit..."
Mar 29 Mars 2005, 22:06 par danslalune sur Parler d'amour

Il sera

Il sera tourment, ou il sera refuge.
Il te brûlera, te rongera, ou t’exaltera.
Trop fort, il t’étouffera, trop petit il te frustrera.
Le vrai , c’est celui qui te conviendra, à toi.
Avec lui tout sera possible, sans lui rien ne sera plus.
Lun 21 Fév 2005, 11:23 par PetitPrince sur Parler d'amour

Feu sous la glace

La nuit et un nid de braises, qui se nourrit de notre mon
De ce feu qui tombe en gouttes d’eau, la lune flambe et s’enivre.
Dans la chambre sur l’eau comme une éternité suspendue, où s’accroît le vin d’ombre.
Le soleil devient neige se cristallise de mille colombes
De nos pensées devenues feu sous la glace, comme une lampe indivise. De cette lumière pure, en suspension sur l’eau immaculée
Dieu se prosterne autour de nos visages en nudité.

Ricko
Ven 18 Fév 2005, 16:12 par ricko sur L'amour en vrac

Fred lampe, pure étrange !

Fred nu dans la nudité, lampe vive,
L’image est endormie dans le feu de l’image
Et la voici brûlante par l’esprit, nous voici devant la nuit !
Dans la dense vallée des fleurs obscures
De vos doigts comme une odeur de menthe
Une main tenant le nid d’un peu de marbre
Furent et ne furent ? Le cerf vous respire
Comme une lampe embrumée s’abreuve
Avec son liséré de braise, colombe
Faite pour notre , mon
Aux branches de la nuit serrées sur ton destin
Ce sein très pur au soleil accroché
Sera l’agneau de feu des montagnes
Corbeau de feu criant
Sous bien des jours où le jour s’est perdu ?
C’est de nouveau c’est de nouveau l’été de neige,
Le chagrin froid des vignes nus
Femme de fruits dans la lumière étrange,
Fred, comme une rose nue, avec la lune qui flambe,
Endormie dans les draps et les plis de l’image
A cause de la neige et de la nuit, du cerf et du corbeau
Me voici maintenant , hôte brûlant comme un rameau de neige !
Ricko
Ven 11 Fév 2005, 23:05 par ricko sur L'amour en vrac

MAGIQUE.....

Mon coeur tonne quand il te voit
Avec toi tout semble plus gai
Gare à ceux qui ne t’aiment pas!
Incendie d’étoiles lactées
Quel sentiment est plus intense?
Un sans abréviation
Embrasse-moi, c’est une urgence!

Duchesse
aime
Mer 09 Fév 2005, 21:10 par baccarat sur La séduction

Pentes abruptes dans le canal étroit des mots

Pour me hisser à sa hauteur c’est comme s’il me fallait
penser à travers le chas d’une aiguille
et jouer à cache-cache avec le temps
son rire met une pincée de sel au moindre de ses mots
et du poivre dans les miens

par étapes le désir ajoute à sa nudité
un surcroît de souplesse
on dit parfois qu’en
tout vient des reins
païen au départ et finalement sacré
alors la courbure de ses reins met des ailes à ses seins
comme s’ils réagissaient en choeur
à l’effet aérien et conjugué
de leur poids dans l’air et de leur couleur blanche
plus vifs qu’au théâtre
les changements de décor

dès qu’elle cesse de parler pendant un court instant
l’expression de ses traits est suspendue
comme trois points de suspension qui vont
de la pointe du nez
à celle du menton
- comme si ses silences accéléraient
la vitesse de l’idée -
puis l’expression de ses lèvres glisse
jusqu’à l’envol de ses narines
et s’échappe au-dehors
comme un voilier fendant les flots
ou une caravelle tendue loin devant nous
avec ça et là piquées dans l’océan
les bouées des cils retroussées en panaches noirs

son charme est un chapelet de tendresses
brodées sur la trame de mes sens
venus incognito
et repartis de même
elle dresse une muraille entre le monde et moi
et le monde plie finalement
combat perdu d’avance

elle mange en causant
je mange en lisant
mais les femmes ont peut-être
plus que les hommes
l’art de faire deux choses à la fois

son pull rouge du jour glisse
en mille chapelets de cerises flambant sur son buste
et tisonne en moi un souffle de forge
suspendu à chaque geste de ses bras
la soie bleue des baisers donne à ces couleurs
des gestes liquides que tendent et détendent
à mesure
les mouvements fuyants de l’étoffe
sur la chair de la soie

nue elle est habillée car son corps
se donne à l’air qui l’enveloppe
le reste vient en post-scriptum lorsque sa langue
glisse très vite des molaires aux incisives
sur le clavier des dents
pour aller sans cesse des tons graves
aux aigus
et inversement
selon le degré d’émotion
cet émail vivant resté éclatant
qui perle et luit dans le désir
et ce soleil qui scintille dans la perle
où la lune s’expose en un brasier unique

son odeur est pour moi associée
à son arme secrète
- cette poignée de couleurs et d’ombres
qui se succèdent
comme des portes battantes
qu’on claque à volonté -
les odeurs de son corps sont tissées
dans l’étoffe douloureuse de sa peau
comme une série de fils inextricables
ses odeurs mises à nu elles aussi
et mêlées à son arme secrète :
jusqu’à l’empalement de mes nerfs
de la pointe des cheveux
aux dernières fibres de ma peau
comme si certaines caresses d’elle
me rendaient femme de mon propre corps d’homme

il n’y a que très peu d’habitudes en elle
elle chez qui chaque geste est neuf
et rend le langage
de certaines choses muettes
un peu plus clair
et constamment renouvelé

si près de moi j’ai trop appris d’elle
pour ne pas me perdre
élégamment
dans les lexiques
je sais désormais lire
dans l’odeur de ses cheveux
la nuit

et dormir avec elle
rend mes nuits moins pénibles.
Mar 08 Fév 2005, 19:59 par avedekian sur La séduction

Simplement en parler

...simplement parler du premier ...il me vient plein de qualificatifs et je ne voudrais pas tomber dans la surenchère...troublant lorsqu’il commence à naître, le premier se nourrit d’interrogations, de doutes, de mauvaises journées passées au fond du lit, sous la couette...
Plus tard, on devient plus serein, non pas que tout soit devenu simple et limpide...seulement, cet on le vit avec une telle intensité qu’il "occupe" tout entier...on acquiert une assurance, un sentiment de certitude dont on ignorait l’existence...on apprend naturellement à lire dans les yeux de l’autre, les mots deviennent superflus...ce que vous éprouvez alors s’écrit dans vos yeux dès que vous les posez sur les siens...
La mémoire nous joue des tours, ou est-ce nous qui nous jouons d’elle...le premier reste...il est inoubliable.
Qu’il ait été douloureux ou heureux, son souvenir ne s’effacera pas...le premier , le mien fait partie de ma vie, de moi...il m’a construite telle que je voulais être...à son contact je me suis révélée telle qu’aujourd’hui je suis...au gré des rencontres que je fis ensuite, ma personnalité s’est affirmée, avec au fond de moi la frustration d’être obigée de...de paraître sans qu’il me soit donné d’être...
Ven 04 Fév 2005, 08:26 par danslalune sur La première fois

Rêve ou réalité

Pour celle qui m’a fait découvrir ce site... Elle trouvera suffisamment d’indices dans ce texte pour se reconnaitre...

Les 4 premiers vers sont de Musset... Ils ont été une révélation pour moi et j’ai décidé quelques jours, après les avoir lus, d’en écrire une suite personnelle...

"Une heure est à Venise, heure des sérénades,
Lorsqu’autour de minuit, sous les sombres arcades,
Les pieds dans la rosée, et son masque à la main,
Une nuit de printemps joue avec le matin."

"Tourbillon de la vie, mélangeant nos désirs,
L’Amour nous réunit, à chacun de saisir
Le trait que Cupidon, invisible nous lance.
Le cœur battant plus fort, imprime la cadence
Qui régit chaque instant d’un quotidien morose.
L’aube déchire enfin d’une lumière rose
Le manteau cotonneux qui masquait l’horizon,
La chaleur m’envahit et je perds la raison,
Ma vision me trahit : Venise est à Paris !
D’un jardin endormi, une nymphe me sourit…
Je dépose cape et masque à ses pieds aussitôt
Si ces vers lui ont plu, elle le dira tantôt,
Des années de perdues à caresser l’espoir
De sauver un pâlissant dans le noir.
Ayant cru trouver la Pierre Philosophale,
L’Alchimie délicate s’est avérée fatale.
Deux cœurs se sont brisés, retombant dans l’oubli,
Le voile est déchiré, séparant de ses plis,
Deux amants enlacés que l’ a quittés.
Le Temps a fait son œuvre, l’Hiver après l’Eté.
Mais la flamme magique qui sommeille dans mon cœur
Attendit le signal du retour au bonheur."

J’y ajouterai en guise de dédicace codée :

"Merci pour vos messages et pour leur contenu,
En un mot comme en cent, merci Douce Inconnue.
Pour terminer enfin avec toutes ces rimes,
Acceptez cet hommage en gage de mon estime."
Jeu 03 Fév 2005, 22:03 par Vénitien sur La séduction

Au commencement il est désir

Au commencement il est désir et le désir est lié à l’;
Le désir est comme un ruisseau qui prend sa source dans le cœur.
L’, c’est l’océan et le désir n’est qu’un des innombrables
Ruisseaux qui se jettent dans l’océan.
Cependant de nombreux ruisseaux
Vont s’assécher dans le désert sans parvenir à l’océan.
Plusieurs s ne sont qu’s au sens figuré bien qu’ils soient
Beaux en apparence, ils ne sont ni plus ni moins que de simples jeux.
Et s’il est vrai que le désir peut aller vers l’océan
Il ne possède pas par lui-même le pouvoir de se jeter seul dans l’océan.
Le désir est essentiellement de nature instinctive,
S’exprimant de mille manières.
La plupart des s ne sont que des s figurés.
Ils sont tous des formes de persuasion et d’attraction.
Ils peuvent prendre la forme de l’ du rossignol
Qui fait semblant d’aimer à la folie la rose.
Alors que son n’est pas sincère
Son engagement est faux, douteux et froid.
Sans cesse et à longueur de journée on l’entend gazouiller
Des appels plaintifs, répandant partout ses secrets.
Personne ne le prend au sérieux,
Lorsque de sa séparation d’avec la rose, il se plaint.
Tous ses discours et de paroles incohérentes
Confirment le caractère froid et calculateur de son approche de l’.
Pour de vrais eux,
Il s’agit là d’une mauvaise façon de faire la cour.
La rose se méfie du délirant rossignol
Sachant que dans son type d’, la fidélité ne joue aucun rôle.
Dès que les roses fleurissent, le rossignol leur fait de l’œil
Et son cœur n’est plus que pour elles.
Lorsque le rossignol se lie d’amitié avec une fleur
Il lui fait la cour en secret et en poussant des cris du cœur.
Cependant à l’aube, il change
Et devient l’amant du narcisse.
Lui faisant assidûment la cour
Avec des paroles douces et des regards eux.
Juste après, il commence à se lasser aussi de cette fleur
Tournant son attention vers une autre plante fleurie.
Puisque aucun véritable ne réside en son sein
Ses sentiments sont faux, trompeurs et ne riment à rien.
Cet est figuré et de nature improductive
Car le rossignol ne cherche que parfum et couleurs vives.
L’ de la rose est, lui aussi, figuré
Car n’ayant aucune profondeur et n’étant pas passionné.
La rose est à la recherche d’un amant allègre et gai
Sachant que le zéphyr errant ignore heureusement tout ce qu’il fait.
La rose utilise sa couleur et son doux parfum
Pour attirer le zéphyr vers elle et en son sein.
Elle présente un air d’innocence et d’amabilité
Alors que sous ses pétales un désir violent reste caché.
Dès que la rose constate que le zéphyr est excité et dans une rafale,
La rose essaie de le capturer, usant de centaines de ruses.
Dans son désir pour le zéphyr, la rose déchire ses pétales,
Cependant l’histoire de ces bouffons eux de façade
Ne constitue pas l’ensemble du récit sur l’.
Lorsque le zéphyr met en feu le cœur de la rose,
Le rendant frénétique et affolé.
Il est également rempli de doute et plein d’hypocrisie
Car son soi-disant n’est guidé que par le désir.
Sans ce désir, il n’y aurait aucune raison pour l’étalage de son
Le zéphyr ne se serait pas transporté vers la rose.
Si l’amant exprime l’angoisse
Son n’est que pur spectacle.
Ces cris et cette hypocrisie sont que pure duperie
Car l’ vrai n’a que faire du chasseur, de la proie ou du piège.
Aux yeux des vrais eux

L’ à la manière de la rose ou du zéphyr n’a aucune valeur.
Il y a également l’ du type qu’on trouve chez la phalène
Qui se dit séduite et folle d’.
Dès que ce papillon de nuit aperçoit la flamme de la bougie
Il commence à tourner autour sans répit.
Il se lance contre la flamme jusqu’à ce que mort s’en suive
Livrant ainsi son âme sur l’autel de l’ au nom de son bien-aimé.
Mais un tel aussi n’est pas pur

Cette frénésie, à y voir de près, n’est que pure hypocrisie.
Quand la phalène rend l’âme dans la flamme de la bougie
C’est pour elle en fait une façon de se montrer à la lumière du feu.
Car à l’aube elle prend soudain son envol
Pour aller au lieu ou se trouvent les fleurs.
Elle n’est ni sincère ni fidèle
Dans le jardin où se trouvent les fleurs elle devient folle d’elles.
Pendant le jour, elle rode autour de la rose
Et pendant la nuit, elle brûle d’ dans le feu de la bougie.
Chez les gens de l’ cela s’appelle un faux
Car le vrai ne connaît ni vanité ni hypocrisie.

RICKO
Mer 02 Fév 2005, 10:58 par ricko sur Parler d'amour

La fin

Je te dévoilais mon Amour chaque jour et jusqu’à le faire pour toujours mais l’expression de ton visage, ton sourire bas et ton regard de pitié, ne me renvoyait pas le fluide de cet Amour.

Notre dernier baiser ne m’avait pas trompé, le fond de mon cœur me hurlait que ce n’était que du faux et ma langue ne trouvait plus le goût de l’Amour.

Mon cœur plein consommait de l’Amour pour toi mais cette énergie ne venait peut-être même pas effleurer ton cœur, ce cœur qui m’avait pourtant aimé.
Sam 22 Jan 2005, 13:37 par Ady sur L'amour en vrac

L'amour, encore.

J’aimerais vous parler du tout autre cette essence dont j’ai parlé au départ, l’élan vers cette inaccessible étoile qui se trouve en chacun de nous, au coeur de chacun de nous, et vers laquelle, de façon consciente ou inconsciente, tout notre être aspire. Je mets l’accent sur l’inaccessibilité, sur la distance, sur le tout autre, parce que dans cette relation-là, la véritable unité ne peut se réaliser que dans la conscience d’une transcendance. Ecoutons, par exemple Rûmi, le saint de Konya, parler de ce passage de la dualité à l’unité. L’Amour s’exprime vraiment lorsque l’Amant, l’Aimé et l’Amour lui-même ne font plus qu’un : « Quand l’homme et la femme deviennent un, tu es cet un. Quand les unités sont effacées, tu es cette unité. Tu as façonné ce "je" et ce "nous" afin de pouvoir jouer au jeu de l’adoration avec toi-même, afin que tous les "je", les "tu" deviennent une seule âme, et soient à la fin submergés dans le Bien-Aimé ». Cet -là est déraison, cet -là est folie, cet -là va à l’encontre de tous les critères habituels par lesquels notre être individuel reconstitue autour de lui un univers, un environnement. Il s’inscrit en opposition ou en contrepoint, ou à contre-courant de ce qu’on appelle habituellement - et ce qui n’est en fait que l’une des multiples façons de s’aimer soi-même. On aime ceux qu’on aime parce que généralement, ils nous renvoient une image de notre propre pour nous-mêmes. C’est par exemple l’ pour les proches, pour les enfants qui nous perpétuent, tout ce qui nous renvoie à cet univers que nous avons tissé et qui nous fait exister. C’est là un raisonnable. Quant à l’ de déraison, c’est un pour quelque chose qui ne renvoie plus à nous-mêmes, mais qui, de plus, nous révèle dans le miroir des autres, le miroir de l’altérité, une présence, une essence spirituelle.

Ecoutons cet autre poème de Rûmi : « Si je cherche mon coeur, je le trouve dans ton quartier. Si je cherche mon âme, je la trouve dans tes cheveux. Lorsque, assoiffé, je bois de l’eau, dans l’eau je vois l’image de ton visage ». Pour ne plus retrouver dans l’ de l’autre le reflet de sa propre image, mais retrouver l’image de son essence spirituelle, il faut qu’il y ait cette distance, cette inaccessibilité. Il faut qu’il y ait cette soif, cette nostalgie. Il faut qu’il y ait cette maladie d’, cette douleur d’, ce désir intense qui devient ce qui nous nourrit. Il faut qu’il y ait ce que dans toutes les poésies euses du monde, on appelle le chagrin d’. Ce chagrin dont aucun eux ne souhaiterait, pour tout l’or du monde, être délivré. Dans le Cantique des Cantiques, j’ai relevé ces quelques vers : « Je vous en conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon bien-aimé, que lui déclarerez-vous ? Que je suis malade d’. » Il faut que s’allume dans notre coeur cette flamme sacrée. Il faut s’embraser, comme d’ailleurs Rûmi le dit lui-même de son cheminement, de toute sa vie. Il dit que cela se résume en trois choses : « J’ai été vert, j’ai été ensuite cuit, et maintenant je suis consumé »

C’est l’asservissement à cet , l’asservissement à ce mystère qui s’est exprimé dans des multiples poésies sur cet esclavage, sur ces malheurs de l’. Un poète dit : « Si le malheur doit être le prix de mon , je suis prêt à l’accepter. Eprouve-moi, éprouve-moi de toutes façons, que tu saches que je t’aime de toutes les façons ».

Voici cet homme, au faîte de sa réalisation, considéré de son vivant comme l’un des plus grands maîtres du soufisme pour certains, qui parle de cette femme en des termes absolument extraordinaires et brûlants d’. Il écrira d’ailleurs à son propos un recueil de poèmes magnifique, intitulé « L’interprète des désirs », où il parle de Nizhâm en des termes qui font à la fois l’éloge de sa beauté et de sa spiritualité. Ibn ’Arabi, devant le scandale suscité par ces textes, dut commenter ces poèmes, ce qui d’ailleurs ne résolut rien, le commentaire portant l’ambiguïté à son _expression ultime.

Il faut dire cependant que l’inaccessibilité, en l’occurrence, ne signifie pas irréalité, car ce qui est en jeu, ce qui s’exprime à travers cette dimension de l’, c’est le fait que même si nos relations sont les plus proches possible, même s’il s’agit de relations de proximité directe, il y a en chaque être avec lequel nous sommes en relation dans cette dimension-là, une dimension du mystère, une dimension de l’inaccessible divin qui constitue le secret qui nous lie à lui. La proximité extérieure la plus grande possible ne doit en aucune façon épuiser cette part d’inaccessibilité, cette part de secret divin qu’il y a en l’autre. D’où cette tradition qui s’est traduite par l’ de la "dame de la tour", dans la culture occidentale, et par toutes les formes de la poésie courtoise spirituelle, dans la culture orientale. Dans cette tradition, l’Amant est soumis à des épreuves qui établissent clairement que ce qu’il aime chez l’autre, ce n’est pas simplement un reflet de lui-même, mais son essence spirituelle qui l’attire au-delà de lui-même. Ecoutons ce poème de ricko:«
J’ai atteint l’ivresse et nul de mes amis n’a perçu par quel vin je les ai distancés ? Mon ivresse n’était fruit d’aucun nectar Seules les vertus de l’Aimé m’enivrent le saviez-vous ? S’il en est qui au soir s’abreuvent de vin vieux, Je m’abreuve moi de vos attraits radieux. Ainsi les voyez-vous s’émouvoir un instant, Là où je m’émeus moi à longueur de temps. Lorsque le cri de l’âme, exprime en vers, rythmé et accordé, la poésie se fait chant. Et lorsque ce cri, élan nostalgique de l’âme, est accompagné par des instruments, on parle alors de musique. Vous êtes une invitation à cette écoute. C’est à travers le cœur que l’audition intérieure s’opère et c’est par la pratique du " Toi " et du " Moi " afin que tous les "Je", les "Tu" deviennent une seule âme, et que mon moi-même réalise que tout dans l’univers n’est que vous. Car n’est-il pas dit dans vos mots, que votre beauté d’âme chante les louanges du Bien Aimée ? »

Lorsque l’Amour s’adresse d’une façon spécifique, profonde, à celui qui la reçoit. Et il ne peut pas y avoir là de subterfuge. Tout se sait, tout se sent. Qu’importent les actes extérieurs, ce qui importe se sont les actes intérieurs et leur signification. Et c’est cette signification-là qui guide comme un souffle de sincérité nos pensées, nos sentiments et nos actes.
Mer 19 Jan 2005, 10:05 par ricko sur Parler d'amour

Parmi les différentes formes de l'amour ?

Sous des formes multiples, nous sommes dans une recherche intense de quelque chose d’indestructible, de profond, qui échappe à toutes les contingences, à toutes les limitations, qui exprime, dans une plénitude sans limites, une liberté, un sens que nous ressentons tous, vers lequel notre âme aspire, parfois dans une sorte d’intensité douloureuse. Une des expressions de cette aspiration est l’, le mystère de l’. Car si la quête spirituelle est un mystère, l’ est un mystère dans le mystère. Qu’est-ce que cet ? Pourquoi cet est-il si important, et pourquoi le ressentons-nous comme tel ?Ce feu sacré est à retrouver parce qu’il est le poids de notre être et parce que l’ nous dit, à travers tous ces récits, à travers toutes ces poésies, à travers tous ces exemples d’eux, d’amants et d’amantes, le secret de la vie. Il nous dit ce que nous n’arrivons pas à dire avec des mots, parce que dès que nous voulons expliquer ce secret avec des mots, nous entrons dans la confusion. L’ a son propre langage, l’ a son propre mystère, il a sa propre vérité, l’ est ce langage secret entre l’amant et l’aimé, entre nous-mêmes et ce point ultime de notre être où se trouve notre complète liberté. Ce point à la fois inaccessible et plus proche de nous que nous-mêmes. Aucune pensée, aucune conception, aucune expression, ne peut rendre compte de ce mystère. C’est l’asservissement à cet , l’asservissement à ce mystère. Parce qu’en définitive - et c’est pour cela que cet est un remède - l’ nous délivre du mal le plus profond, ce mal toujours présent pour détourner les choses, leur finalité, leur réalité, le mal de notre moi, de notre ego. L’ véritable, l’ absolu, l’ profond nous délivre de cet ego - il est le seul à pouvoir le faire et à nous faire pénétrer dans une dimension inaccessible au-delà de nous-mêmes. cette flamme d’, cette jouissance d’ sont tellement grands, qu’il y a aussi un piège sur cette voie, un piège qui consiste non pas à aimer l’aimé mais à aimer l’, non pas à rechercher le bien-aimé, mais à rechercher la jouissance de l’ pour elle-même. Je me souviens d’un ver qui exprime tout à fait cette erreur de la recherche de l’ pour l’ -même si cela est très attirant, même si c’est là un piège dans lequel nous souhaiterions tomber - c’est le vers célèbre d’Alfred de Musset : « L’Amour est le grand point, qu’importe la maîtresse ? Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ». C’est là une façon de tomber dans une sorte de récupération de l’ lui-même, de ne plus rester dans cette tension vers l’inaccessible, ou alors seulement d’une façon artificielle et entretenue pour la jouissance que cela peut comporter. On peut faire la même remarque à propos de la Béatrice de Dante. On retrouve là cette même recherche de l’inaccessible à travers quelqu’un de tout à fait concret. Cette tension vers l’inaccessibilité s’explique parce que c’est quelque chose qui nous appelle au-delà de nos frontières, au-delà de nous-mêmes. Cela a souvent été exprimé par différents aphorismes ou sapiences, dont cette tradition dite prophétique : « Celui qui aime, reste chaste et meurt sans avoir trahi son secret, celui-ci meurt en témoin véridique ». De même, l’ véritable ne laisse rien, nous dépouille de tout. Aucun reflet de notre moi ne subsiste, tout est consumé … A suivre !
Mar 18 Jan 2005, 00:46 par ricko sur Parler d'amour
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