Pas de calais - fiction amoureuse 1 à 5

1 – La mer

La mer est une mère qui accueuille dans ses bras qu’importe le nom, la race, l’origine ethnique. La mer ouvre ses bras et accueuille les cœurs désamparés et blessés. La mer est généreuse et donne son amour inconditionnel, qu’importe qui la demande et comment.

Je me suis jettée de plein fouet dans ls bras accueuillants de la mer du nord de la Bretagne, espérant et souhaitant que les eaux froides rafraichiraient les brûlures de mon cœur.

Les vagues roulaient comme pour mieux m’accueuillir, elles grondaient un genre de bienvenue rauque et à demi étouffé, mais mon cœur lui, comprenait le doux chant des sirènes.

« Viens, viens à nous cœur éplorée et déplorée, viens que nous te berçions dans nos bras. Nous te ferons oublier tes soucis et tes chagrins. Nous sommes tes sœurs, ta mère, ta confidente. Nous sommes là pour toi, pour appaiser ta peine. »

J’écoutai ces paroles enchanteresses et mes pas, comme guidés par une force indépendante de ma volonté, dirigeaient bon gré malgré le reste de mon corps vers les vagues qui écumaient de passion dévorante. Elles aussi ont aimé. Elles aussi ont un éternel amour déçu.

L’eau était froide. Presque glaciale contre la chaleur intime de mon corps, mais plus j’avançai, plus un bien être indescriptible me prenait et plus l’envie d’avancer plus loin devenait intensément forte.

Il me sembla que la première vague voulait me repousser vers la plage, mais c’était une petite vague immature, et la seconde, plus grande, plus autoritaire et beaucoup plus forte m’attira avec une telle puissance qu’il me fut impossible à ce moment là de reculer, de faire demi tour. La vague suivante confirma les efforts de la seconde et m’entraîna encore plus loin dans la mer houleuse. Soudain, la plage était loin, et la réalisation des efforts qu’il me faudrait pour nager vers la terre sainte et ferme de mes anciens espoirs me fit paniquer. J’étais en enfer et je ne le réalisai qu’à moitié.

Or, la seule et unique chose à ne pas faire en mer est bel et bien de ne pas paniquer. Le corps reprend le contrôle sur les désespérances du cœur et s’agite comme un poisson dans un fillet … ou plutôt comme un triste poulet jetté à la mer. La peur sauvage s’empare des sens, les bras gesticulent, les yeux se ferment, ils refusent de regarder la triste réalitée en face. Les pieds, comme dans un espace aérien liquide, perdent de leur utilité, habitude de milliers d’années acquises chèrement à marchant sur la terre solide gouvernée par une loie gravitationnelle très différente de celle de la mer.

La bouche s’ouvre, avale de l’eau salée, la recrache aussitôt, trop salée, trop froide. Trop.

Là haut, dans le ciel azur, le soleil brille et aveugle, témoin silencieux, caméraman sans équipe de plateau.

Là en bas, l’actrice principale se noie, les éléments sont contre elle, les vagues l’avalent tout rond et elle est presque foutue.

« Est-ce que tu es folle ? »

Il avait hurlé ça à qulques reprises avant que je ne l’entende.

Au début, il y avait à peine la voix lointaine, à demi étouffé par le grondement des vagues. Puis la voix devint de plus en plus présente et claire.

Contact visuel : c’était un homme, un jeune homme, blond, avec des soupçons de rouille tons pastel, délavé. Tout devient délavé après un contact aussi passioné avec la mer. Il nageait vers moi, comme s’il fonçait sur moi. Il répétait sa question, mais je ne répondais pas. De toute façon c’était clairement une évidence : oui j’étais folle. Est-ce qu’une personne saine d’esprit irait s’offrir une petite trempette dans les eaux furieuses et glaciales de la mer ?

2 – L’homme

Un bras solide et déterminé, pour ne pas dire socialement archarné, s’enroula autour de ma poitrine et une force tout aussi déterminée m’attira contre son corps. Une main d’homme solide trouva position sur ma gorge, sous mon menton et comme d’instinc ou d’expérience, poussa mon visage pour le haut – pour m’empêcher d’avaler trop d’eau salée, ce qui par le fait même me força a recracher la dernière gorgée.

Une jolie quinte de toux digne d’une bonne pneumonie me prit et sur le coup je pensais que mon bon Sammaritain avait fait sa part, féliciations, mais que peut-être il était trop tard de toute façon.

« Respire, gamine! Respire ! »

Gamine ? C’était moi qu’il appelait gamine ? Et de quel droit, Monsieur ? Je n’ai eue qu’une dizaine de seconde pour le regarder mais il n’était pas si vieux, pas plus de quelques années de plus que moi … ou plus jeune avec une maturité et une force tranquille ancienne ancrée dans son être, comme un héritage très ancien et très solide.

Son autre bras, celui qui ne s’archarnait pas à me maintenir à la surface de l’eau, faisait des mouvements rotatifs pour aider le reste de son corps à nager vers la plage. Je pouvais sentir la puissance de ses jambes qui poussaient son corps et un poids presque mort à contre courant, contre les vagues déchaînées, furieuses, froides, pour nous ramener à la terre ferme. Je me sentais totalement idiote.

Le grondement des vagues devint de plus en plus lointain, distant, presque comme un souvenir qu’on perd, qu’importent les efforts pour le garder vif. Et mon corps redevint d’une lourdeur insuportable quand mon sauveur me déposa sur le sable humide et frais, mais bien moins froid quel’eau.

Il s’était penché sur moi, son ombre me protégeait du soleil et sans le dire, j’en étais reconnaissante.

Une main derrière ma nuque me fit lever le menton, et pendant que deux doigts me pinçaient sans ménagement le nez, deux autres doigts tout aussi forts me pinceaient la bouche pour forcer mes lèvres à s’ouvrir.

Mes yeux s’ouvrirent d’un coup, comme sous une impulse électrique.

« Je vais bien. J’en ai pas besoin. »

Une quinte de toux me vint encore et il m’aida à me tourner sur le côté pour recracher le restant d’eau salée que j’avais au fond de la gorge.

« Tu n’en as pas besoin, mais tu ne vas pas bien non plus ! »
Il avait ce genre de voix mi profonde, mi tendre, très rassurant pour un homme, dont les subtilités de la variation dépendaient uniquement du ton et du contenu. Et à ce moment là, je n’étais pas en position de marchander ou de remettre son autorité en question.

Et quand on ne peut remettre en question les paroles d’un homme, on peut encore moins remettre en question ses actions.

Il se releva comme si de rien n’était et me prit avec la même souplesse et force que si je n’étais qu’une enfant en bas age et commença à marcher.


3 – L’eau brûlante

Après les aux froides de la mer, la tropicalité quasi brûlante de sa douche coulait sur ma peau comme une onction bénite. Sa voix résonnait agréablement dans ma tête; « Ne me force à venir te rejoindre. » Sur le coup j’en souris comme une adolescente qui se serait fait draguer par un garçon plus âgé, mais je savais que c’était une menace plaisantine sans fondement, ce n’était pas le genre d’homme à abuser de son statut, de l’autorité et des points d’avance juste parceque l’occasion était lui était donné sur un plateau d’argent.

Le fait qu’il cogna pour s’enquérir de l’eau, de mon état moral et physique ne me surprit donc pas.

« Je t’ai apportée des serviettes et des fringues. Je n’ai que des chemises et des pantalons d’homme … »

Je glissai la porte de verre pour le regarder, mais il me tournait le dos, regardant la porte avec une dévotion digne d’une apparition de la Sainte Vierge. Les vêtements en question étaient posés sur le couvercle descendu de la cuvette de toilette : une chemise à carraux bleu, un pantalon bleu marine sombre, des chaussettes. Pas de sous vêtements.

« Je peux te prêter un de mes caleçons si tu y tiens. »

« J’apprécirais … beaucoup. »

Petit bruit discret de la porte qui s’ouvre et se referme.

L’eau qui coulait sur ma nuque et mon dos, glissait sur les courbes de ma féminité et me fit soudain réaliser, comme une épiphanie : c’était un homme et il était beau.

Je le revoyais dans la mer, sous le soleil, les cheveux qui brillaient, même s’ils étaient mouillés, sa barbe de deux semaines … je me demandais comment ça aurait été de ne pas refuser le bouche à bouche ?

Je me laissai aller contre les tuilles de la douche. Non, c’était idiot tout ça. De toute façon, folie passagère passée, l’embassade me trouvera un hôtel confortable, mes problèmes seront vite reglés et je partirai et je l’oublierai.

C’est fou comme la vie peut vous donner des claques sur la gueule quand on se laisse aller.

4 – L’eau réconfortante

« Je me suis presque suicidée et tu me donnes du sirop contre la toux ? »

« Avec la quantité d’eau froide que tu as avalée, ca ne peut pas te faire de tort. »

Une voix posée, calme, mais autoritaire et bienveillante.

J’ouvrai la bouche, pris le contenu de la cuillière et sitôt la bouche refermée, je sentais la force de sa main contre ma bouche. Le goût était fort, atroce, dégoûtant, piquant, mais avec cette main qui pressait avec une telle fermeté, impossible de recracher. Et ses yeux me regardaient si tendrement … pourquoi ? Pourquoi ses yeux m’encourageaient-ils à aller de l’avant, même si dans le présent très concret c’était vraiment difficile pour ne pas dire épouvantable.

J’avalai finalement, pris une grande respiration par le nez et serrai l’édredon du lit comme si forcer les muscles de mes mains allaient me faire oublier ce goût de rat alcolisé dans ma bouche.
Une autre respiration. Les yeux me piquaient et j’avais envie de pleurer. Il retira doucement sa main mais ne me quitta pas des yeux quand j’eus la grande idée de prendre une goulée d’air frais qui me fait tousser d’avantage. J’avalais encore, ma salive était pourtant plus que teintée de ce goût huileux et pestinentiel.

« C’est quoi cette vacherie que tu m’as donné ? »

« Syrop contre la toux de marin. Tu auras envie de courir un marathon demain. »

Je me laissais aller contre l’oreiller. Demain, c’est demain.

j’ai envie de mourir.

« Je vais aller te faire du café ou du thé, ça va alléger le goût. »

Mais il ne bougea pas d’un pouce.

« Thé, s’il te plaît. »

Il sourit et se leva.

La chambre était typiquement cette chambre qui hantait ma mémoire et mon imaginaire depuis toujours : la fenêtre à ma gauche, la porte à quelques pas au bout du pied du lit, le mur de droite couvert comme une mosaique tout en relief de textures et de matériaux différents.

La fenêtre en bois, style ancien, avec des rideaux sombres et lourds en velours bleu fond de mer, presque noir, et les rideaux blancs légers, en dentelle travaillée – sûrement faite par des mains patientes et entrainées. J’aurais voulue savoir comment c’était de se réveiller dans ce lit, et regarder vers la fenêtre, comment ce serait d’entendre l’orage au travers de cette fenêtre, comment ce serait d’ouvrir la fenêtre en été pour laisser l’air marin rentrer dans la pièce ?

Une petite porte discrète, presque cachée par le peignoire accroché en soin coin, et que l’œil ne repérait qu’après s’être longuement perdue à regarder par la fenêtre, donnait sur une petite salle de bains privée mais pratique. Presque collé à la porte de cette fameuse salle de bains, la commode, en bois sombre et verni, d’allure officiellement européenne et ancienne, peut-être même un rescapé du siècle dernier, se tenait devant moi, l’allure fière et austère. Sur le sommet de sa tête, une petite télé moderne, à écran plat, lecteur DVD et une chaîne stéréo, les hauts parleurs se dressaient fièrement sur le sol, de chaque côté de la commode, comme des guardes encores plus fiers. Je souris à la vue d’une cravate cloué aux deux extremités du second tiroir et qui servait de corde à linge pour hameçons de différentes tailles et couleurs.

Le mur, de l’autre coté de la porte qui donnait sur le corridor, qui ensuite donnait sur le salon ou la cuisine, était le plus chargé, pour ne pas dire surchargé de décorations. Un énorme poisson verni et empaillé tenait dans sa gueule une chainette en avec un pendentif de croix en fleur de lys, tandis qu’à son aileron dorsale était accrochée une autre chaîne dont le pendentif représentait un petit petit bateau de pêcheur.

« Moi je suis pêcheur d’hommes »

L’homme qui m’avait sauvé de moi même l’était aussi.
Il revenait avec un plateau sur lequel deux tasses à thé et un pot formaient comme la petite communauté du social.
Il s’installa en face de moi, comme pour mieux me garder à l’oeil d’une nouvelle éventuelle bêtise et me tendit l’une des tasses.

5 – Mon Histoire

Il prit une grande cuillière du contenu du pot et la glissa dans ma tasse – du miel. Ohhh, comme la douceur de cet onctueux délice me donnait envie !

Il s’adossa contre la pièce de bois qui formait la tête du lit, se croisa les jambes et demande, de la même manière qu’un HR vous demanderait de lui résumer les points forts de votre carrière, il me demanda les circonstances qui m’ont pour ainsi dire, jetté dans les filets de ses bras.

« Ça va être long. Et ennuyant et très touristique.»

« J’ai pas entendue une bonne histoire depuis la mort de mon père. Éblouis-moi. »

Une première gorgée de thé, comme tout bon conteur se le doit de faire, et j’essayai de trouver le bon moment où commencer mes mésaventures.

Soupir.

« Eh bien, ça a commencé par un voyage de groupe. Nous partageons la photographie comme point commun, et sur un des nombreux forums sur lequel je m’étais éparpillée, un des membres a proposé de faire un voyage en Europe.

L’Europe en tant que tel … est bien merveilleux mais immense et ca m’a pas follement tentée. Et puis une autre femme a proposée de faire plusieurs voyages, par pays. Le processus a commencé par un vote : quelle région de l’Europe, puis quel pays. Le premier voyage était évidement en Italie. Vingt personnes ont formé le premier groupe. Succès total et incontestable. Trois mois plus tard, la Pologne a conquis un second groupe.

Et finalement, au septième tour, la Bretagne. »

« Old Lucky Seven. Et tu crois que ça t’a portée chance ? »

Un professeur d’université n’aurait pas mieux formulé la phrase, mieux modulé sa voix que lui, entre deux gorgées silencieuses.

Je souris avant de reprendre.

« J’ai assistée à un concert d’un groupe local dans un pub, j’ai mangée plus de poisson en une semaine que durant la totalité de ma vie – et ça c’est un miracle en soi – j’ai vue la mer ! »

Ton extatique malgré moi, les vagues, le bruit, la force de l’eau en mouvement, le ciel, les oiseaux. Je fermai les yeux pour mieux savourer le souvenir de cette première rencontre. C’est comme rencontrer une idole, on se sent en pamoîson, prêt à déclarer n’importe quelle imbécibilité romantique mais soudain, là, devant l’idole, on est à bout de mots. Rien ne sort. Que l’air salin qui rentre à plein régime par les narines, la bouche, par tous les pores de la peau.

Il but plus de thé. Je me demandai s’il avait envie de rajouter un commentaire, mais il ne dit rien. Pas la peine de tourner le couteau dans la plaie.

« Et puis vendredi après-midi est venu, comme un traître. La fin du rêve. Le voyage du retour. L’adieu. L’avion partait … il est parti ce matin, vers les 6 heures. Et je n’y étais pas.

« Et ton groupe ? »

« La majorité, si. Il y avait un groupuscule de moutons noirs dans le groupe. Deux autres Québecois, un Berbère, et moi. »
Commentaire tue, j’en étais certaine. Il but trois longues gorgées de thé.

« Nous avons décidé de passer la soirée dans un pub du coin, pour ne pas gâcher ces quelques heures dans notre hôtel. Nous voulions profiter au maximum de cette opportunité. »

À mon tour de prendre une longue gorgée de thé, pour mieux revivre les évenements


à suivre ;)
Dim 31 Jan 2010, 00:32 par Ailime sur La vie à deux

Une dernière flamme pour le coeur

Il faut savoir rire de tout y compris de soi-même... Grandir est à ce prix, guérir aussi, parfois.

Cet été je suis allée manger avec un homme au restaurant : c’est moi qui l’ai invité. Cela me semblait bien. Il faut dire que je fais souvent fi des conventions et que j’aime à faire ce qui me plaît, ce qui me semble juste voire simplement bon pour le cœur. Je le considérais comme quelqu’un d’unique, hors norme, pour tout dire, intelligent et ouvert, j’avais plaisir à ses brefs passages dans ma vie. Je pensais que notre affection pouvait s’enraciner indépendamment de nos conditions sociales divergentes. Je le considérais un peu comme un modèle pour mon fils. Ma foi, il est venu et a semblé prendre plaisir au fait d’être avec nous. Comme quoi, on peut se laisser abuser aisément, moi, en particulier. J’ai beau le savoir, cela ne change rien.
Je mettais ses incohérences de comportement sur le compte de sa vie passablement troublée, mais je le pensais sincère, à sa façon. De plus, j’aimais son indépendance.
Il est vrai que j’avais mis mes chaussures de plage aux talons rongés par les galets et le sable, il est vrai que je n’avais pas fait d’effort de toilettes particulier, c’était un ami que je m’apprêtais à revoir et ce n’était en rien un rendez-vous galant. J’avais songé mettre un vieux jean troué et un tee-shirt sans manche, ma seconde peau, cependant, le lieu ne s’y prêtait pas. J’avais fait des travaux toute la journée, je m’étais contentée de prendre une douche, mes propres talons gardaient l’encre noire de vieux Kickers que j’affectionnais. Lorsqu’il fut là, je sentis le trouble grandir en moi, ma main tremblait plus que de raison, je rougissais pour un rien, mon cerveau faisait de la surchauffe et pour gourmande que je sois habituellement, je n’arrivais plus rien à avaler. Je l’aurais détesté s’il y avait eu de la place dans mon cœur pour ce sentiment. Je ne m’étais rendue compte à quel point je n’étais pas indifférente qu’en prenant conscience de mon trouble grandissant à son contact. J’ai été charmée hors de toute logique, une fois de plus, par sa simplicité affichée, ses regards - creux, il faut bien le reconnaître – et par la suite, par ses promesses - vaines - envers mon enfant (pourquoi écrire des choses que l’on ne pense pas et que l’on ne vous demande pas ? Pour paraître altruiste ? Bien de s’intéresser à un petit « pauvre » ? Bon pour son image ?!) et j’excusais ses silences : régulièrement, il revenait dans ma vie avec ses yeux menteurs et son attitude ambigüe qui me déstabilisaient. Pourquoi était-il venu ? Pourquoi ? Pour se divertir un instant ?! En définitive, je préfère ne rien connaître de ses intentions, je pense que cela me décevrait encore davantage. D’y songer me donne encore la nausée. Je le croyais mon ami. Moi, j’étais attirée par lui comme par un aimant lui qui n’était pas aimant pour deux sous ! L’amitié, l’affection, le respect, l’amour entre deux êtres humains sont choses rares et précieuses... Les contrefaçons nombreuses. Mais l’œil ne voit que ce qu’il contient et je voyais un homme droit, intègre, indépendant, franc, profond, gourmand, aimant, drôle et sensuel... J’avais envie de lui et ne m’en étais pas cachée. Au vrai, il n’avait que faire d’une petite marchande d’allumettes dans mon genre, même pas allumeuse. La fin abrupte de l’histoire est là pour me le rappeler.
Bah, je ne me leurre plus, l’égalité entre les êtres est une utopie. Je sais que je ne pèse pas lourd dans la balance des intérêts qu’il a à notre amitié. Je ne parle même pas de respect. Ainsi, faisant partie des expéditeurs indésirables, ma pauvre bafouille et tous ses "pourquoi" sous-jacents resteront sans réponse pour partir trop vite comme il l’a fait pour moi... au panier, sans même un au revoir.
Je ne sais pas ce qui me rend le plus triste, ou en colère, de voir le monde tel qu’il est ou de perdre plus qu’un ami, une illusion.

La dernière allumette vient de se consumer.
Jeu 03 Déc 2009, 09:26 par dolce vita sur Parler d'amour

L'arbre de mort

Je te vois mourir… Ton visage s’éteindre… Tes yeux perdre leur étincelle…

Je vois tes ailes se froisser. L’air est devenu irrespirable.

Tu t’es posée sur moi, sur la branche pourrie d’un arbre de mort, et le poison qui suinte de mon écorce s’est répandu en toi.

Aujourd’hui seule ta vie s’envole, je t’ai rendu trop lourde.

Je t’ai refroidie.

Je t’ai emprisonnée.

Ma branche a fini par se casser et tu es tombée, lourde comme une pierre.

Alors je te regarde mourir aux pieds de mes racines et mes larmes ne font qu’accélérer cette mort en venant couler jusqu’à toi, empoisonnant ton âme et ton corps du mal que je suis, humidifiant la terre dans laquelle tu t’enfonces peu à peu, inéluctablement...
Ven 20 Nov 2009, 14:10 par Adès sur Mille choses

Les portes de féerie

Bonjour à tous! Je suis une petite nouvelle, mais je n’ai pas trouvé où se présenter...

J’espère que mon texte se trouvera au bon endroit.

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Les Portes de Féerie

Tournez neuf fois autour de la colline aux Fées dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, avancez maintenant d’un pas, et…

…Entrez


Il m’est impossible de dire exactement ce qu’est Féerie. Chacun le voit différemment. Il faut, cependant, certaines qualités, ou certains défauts pour le découvrir. Il faut savoir regarder au travers des choses.

Savoir regarder au-delà d’une simple brume, d’un simple cours d’eau. Car oui, chaque jour nous effleurons les Portes de Féerie sans pour autant les franchir. Pourtant elles sont bien là, derrière ce sentier, derrière ce torrent, derrière le sourire de cet enfant. Nous devons simplement voir la magie qui nous entoure.

Féerie existe parallèlement à notre monde, en tout lieu et à toute époque. Les Portes qui mènent en Féerie prennent souvent l’apparence de lacs, de pierres mais aussi de brume. C’est le royaume des fées, des elfes, des korrigans, de ce que l’on nomme le Petit Peuple.

Il arrive même que les deux mondes soient si proches qu’ils se confondent. C’est un émerveillement que l’on peut vivre dans certains lieux. Je vous invite à en visiter un, qui est, je pense, le plus beau de tous : Brocéliande.

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Edouard poussa son énième soupir. Sa vie ressemblait à un enfer. Lui qui ne rêvait que de livres se retrouvait à la tête de l’entreprise familiale. Le décès de son père avait mit fin à ses rêves de posséder sa propre librairie. Aujourd’hui, il avait une importante soirée avec ses actionnaires, et rien que d’y penser cela le rendait malade. Il n’était pas fait pour ce métier, voila tout ! Mais sa mère lui en voudrait énormément s’il y renonçait.
Il avait l’impression de porter une tenue de combat. Costume d’un grand couturier, chaussures défiant le confort le plus élémentaire, cheveux impeccablement bien en place…la panoplie complète de la sophistication. Lui qui ne mettait d’ordinaire que des vêtements confortables et pratiques ! Il était très loin de son personnage habituel, perdu au milieu de cette foule élégante et superficielle, une foule où se côtoyaient les personnalités les plus en vue du moment. Un poisson hors de l’eau, voila ce qu’il était. Comment pouvait-il tenir son rôle d’invité d’honneur alors qu’il se voyait comme le vilain petit canard ?
- Arrête de t’agiter comme cela, murmura une voix à son oreille, on dirait un adolescent mal dans sa peau. Tu n’as plus quinze ans.
Il était impossible de deviner l’âge exacte de la mère d’Edouard tant ses traits fins étaient tendus sur son visage osseux. Quant à ses cheveux noirs remontés en chignon, ils lui donnaient une allure de reine de la nuit ou de vampire échappé d’un film d’épouvante. Elle devait avoir la cinquantaine mais elle aurait très bien pu avoir vingt ans de plus. L’argent avait ce pouvoir de vous préserver de l’injure du temps. Et de vous donner cette assurance à toute épreuve qui forçait le respect.
Edouard s’aperçut tout à coup qu’il tapotait nerveusement sur sa flute en cristal. Il se força à arrêter car son geste était trop révélateur de son état d’esprit. Hors de question qu’il craque à peine arrivé. Après tout, c’était sa soirée. Son père lui avait offert une chance énorme en lui léguant l’entreprise, il n’avait pas le droit de le décevoir.
Toujours était-il, s’il avait pu se faire passer pour une plante verte, avec quelle joie se serait-il transformé en fougère !

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La soirée s’était enfin terminée. Edouard n’en pouvait plus, il fallait qu’il s’isole. Il était cinq heures du matin quand, Jack, son fidèle labrador, sur les talons, il partit respirer un grand bol d’air frais.
Il avait la chance de vivre dans un lieu aussi magique que Paimpont, entouré de sa magnifique forêt, que tout le monde connait sous le nom de Brocéliande.
Paimpont est un village bâti au bord d’un vaste étang situé au cœur de la forêt, domaine privilégié des légendes celtiques. C’est là qu’Edouard et Jack aimaient se ressourcer.
Ce matin, il avait décidé de se rendre au Val sans Retour. Pendant un moment, quand il devait avoir dans les dix ans, il a crû qu’il se nommait ainsi parce qu’on ne pouvait l’atteindre. Et à partir du moment où il n’est pas possible d’y aller, il va sans dire qu’on ne peut pas en revenir. En réalité, le Val sans Retour est le lieu où, selon la légende, la fée Morgane enfermait ses amants infidèles. Ceux-ci n’avaient alors plus aucun espoir de retour. Les sortilèges qu’elle y avait implantés pour les empêcher de partir furent déjoués par Lancelot du Lac qui resta fidèle à son amour pour Guenièvre. Alors, du Val sans Retour château, jardin, murailles, gardiens de dragons, enchantements, tout disparut grâce à la vertu de Lancelot. Du haut d’un promontoire de roches pourpres, Edouard pu à loisir contempler l’étrange spectacle qu’offrait la dernière demeure de la fée Morgane dans l’aube naissante. Les couleurs multiples de la végétation s’entremêlaient en de superbes arabesques accentuées par d’étranges arbres morts. En contrebas, siégeait l’Arbre d’or du peintre François Davin, symbole de l’esprit de la forêt renaissant de ses cendres suite à l’incendie de 1989 dont Brocéliande garde encore des cicatrices. L’arbre peint en or, posé sur un pavement de schistes rouges et entouré de deux troncs noirs et tordus, semblait être là depuis une éternité. Un profond sentiment de bien-être et de rêverie se dégageait du Val dont le Miroir aux fées, l’Hotié de Viviane, le dédale de la vallée des Portes faisaient partis.
Par delà les landes pourpres et dorées, Edouard avait l’impression d’entendre dans le vent les clameurs des pauvres amants égarés.
Il en était là de ses réflexions quand il sentit ses paupières s’alourdir puis se fermer. Un léger vent le réveilla une seconde, une minute, une heure plus tard. Il avait perdu toute notion du temps. Le paysage avait changé durant son sommeil. Le décor était intact mais semblait magnifié, la forêt avait pris des tons mauves et la brume commençait à s’étendre. La magie semblait avoir envahit le Val sans Retour.

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- Eh toi ! l’interpella une voix. Oui toi, là-bas !
Edouard ne savait pas d’où venait cette voix et regarda dans toutes les directions d’un air perplexe. Soudain il se retrouva projeté contre un muret en pierre qu’il n’avait pas remarqué jusqu’à là. Fermant les yeux, il bredouilla d’une voix tremblante :
- Je… Tenez, prenez ma veste. Je… Je n’ai rien d’autre qu’une vingtaine d’euros et une boite entamée de vitamine C. Mais laissez moi je vous en pris.
Edouard n’était pas très courageux, il fallait bien l’admettre.
- Et bien, tu en as mis du temps, reprit la voix.
- Qui ? Moi ? Lui répondit Edouard, surprit.
- Qui d’autre, pardi ! Il y a longtemps que je t’observe, je vois que tu es enfin prêt.
- Enfin prêt ? Mais à quoi ?
Un petit être sortit de la brume.
- Je suis Korr, un korrigan. Tu as enfin franchi les Portes de Féerie. Mais je dois t’avouer que tu ne tombes pas au meilleur moment. Eh là, mais c’est quoi cette chose baveuse à tes cotés ?
- Les portes de quoi ? Et ce n’est pas une chose, c’est Jack, mon chien.
- Bon, si tu veux, capitula Korr. Féerie est un monde parallèle au votre, expliqua-t-il. Chaque jour vous effleurez ses portes sans jamais les franchir. Vous êtes tous tellement préoccupés par votre train-train quotidien que vous en oubliez le rêve et la magie. Il est temps que les hommes sachent qui sont les êtres de Féerie. Comme ça, ils arrêteront peut-être de nous ignorer et de négliger notre Mère-Nature !
Edouard détailla celui qui prétendait être un korrigan et constata avec stupeur qu’il n’avait peut-être pas tout à fait tort. Il était petit, une trentaine de centimètres, un gros nez et très poilu. Devant le silence consternant de son nouveau compagnon, Korr reprit :
- Pour ceux qui ne savent pas, commença-t-il, korrigan signifie lutin, en breton. Nous faisons partis du Petit Peuple de Féerie. Il fut un temps où nous vivions en harmonie avec les hommes. Mais l‘arrivée de la nouvelle religion nous a obligé à nous cacher. Nous sommes partis vivre sous terre, dans les grandes cités sous-terraines dont la capital se situe à Carnac. Les hommes disaient de nous que nous étions des être malveillants alors que nous leur rendions services jusque là. Mais notre attitude a changé, à force d’être rejeté nous nous vengions. Oh, rien de méchant ! Quelques petites farces, par-ci, par-là. Nous sommes comme les êtres humains, tantôt sympathiques, tantôt diaboliques. Ce qui est sûr, c’est que nous avons un caractère bien trempé ! Bien que nous n’ayons pas très bonne réputation, il ne faut pas hésiter à venir à notre recherche. Si une personne nous est sympathique, nous lui ferons découvrir notre monde. Seulement…
- Bon, le coupa Edouard, admettons que tu sois…ce que tu prétends être. Qu’est-ce que je fais là moi ? Pourquoi maintenant ? J’ai une réunion dans quelques heures.
- Il va falloir que tu la reportes. Viens avec moi, je vais te présenter mon ami Sirrah.

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Alors qu’il longeait un sentier, Edouard entendit un bruit de galop s’approcher. Il pu alors contempler l’un des plus beaux et des plus purs habitants de Féerie. Elle était là. Majestueuse. Une grande jument blanche, fine, avec des sabots fendus et une corne spiralée sur le front. Ses boucles blondes se répandaient sur une puissante encolure. Hypnotisé par la beauté de l’animal, Edouard fut surprit en sentant son souffle lui caresser le cou.
- Je te présente Sirrah, déclara Korr avec une pointe d’admiration dans la voix.
- Une licorne, murmura le jeune homme, je ne pensais pas que vous existiez.
- Nous existons. Aussi vieilles que le ciel, aussi vieilles que la lune nous existons. Nous sommes la lueur et la pénombre. Nous sommes les rêves. Nous sommes l’écume sur l’océan. Nous ne sommes visibles que par ceux qui croient en nous.
- Soit bien attentif à l’histoire de Sirrah, dit Korr à Edouard en déposant un doux baiser entre les naseaux de la jeune licorne.
- La première licorne est née de la noblesse d’un cheval et d’un soupçon de magie. En Occident, nous sommes souvent décrites comme étant sauvages et indomptables ; tendis qu’en Orient nous sommes des animaux paisibles et doux, qui apportaient la bonne fortune. En Inde, nous sommes décrites comme étant des ânes sauvages aussi gros que des chevaux. Notre pelage était blanc, notre tête rouge foncé et nos yeux d’un bleu profond. Sur nos têtes, se dressait une longue corne d’environ cinquante centimètres de long : généralement blanche à la base, noire a milieu et rouge sur le bout. Nous sommes aussi un animal fabuleux, mélange de rhinocéros indien, d’antilope de l’Himalaya et d’âne sauvage.
Mes vos yeux ne voient que ce que vous voulez bien voir. Nous ne sommes rien de tout cela.
Notre corne est en réalité une projection de notre esprit. Vous ne pouvez la toucher. Dès qu’elle quitte notre corps elle devient poussière. Ainsi, personne ne peut se vanter d’en posséder une. Le pouvoir réside dans la licorne et non dans la corne. Elle prend la couleur de l’aura de magie qui la baigne.
- Quel est votre pouvoir ? Et l’aura, c’est la couleur qui t’entoure ?
- Nous avons le pouvoir de détecter les poisons, de guérir. Quant à l’aura, c’est l’énergie qui entoure chaque être vivant. Si une créature possède une grande force, l’aura est brillante. Comme tu peux le constater, mon aura est vert clair. Ce qui signifie que je suis encore à l’état sauvage et en affinité avec la nature.
Nous vivons grâce à la foi des humains. A chaque fois que l’un d’entre vous cesse de croire aux licornes, une d’entre nous meurt. Il fut un temps où tous les hommes avaient la foi. Nous pouvions vivre dans les endroits les plus éloignés de toute civilisation. Je me souviens que maman faisait pousser l’ambroisie qui rend immortel, papa, plein de sagesse, était souvent consulté par les humains. Ils nous considéraient comme des dieux. Et puis les humains découvrir le narval, aussi appelé licorne des mers. Et ils cessèrent de croire en nous. Presque toute ma famille est morte à cause de ça. Je vivais en Egypte, dans les introuvables sources du Nil, mais le manque de croyance en nous m’a obligé à venir me protéger en Féerie.
- Tiens-toi tranquille, expliqua Korr, si tu veux avoir une chance de rencontrer la Licorne de Féerie. Ne soit pas déçu si elle ne s’approche pas de toi, elle ne se montre pas hostile mais préfère rester éloigné des humains.
Et là, apparaissant devant Edouard, une magnifique licorne dotée d’un pelage vert tendre et d’yeux de la même couleur mais émettant une lumière diffuse.
- Elle est plus petite que nous, les Licornes Sylvestres, et mesure la taille d’un petit poney. Une fois tous les cent ans, elle perd sa corne qui repousse en deux semaines. Cette corne est un porte bonheur éloignant les maladies et la malchance, mais personne de ton monde n’est assez pur pour en posséder une. Il est très difficile d’apercevoir la Licorne de Féerie même en pénétrant sur son territoire car elle possède la faculté de se fondre dans le décor, à la manière d’un caméléon. Elle n’attaque pratiquement jamais les intrus sauf si ceux-ci souillent volontairement la nature. Elle doit son nom au fait qu’elle communique régulièrement avec les Elfes, les Fées et les êtres du Petit Peuple.
- Qu’est-ce que le Petit Peuple, demanda Edouard ?
- Le Petit Peuple est le nom donné à certains habitants de Féerie, comme les Korrigans, les Gnomes, les Trolls et bien d’autres !
- Tu as évoqué les Licornes Sylvestres, qui sont-elles ?
- Je suis une licorne sylvestre. Je vis dans les forêts dont j’assure la protection, d’ailleurs je ne mange que de l’herbe et des feuilles. On peut dire que je n’ai aucun ennemi, je suis aimée de tous. Mise à part ceux qui font du tord à la nature. Que dirais-tu si nous partions à la découverte des pierres vivantes ?
- Il y a des pierres vivantes en Féerie, s’exclama Edouard avec surprise !
- En réalité, elles se trouvent dans le monde des humains, mais nous les comprenons mieux en Féerie. Les mégalithes poussaient autrefois comme des plantes dans les champs jusqu’au jour où les prières ont arrêté net leur croissance.

En un battement de cils, les nouveaux amis se retrouvèrent à Plouhinec.
- Voici les huit menhirs de Plouhinec. N’ai pas peur d’eux, tu peux les approcher.
Edouard fut alors étonné d’entendre un des menhirs lui parler.
- Nous sommes les huit menhirs de Plouhinec. D’immenses trésors se cachent sous nos pieds. Une fois tous les cent ans, la première nuit de l’année, nous allons boire l’eau de la rivière d’Etel. On peut alors s’emparer des trésors. Mais il vous faut faire vite pour ne pas être broyé à notre retour.
Nombreuses sont les légendes d’or dissimulé sous les pierres. Le trésor est parfois plus immatériel. A Plouer-sur-Rance ou à Bréhat, c’est le mariage que peut prédire la pierre. A Pleumeur-Bodou, c’est la guérison que procurent les fragments de roche broyés dans un verre d’eau.
- Je t’emmène dans un lieu rempli de magie, monte sur mon dos Edouard et laisse-moi te guider.
La licorne glissait au dessus du sol. En quelques minutes, ils étaient revenus en pleine forêt.

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- Nous nous trouvons au cœur de Brocéliande. Regarde cette pierre devant toi. Merlin l’Enchanteur y est endormi depuis mille ans.
- Nous allons voir d’autres dolmens, demanda Edouard, la voix pleine d’excitation ?
- Non, notre découverte s’arrête là. Mais sache qu’il existe encore beaucoup de pierres vivantes. Au fond de la fontaine de Margate se trouve une pierre blanche, la pierre du déluge, qui déclenchera l’inondation du pays entier si on la sort de l’eau. Quant à la pierre de la fin du monde, elle se trouve à Dol-de-Bretagne : il s’agit du menhir de granit rose du Champ-Dolent, qui disparaît progressivement sous la terre. Cinq mètres se sont déjà enfoncés sous terre et la fin du monde interviendra lorsque la pierre sera totalement ensevelie. Maintenant, Korr et moi allons te présenter quelques habitants de Féerie.
- J’ai cru comprendre que je ne tombais pas à point nommé ?
- Effectivement. Viens, nous allons te montrer. Tu peux emmener ta chose, dit Korr en se tournant vers Jack avec un air de mépris dans les yeux.

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Après une heure de marche, Korr s’arrêta. Sirrah souleva une énorme feuille et là, sous les yeux ébahit d’Edouard, apparue une petite clairière toute baignée de lumière et envahie d’oiseaux multicolores. Au centre, un immense chêne, véritable palais éclairé de mille et une lumières.
Un être de petite taille avec une paire d’ailes dans le dos s’approcha d’eux et se mit à tournoyer dans les aires. Edouard la suivit jusqu’à une marre. Et là, quelle ne fut pas sa surprise ! Plusieurs groupes de fées faisaient frénétiquement des cercles, sur l’eau et sur l’herbe, éclaboussant de poudre de fées nénuphars et fleurs. Des êtres ressemblant fortement aux korrigans, quoique plus gros et avec des joues bien plus rouges, se pressaient autour de gros chaudrons. Un air de panique semblait avoir gagné tout ce petit monde.
- Nous devions nous marier Korr et moi, expliqua Sirrah, mais Gaby a disparu. Depuis, la folie semble s’être installée dans tout le royaume. Avant de t’expliquer, je vais te présenter mes amis. Voici Elfia et Gernolf.
- Nous, les fées, commença Elfia, sommes des élémentaires de la nature. Nous avons souffert de l’arrivée de la nouvelle religion. Les gens ont commencé à nous oublier. Dès qu’un enfant cesse de croire en nous, il y a quelque part une petite fée qui meurt. Nous avons trouvé refuge près des fontaines enchantées et dans les forêts reculées. Nous attendons la nuit pour sortir. Nous avons de nombreux pouvoirs magiques comme celui de nous transformer à notre guise en animal, en être humain ou en élément de la nature. Nous vivons au creux des arbres, dans la demeure des animaux ou dans les fleurs dont nous pouvons prendre l’apparence dès que l’on aperçoit un humain.
Nous aimons ce qui est beau et qui brille ; est pourquoi des humains arrivent à nous attraper. Il existe des pièges à fées qui consistent à mettre à la vue de tous un magnifique bijou. Ne pouvant y résister, nous sortons de notre cachette et pouvons alors nous faire prendre. Nous adorons danser sous la lune. Les cercles de fées sont les seules traces que nous laissons sur notre passage. Si tu en découvres un, je te conseille de te mettre en son centre et de formuler un vœu. Nous laissons dans nos danses tomber un peu de poudre. Si quelques grains de poudre de fées restent, tu auras la chance de voir ton vœu se réaliser.
- Nous, les Leprechauns, coupa Gernolf, aimons beaucoup les petites fées, surtout celles dans le genre d’Elfia.
- Que dirait ton roi sur ta façon de te comporter avec moi !
- Ne fais pas l’offensée Elfia, je suis sûr que tu ne serais pas contre si je te faisais quelques propositions.
Sous le regard courroucé de la fée, Gernolf ne pu retenir un éclat de rire.
- Très bien, reprenons. Où en étais-je… ? Ah, oui. Nous avons la particularité de posséder une canne magique qui nous permet de faire apparaître un arc-en-ciel par lequel nous nous déplaçons d’un lieu à un autre. Nous sommes également très rapides à la course malgré notre corpulence. Nous ressemblons énormément à nos cousins korrigans mais nous avons un pouvoir qu’ils n’ont pas : celui de permettre aux hommes de réaliser un de leurs vœux. Si un homme a été agréable avec nous, nous lui offrons une pièce d’or qu’il conservera aussi longtemps qu’il le souhaite. Quand lui viendra l’envie de faire un vœu irréalisable, il devra serrer sa pièce d’or et faire ce vœu. La pièce disparaîtra pour rejoindre notre chaudron géant et son vœu se réalisera. Que te dire d’autre ? Tout bon Leprechaun qui se respecte porte du vert en toutes circonstances. Nous sommes très attachés à notre mère l’Irlande et c’est pour lui prouver notre respect que nous portons sa couleur ! Nous avons pour principale activité d’être cordonnier. Certains disent que nous ne faisons qu’une chaussure par paire ou bien que nous ne nous occupons que de nos souliers à boucles. C’est bien mal nous connaître ! Nous aimons le travail bien fait et faisons nos paires de chaussures jusqu’au bout. Mais il est vrai que si un homme nous a manqué de respect, nous avons tendance à ne lui réparer qu’une chaussure sur les deux.
- Assez parlé de toi, lança Elfia. Nous avons un problème important à régler. As-tu déjà entendu parler du cheval enchanté, Edouard ?
- Je crois avoir lu cette légende quelque part, sur une carte postale peut-être…
- « Certains soirs, sur la lande de Bretagne, il arrive que l’on rencontre un cheval. Il est seul. Parfois, il galope, mais le plus souvent il vous regarde paisiblement. C’est un homme de Dieu, condamné à errer sans cesse. Evadé du Château du Diable, il est ensorcelé. Au lieu de crottins, il laisse derrière lui des Louis d’or », récita Sirrah. Mais le problème est que ce n’est pas une légende. Ce cheval, Gaby, est bien réel.
- Je ne vois pas où est le problème. J’aimerai bien tomber sur un Louis d’or, rêvassa Edouard.
- Gaby a disparu, expliqua Elfia. Plus personne ne trouve de Louis d’or. Les humains, dépités, se tournent vers les fées et les leprechauns. Nous sommes débordées et en rupture de stock de poudre de fées. Quant aux leprechauns, ça leur fait un peu de travail pour changer ! Mais tout de même, ils ne peuvent pas satisfaire tout le monde. Il y a même des grèves qui commencent à s’étendre dans tout le royaume. Les lavandières et l’Ankou réclament des congés payés !
- Vous allez un peu vite pour moi. Les lavandières me disent quelque chose, mais pour l’Ankou, je sèche.
- Tu as de la chance, la nuit tombe. Tu pourras le rencontrer.
- Mais avant, buvez ça, leur lança un korrigan en leur tendant des chopes pleines de bière. Il y a un proverbe gobelin qui dit que plus onctueuse est la mousse, meilleure est la bière. Et il a tout à fait raison !
- Je ne bois jamais de bière…
- S’il y a bien une boisson dont le Petit Peuple raffole, c’est la bière. Tu ne peux pas te permettre de froisser Féerie. Tout le monde croit que la bière a été inventée par un gobelin mais en réalité c’est par mon cousin irlandais, le Leprechaun Seanair Beag Dara. Il a cependant vendu la recette de sa fameuse boisson aux gobelins car il ne pouvait pas, disait-il, brasser cette foutue bière et la boire. Bien entendu, il préférait la boire. La bière des gobelins est un mélange de houblon et de malt, auquel on ajute une certaine quantité de trèfles et de feuilles de bruyère. Je te mets cependant en garde. Quoi qu’il arrive, ne goûte jamais les mets proposés par les fées, surtout ceux à base de bière. Ce ne sont, sous des dehors pour le moins alléchants, que des immondices les plus infâmes.

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Sur le chemin, Korr lui expliqua que si l’envi le prenait de se promener la nuit près d’un point d’eau, il devait éviter de répondre aux femmes qui y lavent leur linge. Ce sont les lavandières de la nuit.
- Je vais te parler d’elles sur le chemin qui mène à la demeure de l’Ankou. Tu ne les rencontreras pas car, même si elles sont en grève, il faut toujours se méfier d’elles. Elles sont faciles à reconnaître. Elles sont grandes, sèches, musclées et ont le teint blafard. Leurs cheveux sont si longs qu’elles s’en servent pour tisser les draps qu’elles lessivent. Elles essaient de nettoyer un linge qui n’est jamais et ne sera jamais propre car il porte le sang des personnes qu’elles tuent toutes les nuits, des pauvres malheureux innocents guidés par leur bon cœur ! Si toutefois tu réponds à leurs supplications, voila ce qu’il va t’en couter : la lavandière que tu vas aider va te tendre un linge humide et glacé qui rendra tes bras insensibles. Elle va alors se mettre à tourner son drap dans un sens puis dans l’autre pour l’essorer. Tu ne devras surtout pas regarder ses yeux car tu vas y voir un tourbillon qui va te faire perdre l’esprit et adieu ! Il faut surtout bien rester concentré sur les mouvements de ses bras et sur les tiens. Si tu veux t’en sortir, fais en sorte que le linge ne soit jamais tordu. Et essais de tenir jusqu’au levé du soleil car il les fait fuir. On te retrouvera épuisé, avec les os des bras brisés mais tu auras la vie sauve. Je n’y crois pas une seule seconde mais ça arrive ! Très rarement. Qui sont-elles ? On ne sait pas trop. Ce sont des fantômes, pour sûr ! Mais ce qu’elles ont fait exactement, on l’ignore. On dit souvent que ce sont les fantômes de femmes coupables d’infanticide ou du meurtre de leur mari. Elles doivent porter à vie, enfin à mort, le poids de leur faute. Elles doivent laver le linge de leur meurtre qui ne sera jamais blanc.
Ah, nous voici arrivés à destination, s’exclama le korrigan !
Une étrange demeure se présentait à eux. En tendant l’oreille, Edouard entendit un grincement terrible. Un homme apparu sur le seuil de la porte.
- Korr, s’exclama ce dernier ! C’est gentil de passer dire bonjour.
- Je te présente Edouard, je lui fais rencontrer les habitants du royaume.
- Tu tombes bien mal, jeune homme. Gaby se paye du bon temps et nous devons continuer de travailler ? C’est à peine croyable ! Bon, pour ce soir, je veux bien faire une exception.
- Mais qui êtes-vous en fait, demanda Edouard ?
- Je suis le serviteur de la Mort. Mon rôle est de collecter les âmes. Chaque année, le dernier des morts devient l’Ankou. Le corps change mais pas l’allure. J’aurai toujours mon grand chapeau noir et ma cape. Sans oublier ma fidèle amie, ma faux. Sans elle, pas de collecte ! J’en prends grand soin, elle coupe mieux qu’une lame de rasoir.
La lame n’est pas dans le sens habituel, comme tu peux le remarquer. Son tranchant est vers l’intérieur pour mieux attraper les âmes. Suis-moi, je vais te montrer !
Quelle horreur ! Edouard ne voulait pas voir ça mais ne pouvait refuser de peur de le contrarier. Il se décida à le suivre, accompagné de Korr, tout souriant. Tous les trois se dirigèrent vers la charrette et Edouard monta dedans avec la peur au ventre. Les chevaux commencèrent à avancer. Ils n’avaient de chevaux que leur nom. Ils ressemblaient plus à des cadavres de chevaux. Le grincement reprit de plus belle.
Au bout d’une heure de route passée à discuter, ils s’arrêtèrent. L’Ankou déroula une longue liste, pointa son doigt vers elle et lança « C’est ici ».
Il descendit de la charrette, Edouard sur ses talons, et se dirigea vers une maison. Les Portes entre les deux mondes sont parfois très minces. Il frappa à la porte mais personne ne répondit. « Comme d’habitude !» Il passa sa main au travers de la porte et, quand elle en ressortit, apparue au bout de son bras une forme fantomatique qui ressemblait à un homme. Tout de suite derrière, la porte s’ouvrit et le corps de l’homme apparut tenant son âme par un long fil de lumière.
« Ton heure est venue !» Et de son bras cadavérique, il lança sa faux. En se tournant vers Edouard, il lui dit : « Tu comprends pourquoi la lame est montée à l’envers !"
Il fit signe que oui. Et là, sous ses yeux, le corps de l’homme tomba raide mort. Tandis que l’âme s’envola paisiblement vers la charrette.
- Voilà, notre première rencontre se termine ici. A dans quelques années !
Et à l’intention de Korr :
- On se voit la semaine prochaine pour un golf !

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Edouard se réveilla le lendemain matin avec un violent mal de tête. Il avait fait un étrange rêve tout de même ! C’est alors qu’il aperçut la petite fée de son rêve penché au dessus de lui.
- Nous avons longuement réfléchi sur ton cas, lui dit-elle. Voudrais-tu nous aider à retrouver Gaby ? Nous sommes passés chez lui, il y a quelque chose d’étrange.
Edouard accepta immédiatement en se disant qu’il n’aurait pas à retourner travailler .
- Tu as accepté, lança Korr ! Nous avons découvert des rubans de soie chez Gaby. Ils ne peuvent appartenir qu’à Katell Gollet.
En prononçant ce nom, un frison parcouru Sirrah et Elfia.
- Katell Gollet, expliqua Korr, est le diable en personne. C’était une belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau.
Sa beauté, malheureusement, n’avait d’égale que la perversité de son esprit. Le comte, voulant se décharger de cette lourde tutelle, espérait bien pourtant lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Néanmoins, la belle préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage. Pour contrer son oncle, elle usa d’un subterfuge, lui faisant déclarer qu’elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d’affilée. Nombreux furent les jeunes gens du comté à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant.
L’hécatombe était telle que son oncle l’enferma dans une des tours du château. Mais Katell s’en échappa et se rendit au pardon de la Martyre accompagné d’un nouveau cavalier. Les danses s’enchaînèrent, les deux danseurs s’en donnant à cœur joie. Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l’infatigable Katell qui, prise dans le feu de la danse et de l’alcool, invoqua les puissances de l’enfer demandant de nouveaux musiciens. C’est ainsi que le diable l’entraîna dans une gigue infernale et lui fit ainsi franchir les portes du royaume des damnés.
Les amis, suivis de Jack, arrivèrent à Plougastel-Daoulas. C’est ici que la jeune fille est représentée, sur un calvaire dans la gueule de l’enfer.
Une très belle jeune femme apparue devant eux.
- Je suis Katell, dit-elle en voyant l’air surpris de ses visiteurs. Que me voulez-vous ?
- Nous recherchons le cheval enchanté.
- Gaby est un de mes seuls amis, il devait me rendre visite hier mais je l’attends toujours.
Il ne faut pas croire toute les légendes, je ne suis pas la réincarnation du diable. Je découvris Féerie à 25 ans et franchie ses Portes. Je ne pus partir de cet Autre Monde si merveilleux. Pour se venger, mon oncle inventa cette histoire et fit dresser ce calvaire. Ce mensonge ne me quitte plus malheureusement.
- Veux-tu nous aider à le retrouver, demanda Edouard ?
L’odeur de Katell lui fit l’effet d’une profonde inhalation d’essences de lierre, de mousses et de digitales mouillées. Dès qu’Edouard l’a aperçu, il a été hypnotisé. Il a su que son destin se jouait en cet instant précis, qu’elle était la mystérieuse pièce du puzzle qui manquait à son bonheur. Des coups de foudre, il en existe des milliers. Tous racontent la même chose. Une rencontre soudaine et violente qui projette les amoureux sur une autre planète où émotions, sensations et désir sont à leur paroxysme. L’effet de surprise court-circuite la réflexion et sidère la pensée. C’est comme un choc physique. Un coup sur la tête qui change les couleurs, les formes. On ne contrôle plus rien, on est propulsé sur orbite sans cesser de tourner. En un instant, les amoureux se sentent seuls au monde, sans repères. Une brûlure intense – une merveilleuse douleur – les consume. « Love at first sight », disent les Anglo-Saxons : « l’amour au premier regard », le bonheur à l’état pur. C’est un mélange d’aspects fascinants et effrayants, une mise en magie du destin, un brusque condensé des rapports de la vie et de la mort. L’autre nous touche car, soudainement, il nous apporte ce qui nous manque.
Une bande de choucas vint soudainement jacasser sur un proche muret de pierres, à moins qu’il ne s’agisse d’une nuée de Sluaghs en maraude déguisés en corbeaux pour mieux tromper le monde. Ce qui n’était pas rare au voisinage d’une Frontière. Peut-être rigolaient-ils de leurs exploits : des charrues qu’ils avaient emportées, des paysans qu’ils avaient arrachés de leurs attelages et abandonnés à des centaines de milles plus loin durant leur chasse aérienne par-dessus les champs et les villages.
- Peut-être devrions-nous nous rendre au Château de Diable, évoqua Korr. Il est peut-être retourné là-bas.

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Sur la route de Compostelle, la via Podiensis traverse un village au confluent de la Sagne et du Célé. Accroché à la haute falaise qui le domine les pèlerins peuvent apercevoir les ruines d’une forteresse. Les archives locales nous disent que celui-ci fut reconstruit par Waïffre, seigneur d’Aquitaine au VIII siècle. Dans les fermes, à la veillée, quand les paysans se retrouvent près du cantou pour le dénoisillage, ils racontent de biens étranges histoires !
Ils disent que parfois les nuits de pleine lune, une chèvre blanche apparaît aux promeneurs téméraires gambadant dans les rochers. Ils disent aussi que les murs parlent aux curieux qui osent s’approcher des ruines. C’est ainsi que l’histoire de Mariette, une jeune paysanne, circule de maison en maison.
Mariette habitait dans une chaumière, en compagnie de ses parents et de sa grand’mère. Ils vivaient de peu, travaillant pour le seigneur, faisant régulièrement les corvées et apportant au maître le produit des récoltes. En cet hiver de l’an 745, les temps sont durs : les moissons ont été maigres et la cueillette des châtaignes n’a pas rempli le coffre, les chèvres n’ont guère de lait. L’angoisse du long hiver à venir pèse lourdement sur la famille. Une vilaine toux accable l’aïeule déjà paralysée, les privations l’affaiblissent et la jeune fille cherche le moyen de lui redonner des forces. Elle sort et emprunte le sentier escarpé qui mène au domaine. Au château, la fête de Noël bat son plein. Dans la plus grande salle éclairée par les flammes de la cheminée, le seigneur et ses compagnons d’armes dans leurs plus beaux atours, font ripaille. Les nombreux plats se succèdent, rires et badinages résonnent, une longue nuit joyeuse s’annonce. Soudain la porte s’ouvre : un archer pousse devant lui la jeune bergère apeurée. Vêtue de hardes, pieds nus, elle est cependant très belle. Les yeux des hommes brillent, le vin servi en abondance a échauffé les esprits.
- - Qui es-tu? Que puis-je faire pour toi demande le suzerain.
- - Je suis la petite fille de Jeanneton, j’habite près du ruisseau, ma grand-mère va mourir si vous ne l’aidez!
- - Belle enfant, approche que l’on te voie mieux!
- - Tremblante, Mariette avance lentement.
- - Belle enfant, j’aiderai la vieille, te couvrirai de bijoux et tu seras ma maîtresse!
L’homme s’avance, les mains tendues pour l’enlacer, une lueur lubrique dans les yeux. Les convives ricanent, Mariette comprend l’intention du seigneur, elle veut s’enfuir mais la porte est fermée. Paniquée, elle ouvre la fenêtre et se jette dans les eaux glacées et tumultueuses du Célé.
Dans le silence qui suivit on entendit un faible cri et la rivière engloutit l’enfant. Jamais on ne retrouva son corps. On dit que deux anges conduisirent au ciel l’âme pure de la bergère. Au matin des hordes venues d’on ne sait où, envahirent la contrée. Terreur et désolation régnaient dans les campagnes. Gardes et guerriers périrent et le seigneur vit sa forteresse brûler. Lui-même frappé à mort, fut jeté dans le Célé. Le château s’appela désormais château du diable.
C’est depuis cette époque, par les nuits de pleine lune que l’on peut parfois apercevoir une chevrette blanche, tout en haut dans les rochers. On ne sait d’où elle vient, on ne sait où elle va, nul ne peut s’en approcher
Est-ce l’âme de Mariette qui revient hanter les lieux d’où elle s’est envolée, un soir de Noël?
Le duc essaya de contenir l’invasion sarrasine et s’opposa aux francs barbares de Charles Martel puis de son fils Pépin le Bref. En 745 Waïffre reconstruisit la forteresse.

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Elfia proposa plutôt de retourner chez Gaby et de chercher des indices. Proposition qui fut aussitôt acceptée. Personne n’avait envie de se rendre au Château du Diable.
Il régnait un considérable désordre quand Edouard, Korr, Elfia, Sirrah, Katell et Jack pénétrèrent dans la demeure du cheval enchanté. Foin, pommes et carottes étaient dispersés dans toute la stalle comme si il y avait eu une lutte.
Sirrah poussa soudain un cri strident. Elle venait de découvrir une poignée de crins noirs.
- Je ne connais qu’une créature de Féerie possédant de tels crins…seulement ce n’est qu’une légende, elle n’existe pas !
- Sirrah, lui dit Edouard, tu es aussi une légende. Qui que soit cette créature, je suis sûr qu’elle existe.
- C’est une licorne noire, expliqua Korr. La terrible Licorne Noire est la plus maléfique des licornes. Sa robe est d’un noir de jais, tout comme ses crins, tandis que ses yeux sont d’un rouge brûlant.
La corne de la licorne noire, tout aussi noire que son poil, est empoisonnée. Toute personne touchée par cette corne est paralysée et risque l’arrêt cardiaque.
Sa gueule est dotée de deux rangées de petites dents effilée.
La licorne noire est carnivore et, de plus, cette espèce possède l’habitude de commencer à se nourrir alors que ses proies ne sont pas encore mortes.
Vivant dans les forêts, elle se consacre à souiller et à détruire son environnement autant que possible.
Mais nous n’en avons encore jamais vu, c’est pourquoi personne n’est sûre qu’elle existe vraiment.
- Il faut se mettre à sa recherche, déclare Katell, je ne laisserai pas Gaby dans ses maléfiques sabots.
Les six amis se préparèrent pour un long voyage. Ils emportèrent nourritures, bières et whisky.

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L’hypothétique demeure de la licorne noire se trouvait au cœur de Brocéliande. Les amis devaient tout d’abord traverser le Pont du Secret.
C’est au pied de ce pont enjambant l’Aff que le chevalier Lancelot et la reine Guenièvre se seraient avoués leur amour. Le roi Arthur, au faîte de sa gloire, choisit Guenièvre pour épouse. Il dépêche son meilleur chevalier, Lancelot du Lac, pour escorter la jeune femme au travers de la forêt de Brocéliande, jusqu’à Camelot pour les noces. Ils chevauchent côte à côte, et sur le Pont du Secret, Guenièvre ose demander à Lancelot : ’Seigneur qui est ta Dame ?’
Et c’est là que Lancelot lui répond : ’C’est vous ma Reine et pour l’éternité...’
Ils prirent ensuite le chemin en direction du Château de Comper. Comper était la demeure de Viviane où fut élevé Lancelot. Le Grand Étang cache aux yeux des curieux le château de cristal construit par Merlin pour sa belle élève. On dit que c’est le Lac de la Fée Viviane…
Leur route les conduisit au Miroir aux Fées. C’est un lac où cinq fées ont vécu à l’intérieur en jurant l’une a l’autre quelles ne regagneraient pas la surface, jusqu’au au jour où l’une d’entres elles tomba amoureuse d’un mortel. Les autre fées les virent et décidèrent de tuer l’homme. Quand la fée revint au lac elle devina ce que les autres avaient fait et elle les tua. Elle resta à dès lors à l’intérieur. Maintenant, si une fée voulait lire l’avenir elle devait payer son droit avec un grain de blé. Le nom de miroir lui a été donné car la forêt qui l’entourait était tellement dense que le vent n’y passait pas, rendant la surface de l’eau tout à fait immobile.

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Les amis s’attendaient à découvrir une demeure du chas, encerclée de flamme répandant autour d’elle une odeur de cendre et de mort.
Ce qu’il découvrir ressemblait à une petite chaumière. Une allée bordée de roses menait à la porte d’entrée. Nouées aux rubans de brume s’entremêlaient des odeurs de sous-bois, de fougères et de tourbe fumée qu’Edouard aurait aimé garder emprisonnées dans un flacon de verre. C’eut été capturer un peu de charme distillé de ces fées farouches qui régnaient sur les légendes.
Le déboucher ensuite, en verser quelques gouttes sur le papier aurait permis d’ajouter la fragrance magique à ses souvenirs. De rendre plus réelles encore ces images, ces fragments d’existences dérobées à l’Ailleurs.
Edouard se pencha sur une vieille pierre effeuillée par le temps, toucha du bout des doigts les lettres gravées à moitié rognées par les ailes du vent, à moitié effacées par les lichens et les mousses vert de gris, gris de rouille, vert de souffre et d’infinis.
Chez Lucien Kirk,
La licorne noire
- Nous y sommes, mais cela ne ressemble pas à l’idée que je me faisais de chez la Licorne noire, déclara Korr.

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Un cheval et une magnifique licorne noire apparurent sur le pas de la porte.
- Korr, Sirrah, s’exclama le cheval enchanté ! Je ne m’attendais pas à vous voir !
- On te cherche partout depuis des jours, s’énerva Elfia.
- Je suis parti quelques jours chez mon ami Lucien, dit-il en se tournant vers la licorne. Je voulais peaufiner le cadeau de mariage que je destine à Korr et Sirrah.
Tu n’as pas reçu mon mail, Katell ?

Le Whisky et la bière coulèrent à flot toute la nuit. Le Petit Peuple avait découvert en Katell et en la Licorne Noire deux nouveaux amis.

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Six mois plus tard…
Edouard poussa les lourds portants d’acajou qui donnaient accès à sa librairie. Il pressa un commutateur. Les rampes de cuivre à l’ancienne qui éclairaient es étagèrent autour de la salle s’allumèrent, révélant des rangées de vieux livres et de manuscrits. Edouard respira avec délices l’odeur de vieux cuir, comme s’il se fût s’agit d’un air frai aux essences balsamiques.
Finalement, sa mère n’avait pas si mal pris son départ de la société. Il n’avait pas les épaules assez solides pour en assurer la direction. Il passerait désormais ses journées auprès des livres, dans cette odeur de bois et de vieux papiers qu’il aimait tant.
Cependant, il n’arrivait pas à chasser l’image de Katell de son esprit. Il aimerait tellement la revoir. Ce qu’il ressentait le déstabilisait. Elle lui manquait, il ne supportait pas son absence, il la cherchait du regard dans la rue, elle était dans sa tête chaque fois qu’il relevait les yeux de ses livres. La reverra-t-il un jour ? Il se consumait un peu plus chaque instant dans cette incertitude. Le doute n’était plus permis et pourtant il doutait ... Jouir de chaque instant lui paraissait alors impossible car cette attente lui rongeait l’esprit.
Le carillon de l’entrée tinta, et la porte s’ouvrit. Edouard se figea, Katell venait d’apparaître devant lui…
Mar 17 Nov 2009, 21:33 par Elixane sur Mille choses

Pas de retour. chapitre 4 (premiere partie)

Chapitre 4

Aéroport de Changi, Singapour – Au grand étonnement de Patrick, les formalités de contrôle des passeports furent très rapides et plutôt agréables. « Ca nous change de l’Europe », se dit-il. Cependant que lui et ses quatre élèves marchaient vers les tapis roulants pour récupérer leurs bagages, le petit Victor s’exclama :
- « Regardez ! Mon sac est déjà là !
- Le mien aussi ! », applaudit Ali.
« Efficace, avec ça ! », pensa Patrick, tout en regardant Victor courir partout, tel un furet. Tendrement, il se remémora sa première rencontre avec ce garçon âgé maintenant de 12 ans. Il y avait cinq ans. Déjà.

Ce jour là, Victor et ses parents pénétrèrent timidement dans l’établissement, juste avant que l’entraînement général ne débute. Patrick, déjà vêtu de son dobok, les accueillit. Il remarqua tout de suite le manque d’assurance des deux adultes qui se reflétait également chez le petit blondinet, agrippé à la main de sa mère, l’air déterminé à ne pas vouloir la lâcher, même en échange de tous les bonbons du monde ! Patrick s’évertua à les mettre à l’aise et chercha à comprendre quelles étaient les motivations des parents. Ceux-ci expliquèrent, hésitants, que leur petit garçon était d’une timidité maladive, qu’il n’osait jamais s’exprimer librement, que ce soit à la maison ou à l’école. De fait, il avait peu ou pas d’amis et il passait le plus clair de son temps, seul, lisant des tonnes de livres de son âge. Un ami leur avait conseillé de l’inscrire à un club d’arts martiaux, quel qu’il soit, afin de lui permettre de développer une certaine confiance en soi qui lui faisait manifestement défaut. Patrick avait déjà eu affaire à ce genre de cas. Il avait su, à force de patience et de psychologie, faire ressortir les points forts de ces enfants et leur démontrer qu’ils ne devaient pas craindre de les mettre en valeur. Ainsi, au cours des années, Victor s’était complètement transformé. Il était devenu un préadolescent sûr de lui et de ses possibilités, n’hésitant plus à exprimer ses émotions. Malgré son jeune âge, il adorait assister les entraîneurs des tout petits et prenait plaisir à l’instruction. Patrick lui avait donné cette responsabilité, sachant pertinemment que cela permettrait à Victor de continuer à s’épanouir. « C’est en enseignant qu’on apprend le mieux. » répétait-il à ses ceintures noires pour les convaincre d’aider les entraîneurs. Et, en effet, Victor avait beaucoup appris. Sur lui-même. La participation au tournoi de jeunes pratiquants comme Victot faisait aussi partie de la stratégie de Patrick. Il s’avéra que l’enfant était naturellement doté des qualités physiques requises par le taekwondo. Le travail technique qu’il avait accumulé au cours de ces années d’entraînement lui permettait de figurer parmi les meilleurs combattants de sa catégorie d’âge. Ses résultats en tournois, accompagnés des félicitations de son mentor ainsi que de l’admiration de ses camarades, n’avaient pas manqué de le convaincre qu’il pouvait réussir dans ce qu’il entreprenait. Mais, le plus étonnant pour Patrick était de constater l’évolution simultanée des parents de Victor. Ceux-ci étaient devenus plus affirmatifs, beaucoup moins timides dans leurs échanges avec lui, moins craintifs en apparence. « Et ils ne pratiquent aucun art martial, eux… Trois transformations pour le prix d’une ! Non seulement Victor a changé mais il a aussi, et sans le savoir, influencé ses propres parents… », s’amusa-t-il intérieurement.

Quant à Ali, le problème avait été tout autre. Ses parents, issus de la troisième génération d’immigrés, avaient réussi à percer ce mur invisible dressé par la société à cause de leurs origines. Ils étaient jeunes, formaient un beau couple et respiraient le bonheur. Lui était cadre dans une compagnie d’assurances et elle dispensait des cours d’informatique pour le compte d’un organisme de formation professionnelle. A la naissance d’Ali, un an après leur mariage, ils furent fous de joie et tous les membres de leurs grandes familles, de Paris à Oran, devinrent hystériques. « Un cadeau d’Allah ! » avait proclamé un oncle d’Oran, toujours volubile. Le grand père d’Ali n’avait pas hésité, déclenchant le courroux de son épouse, à déclarer à son rejeton : « Tu as toujours été ma plus grande fierté, mon enfant. Maintenant, avec la naissance de ton propre fils, je sais que jamais je ne pourrai être plus heureux. Alors, si Dieu veut que je meure maintenant, je suis d’accord ! »

Au fil des mois, puis des années, les géniteurs comblés s’aperçurent que quelque chose clochait chez Ali. Dans son comportement, très agité, souvent impulsif ; à l’école, où il avait énormément de mal à suivre. Ses parents s’en inquiétèrent très vite et consultèrent un généraliste. Celui-ci, après examen de l’enfant, pronostiqua un TDAH (Trouble de Déficit de l’Attention Hyperactivité) et demanda aux parents de voir un spécialiste afin de confirmer la découverte et, surtout d’en définir le degré. Ce qu’ils firent. Et ils apprirent que leur enfant était, en effet, atteint du TDAH, à un degré élevé. Mais le spécialiste se montra rassurant car le problème avait été détecté assez tôt et il proposa un programme spécifique pour Ali, à base d’homéopathie (il était contre les médicaments, qu’il considérait trop invasifs pour un enfant de 6 ans) et d’approche psychosociale. « Mais le plus important pour Ali reste l’amour que vous lui portez et votre soutien sans faille. », avait prévenu le professeur. Justement, de l’amour, pour leur enfant, ils en avaient à revendre ; de même que toute leur famille ! Aussi, loin d’être abattus, soulagés, même, de pouvoir mettre un nom sur le problème, les parents d’Ali étaient plus que déterminés à aider leur fils. Lorsque la maîtresse d’Ali fut mise au courant du trouble de son élève, elle recommanda à sa mère de l’inscrire au club de taekwondo de Patrick Brun, leur assurant que cela pourrait grandement contribuer à l’amélioration de leur fils. Prudents, les parents demandèrent conseil au spécialiste qui ratifia cette suggestion : « Pratiquer un sport, qui plus est un art martial, est une excellente démarche dans le cas du petit Ali. En effet, pour lui, apprendre en étant assis derrière un pupitre est un vrai calvaire. S’il peut apprendre tout en déversant son trop plein d’énergie, il aura moins de difficultés à garder son attention. Un art martial offre, en plus, un cadre très structuré, basé sur des règles et des codes précis que personne ne peut enfreindre, y compris un enfant atteint de TDAH. Aussi, Ali apprendra plus facilement les conséquences de ses débordements éventuels et, inconsciemment, ajustera son comportement en fonction. »

C’est ainsi que Patrick reçut Ali au sein de son club et participa – non sans mal – aux progrès lents mais incontestables de l’enfant. Aujourd’hui, Ali avait 18 ans. Patrick le regardait récupérer son sac et aider Mathilde à en faire autant. Grand, musclé, souple : un corps de félin. Calme, souriant, confiant, patient, toujours à l’écoute : un grand frère à qui on veut confier toutes ses peines ; vers qui on se tourne pour partager ses joies ; quelqu’un dont on veut gagner l’amitié, à jamais. « Où es-tu passé, petit Ali de 6 ans ? », s’interrogea Patrick. « Tu nous as fait souffrir, mes entraîneurs et moi. Tu nous as tournés en bourriques tant de fois. Tu étais insaisissable. Tes camarades d’entraînement te détestaient car tu étais différent. Tu étais incapable de reproduire une poomse correctement… Et, petit à petit, tu as laissé la place à quelqu’un qui est finalement devenu ce jeune homme : un instructeur occasionnel adoré par ses étudiants. Un champion de taekwondo. Et, pour couronner le tout, un brillant étudiant qui finit sa deuxième année de médecine. Alors, c’est avec plaisir que je te dis : « Adieu, petit Ali de 6 ans… Et je suis content que tu aies laissé ta place à cet Ali de 18 ans, promis à un brillant avenir. Le joyau de sa famille, si aimante… » .
Jeu 12 Nov 2009, 12:07 par Arthis sur Mille choses

C’était le printemps

Je t’ai aperçu un beau jour de printemps
Déjà mon cœur te devins dépendant
C’était sans doute le jour le plus important
Quand le temps c’est arrêté pendant un instant
Ton visage parfait te donnait l’allure d’un enfant
Le regardait n’était plus une envie mais une obsession
Après, ma vie s’est transformée en un feuilleton
Toujours la même image, toujours la même passion
Quand tu parle, moi je crie pour que tu m’entend
Quand tu marche, moi je cour interminablement
Rien que pour sentir ton odeur de femme charmant
Je serais ton esclave enchaîné dans ton rêve insolant
Avec ton regarde aussi vaste que l’océan
Ainsi que ton sourire broder comme un feston
Tu ma fais renaître de ce corps de charbon
Et avec tes flammes tu la brûlé tel un volcan
Le vent d’été souffle et me prive de la belle saison
Qu jadis te revoir était ma seule raison
Aujourd’hui ta présence me manque terriblement
Et le charme de ton visage rayonnant
Sache que mon cœur t’appartient éternellement
Toi qui l’as libéré de tout ces sentiments
Jeu 12 Nov 2009, 09:45 par Radski sur Parler d'amour

Il suffit d'un mot

Il suffit d’une fleur ou d’un regard, d’un sourire ou d’une larme, il suffit d’un rien ou peut être d’une chose ou tout simplement d’un mot que j’aimerais te dire, ici et ailleurs, encore plus qu’hier, je t’aime.
Jeu 12 Nov 2009, 08:52 par Radski sur La déclaration d'amour

Les aveux

Trois mots hors du commun
Pour celle dont tu tiens la main
Aveu timide d’un sentiment
D’un corps désormais vibrant
Promesse d’une autre dimension
Pour se laisser aller a la passion

Lorsque je suis face à toi
J’ai enfin le cœur qui bat
Il me vient alors cette envie
De t’avouer ces mots que je fuis
Arrêter un instant de respirer
Et réussir à te murmurer...

Certains le disent pour te faire plaisir
Quant ils le lisent dans ton désir
Par le passé j’ai vécu cette maladie
Le résultat fut mon cœur meurtri
J’attends d’être submergé
Pour oser demain te l’avouer

Lorsque je suis face à toi
J’ai enfin le cœur qui bat
Il me vient alors cette envie
De t’avouer ces mots que je fuis
Arrêter un instant de respirer
Et réussir à te lâcher...

Ces mots tabous inexprimés
Dans une autre langue les révéler
Perçois le de mes mains
Et ce jusqu’au petit matin
Si mes yeux pouvaient parler
Ils te l’auraient surement crié

Lorsque je suis face à toi
J’ai enfin le cœur qui bat
Il me vient alors cette envie
De t’avouer ces mots que je fuis
Arrêter un instant de respirer
Et réussir à te crier...

Accepter de tomber la carapace
Il y a souvent des conséquences hélas
Mesdemoiselles vous les prenez
Comme si c’était pour l’éternité
Associé trop vite à des toujours
Sauras tu le prendre juste pour un jour

Lorsque je suis face à toi
J’ai enfin le cœur qui bat
Il me vient alors cette envie
De t’avouer ces mots que je fuis
Arrêter un instant de respirer
Et réussir à le libérer...
Je...

Je ...............
Lun 09 Nov 2009, 12:24 par Loyd sur La déclaration d'amour

Pas de retour.

Chapitre 1

En sueur et essoufflé, Arthur n’en avait pas moins le sourire.

Un sourire franc et lumineux, qui ne manquait jamais d’étonner. Si Patrick Brun le connaissait bien, ce sourire, jamais il ne s’en lassait. « Décidément - pensait-il en regardant son élève - ce gosse a tout pour lui : talentueux, intelligent, gentil comme tout, beau gosse et jamais la grosse tête. Comme j’aimerais qu’ils soient tous comme lui… »

Patrick Brun était instructeur de taekwondo depuis une quinzaine d’années, déjà. Il avait la chance d’exercer son métier par passion et non pas, uniquement, pour recevoir son chèque en fin de mois. A l’âge de 20 ans, désœuvré comme la plupart de ses acolytes de la cité, il a découvert le taekwondo par pur hasard, dans un minuscule dojang (nom donné aux centres d’entraînement dédiés) de sa ville, Bagnolet. Le maître des lieux était un Coréen, ne payant pas de mine, sachant au plus 10 mots de français mais qui excellait pour communiquer la technique et la philosophie de cet art martial. Dès sa première session, Patrick sut que le taekwondo ferait partie intégrante de sa vie, comme la drogue, l’alcool ou la violence gratuite formaient le lot quotidien d’une grande majorité des jeunes de son âge. Il avait trouvé sa voie et avait investi sa vie dans la pratique de cet art qui commençait a peine à se développer, à l’époque. Il participait aux tournois organisés en France et en Europe et gagnait très souvent. Il a même eu l’occasion de séjourner en Corée du Sud pendant un mois et de se mesurer aux champions du coin. Il avait été loin d’être ridicule et son Maître - qui l’avait accompagné pour le voyage - même s’il ne disait rien était fier de son disciple et du fait d’avoir reçu les félicitations des grands pontes de la World Taekwondo Federation pour le travail accompli hors des frontières. A 25 ans, Patrick Brun a décidé d’arrêter la compétition pour se consacrer à l’instruction. Il avait repris le dojang de son Maître - reparti dans son pays - et l’avait développé, avec le succès grandissant du taekwondo en Occident.

Par le biais de son Club, Patrick avait éduqué des centaines d’enfants, leur évitant ainsi de tomber dans les dérives trop faciles des cites ouvrières, et sorti certains d’entre eux pour alimenter son département « Elites », dédié spécifiquement à la compétition. Le nombre de médailles gagnées dans les différentes catégories de jeunes l’avait définitivement aidé à recruter de plus en plus d’élèves. A 40 ans, il vivait plutôt bien de son activité et pouvait dédier 80% de son temps au suivi des « Elites », laissant la formation de base aux mains expertes de ses différents instructeurs.

Arthur était la vedette de ce groupe d’élites, composé d’une vingtaine de pratiquants de haut niveau, âgés de 10 à 20 ans. Il pratiquait depuis l’âge de 5 ans, poussé par ses parents qui croyaient dans les vertus des arts martiaux. Très tôt, Arthur avait montré des dispositions physiques exceptionnelles pour le Taekwondo : souplesse, puissance, rapidité et coordination. A cela s’ajoutait un mental très fort, malgré son très jeune âge. Fait exceptionnel, il n’avait jamais perdu un tournoi auquel il avait participé, aussi bien en France que dans les autres pays d’Europe. Depuis l’âge de 10 ans, il avait récolté 50 médailles d’or !

Bien entendu, ce parcours ne s’est pas réalisé sans sacrifices. Encore , à 15 ans, il s’entraîne deux heures, après l’école ; sans compter sa participation à l’instruction des plus jeunes que Patrick impose a toutes les ceintures noires. « Les arts martiaux vous ont apporté, entre autres, une philosophie de la vie. Maintenant, c’est à vous de redonner un peu au taekwondo. Et cela passe par l’instruction », aimait-il à répéter. Mais Arthur ne se plaignait pas de cette discipline. Il adorait les compétitions et découvrait, depuis 2 ans, les joies et bienfaits personnels de l’instruction.

La salle d’entraînement était lumineuse et spacieuse. Quatre tatamis bleus de 9mètres carrés divisaient l’espace. Des punching bags pendaient à différents endroits et l’on pouvait entendre le bruit mat de chaque coup de pied lancé par les autres élites, en plein effort. Des appareils de musculation tout neufs trônaient dans le fond, à gauche, à côté du bureau de Patrick. Les murs blancs recevaient des cadres montrant toute une série de personnages, dont le créateur coréen des lieux, Grand Maître Park Chung-hee et certains jeunes champions du Club – dont Arthur. A droite de l’espace, vers la zone de sparring, les murs présentaient 5 cadres rapprochés, chacun définissant (en hangul – alphabet coréen – et en français) une des 5 vertus du taekwondo : respect, maîtrise de soi, esprit indomptable, humilité et persévérance. Patrick insistait énormément sur ces concepts, à chacune de ses sessions d’entraînement. « Je ne veux pas donner des armes à un futur criminel », répétait-il. « Si vous ne respectez pas et n’implémentez pas ces vertus, ici et dans la vie en général, vous pouvez partir » clamait-il à tous ses étudiants et il soulignait plus particulièrement la notion de « respect », qu’il estimait comme étant la base d’un homme honnête. La salle bénéficiait de plafonds très hauts, amplifiant cette impression de grandeur.

- Alors, c’est bien vrai, coach ? Je pars pour Singapour ?
Patrick sourit, content de son effet.
- Oui, mon petit gars. Tu pars avec trois autres combattants et, bien sûr, moi. Et, je te l’ai déjà dit : arrête de m’appeler « Coach ».
- Oui, co… Euh… Patrick… C’est vraiment génial !
- Le tournoi débute dans quinze jours. Comme d’habitude, j’ai concocté un programme spécifique pour vous quatre. On commence demain.
- Pas de problème. Je serai prêt ! Au fait, qui sont les trois autres ?
- La Fédération a retenu notre club pour ce tournoi international et j’ai choisi Victor, Ali et… Mathilde…
Patrick avait fait exprès de temporiser avant d’annoncer la participation de Mathilde. Il savait bien qu’Arthur avait plus qu’un faible pour cette jeune fille qui, de son côté, ne semblait pas indifférente. Mais, à 15 ans, on ne sait pas trop comment exprimer ce genre de sentiments, tellement nouveaux…

Le visage d’Arthur s’était illuminé à l’évocation du nom de Mathilde, ce qui ne faisait que confirmer l’observation de Patrick.

Chapitre 2

Michael Ong observait l’effervescence qui régnait au siège de la STF (Fédération Singapourienne de Taekwondo). Il savait que le tournoi international débuterait dans quinze jours mais, en tant que membre de la commission d’organisation chargé de la sécurité, il n’avait aucune inquiétude à avoir : son pays était l’un des plus sûrs du monde et tout était déjà mis en place. Cela n’avait présenté aucune difficulté. En effet, sa qualité d’inspecteur du département des investigations criminelles lui permettait de faire bouger ses relations internes plus vite que n’importe qui d’autre…

Michael faisait aussi partie de la fédération en tant que détenteur d’une ceinture noire 4eme dan et instructeur au sein des forces de police. A l’occasion, plus jeune, il avait représenté son pays dans quelques tournois militaires et intra forces de police mais cela ne l’avait jamais vraiment intéressé. Ce qui le passionnait, dans le taekwondo, c’était l’aspect art martial plutôt que le côté sportif. Et, à bientôt 40 ans, il était toujours aussi engagé dans sa quête perpétuelle.

Il vit arriver vers lui Lee Boon Tat, le responsable des inscriptions. Michael perçut tout de suite son anxiété.

- Michael, je peux te parler un instant ?
- Bien sûr. Tu m’as l’air soucieux… Des problèmes avec les participations ?
Boon Tat avait le regard fuyant et Michael n’aimait décidément pas ça…
- Oui, il y a quelque chose qui me perturbe avec les inscrits…
- Quoi ? Un pays indésirable a fait une demande de participation ?
- Non, le problème vient plutôt d’ici…
Michael ne manqua pas de marquer son étonnement.
- Ici ? Dis m’en plus... Je ne vois pas, là…
- 3 athlètes du club de Geylang se sont inscrits.
- Comment ? Mais qui a permis à ces voyous de participer au tournoi ?, s’emporta Michael.
- Ils sont affiliés à la fédération et les combattants sont licenciés. Personne ne peut leur interdire de participer.
Pendant que Boon Tat parlait, Michael repensa au Geylang Fighting Team. Il se remémora les différents problèmes occasionnés par la plupart des membres de ce club, non seulement lors de tournois locaux mais, aussi et surtout, dans la rue. Le Geylang Fighting Team était notoire pour les activités illégales de ses membres : racket, prêts usuriers, contrôle de la prostitution (Geylang est LE quartier abritant la prostitution, à Singapour), trafic de cigarettes, etc… En clair, il s’agissait d’un gang bien connu des services de police. Michael les a connus lorsqu’ils ont participé à leurs premiers tournois, démontrant leur mépris des règles de fair play et n’hésitant pas à s’en prendre aux arbitres, juges ou adversaires quand les décisions ou l’issue des combats leur étaient défavorables.

Bien entendu, très vite, la fédération avait pris la décision officieuse de bannir le club mais la police lui avait demandé de n’en rien faire, arguant du fait que tant qu’ils participaient aux divers tournois organisés à Singapour, il serait plus facile de les observer. A partir de cette intervention du gouvernement, la fédération n’avait plus son mot à dire sur le sujet… De leur côté, les policiers, dont Michael Ong, avaient pris le problème à bras le corps et avaient opéré un nombre impressionnant d’arrestations mais cette activité n’avait jamais eu pour effet de désorganiser le gang qui continuait à sévir grâce au recrutement permanent de nouveaux membres, tous adeptes de taekwondo.
- Bon ! fit Michael. Je vais en parler au président de la fédération.
Boon Tat ne put réprimer un sourire de dépit.
- Je l’ai déjà vu, Michael. Il ne peut rien faire. C’est lui qui m’a demandé de voir ça avec toi… Apres tout, c’est bien vous qui avez refusé de les bannir, non ?
Boon Tat avait raison et Michael ne pouvait que l’admettre, même s’il avait été contre cette intervention de ses supérieurs.
- OK, Boon Tat. Je vais en référer à mes chefs. Je vais voir si on peut faire quelque chose. Entre-temps, as-tu la possibilité de retarder leur inscription ?
- Tu plaisantes ? La clôture a lieu ce soir !
Michael pestait intérieurement. Il pensait pouvoir regarder tranquillement le tournoi et le voilà, maintenant, à devoir gérer une situation potentiellement dangereuse…
- Qui sont les athlètes inscrits ? demanda-t-il.
Boon Tat se décida, finalement, à regarder Michael droit dans les yeux.
- Min Yi Er, Gopal Sanchin et… Azhar…
« Ben, voyons ! » réagit Michael en entendant le dernier nom. Azhar était le bras droit du chef de gang, l’exécuteur des basses œuvres. Il n’avait que 19 ans ! Un fou furieux, violent et, qui plus est, champion national de taekwondo. Ni Michael, ni ses collègues n’avaient encore réussi à l’appréhender. Il était assez malin pour faire porter le chapeau par un de ses hommes, à chaque intervention de la police. Cela ne les empêchait pas de savoir à qui ils avaient à faire… Mais, le pire pour Michael et beaucoup d’autres membres de la fédération, était qu’à cause de lui, Singapour détenait un triste record ; celui du premier pays au monde - depuis que le taekwondo est devenu sport olympique - à déplorer un mort pendant un tournoi dûment encadré par les règles de sécurité édictées par la WTF. Un incident qui a fait le tour du monde, au grand dam du gouvernement singapourien. « Un meurtre » corrigea Michael. Il y était. Il a vu Azhar s’acharner sur son adversaire pendant que l’arbitre, stupéfait devant tant de violence concentrée, ne savait comment réagir. Il a senti, avant qu’il ne se produise, le coup de pied circulaire qui visait la tempe de sa pauvre cible, tenant à peine sur ses jambes. Il a prévu l’issue fatale de ce dernier coup porté avec une énergie surnaturelle, avant que l’arbitre n’intervienne. Un frisson d’horreur l’a secoué avant que l’adversaire d’Azhar ne se relève pour s’écrouler, deux secondes plus tard, et ne jamais sortir d’un coma stade 4… Un sentiment de haine, fulgurant, est apparu lorsqu’il a regardé Azhar lever les bras en signe de victoire et faire un clin d’œil vers les membres de son gang qui applaudissaient à tout rompre et criaient son nom… Six mois ! Six mois que cet « assassinat » a eu lieu ! Personne n’a pu faire quoi que ce soit. Ni la fédération, ni le gouvernement. Après tout, le cadre du combat était tout ce qu’il y avait de plus légal ; les fameux formulaires de dégagement de responsabilité étaient proprement remplis et signés ; et, surtout, les associés d’Azhar avaient été très clairs auprès de la famille du défunt âgé d’à peine 17 ans… « Et, maintenant, le revoilà… », gambergea Michael. « Dans un tournoi international ! Et sil tue un adversaire étranger ? Qu’est ce qui va se passer ? Il faut que je trouve un moyen d’empêcher sa participation ! »

(A suivre...)
Lun 09 Nov 2009, 09:32 par Arthis sur Mille choses

Blues time

Joyeux anniversaire Bluetime.

Je suppose que si tu as écrit ce message, c’est dans l’espoir qu’il fasse réagir.
Alors, je réagis:)

Mais que, surtout, ma réaction ne t’offense ou n’augmente ton malaise ! Prends-la comme une marque d’intérêt...

Cher Bluetime que je ne connais pas, le malaise dont tu parles, je l’ai connu et, sans connaître tes circonstances, je crois comprendre ce que c’est que de ne pas se reconnaître dans le regard des autres, de ne plus vouloir le subir et de commencer même à le fuir...

Je pense que la torture est stérile à partir du moment où tu ne fais que te poser de mauvaises questions.
Les gens ne savent de nous que ce qu’on veut bien leur montrer.
Consciemment.
Inconsciemment.

Mais pour cela, il faut bien se connaître soi-même. Connaître ses envies, ses limites. Etre honnête avec soi. Etre en accord avec soi. C’est par là qu’on trouve la paix...

Aujourd’hui, du haut de mes 26 années, je ne dirais pas que je suis en paix avec moi mais que, de temps en temps, j’avoue, je m’aime bien :)

Fais une pause (5 min ou 5 mois), prends rdv avec toi-même, isole toi et, dans cet isolement où personne ne te regarde, sois honnête. Le risque étant qu’après, il faut assumer.
Mer 21 Oct 2009, 13:49 par Asma sur Mille choses

J'aimerais que quelqu'un m'aime quelque part

Libre d’aimer et aimer librement
Aimer sans rejet
Aimer sans phobie de la corde ou de la laisse :)

Et de ce sentiment
Aujourd’hui, je prône la gratuité !
Alors, servez-vous en !
Contrairement aux autres richesses
Il croît avec l’utilisation !
Lun 19 Oct 2009, 17:38 par Asma sur Parler d'amour

Une dernière fois!

Ce soir j’attends de me dire : « laisse partir », « s’il te plaît, laisse-le partir ».

Je me regarde terrifiée par cette image que je vois, suis-je descendue tellement bas ? Juste parce que j’ai aimé ma vie doit se consumer du fait d’un seul homme ?!
« S’il te plaît, laisse-le partir »

Je sors, enfin, ce coffre où je gardais tout de lui et d’un seul geste, sans regret, je m’en débarrasse.

Pour une fois ce n’est pas la tristesse qui s’empare de moi mais un grand soulagement.

Alors je crie : « le deuil est fini » !!! « S’il te plaît laisse le partir ». Je suis pris d’un fou rire.

Comme un film défilant devant mes yeux, je revois toutes ces lettres écrites ; tout à coup, je me trouve bête.

Je suis soulagée, mon deuil est fini. J’en ai mis du temps, mais j’y suis arrivée.

Comme si un voile sombre me recouvrait avant tout le visage, je revois les couleurs : c’est si beau !

La vie est si belle, j’ai perdu la moitié de la mienne et , je l’ai trouvée ! J’ai plus besoin de lui pour vivre, mais c’est de moi seule dont j’ai besoin, car je veux m’abreuver du peu de vie qui me reste.

J’ai la foi de celle qui soulève les montagnes, j’ai foi qu’une personne m’attend, et n’a qu’un seul désir : m’aimer et l’être en retour. Alors je te dis « s’il te plaît, s’il te plaît laisse-moi ».
Ton silence a gagné sur moi, je m’étais fait une armure mais elle a fondu.

Alors, c’estde tout cœur que je dis « adieu, tu es libre".
Ainsi c’est ma dernière lettre.
Une nouvelle page commence.
Dim 07 Juin 2009, 23:03 par coeur perdu sur Histoires d'amour

Bouteille à la mer

Ce message est une bouteille à la mer...

En amour, je suis "instinctive" et je m’en mords à chaque fois les doigts.

Je n’arrive pas à raisonner. J’agis et je le regrette souvent après. Pour des milliards de raisons: il ne me correspond pas, il me demande en mariage au bout de la 2ème semaine, il me fait souffrir, on n’a aucun avenir ensemble, on n’a rien en commun, il me dit : "Je t’aime le premier soir", etc.

Pourtant, je ne peux rien faire parce que j’ai besoin de "ressentir " les choses pour les vivre. C’est un peu animal. Je ne peux pas sortir avec un homme ou même passer le cap de "l’abordage" du dit monsieur, si je ne le "sens" pas!
Mais finalement, je me demande si c’est une bonne attitude. Est-ce que ce n’est pas moi qui "attire" ces hommes-là ?

Aujourd’hui, j’ai arrêté de "fréquenter" (mot bien lisse pour nommer la tempête de sentiments que ça peut provoquer:)) des hommes (et j’en meurs un peu chaque jour:)).

Je ne sais pas comment séduire...à mon grand désarroi.
Dois-je jouer, dois-je "tenter "et voir après (dixit une amie bien intentionnée:)), dois-je attendre le prince charmant (quitte à vieillir sur place:))?!

J’ai toujours cru que les relations étaient simples: tu me plais, je te plais, on le sent et bingbadaboum (ou pafpatapouf ou autre).
Je suppose qu’il n’y a pas de recette miracle (dommage...) mais tous les avis seront hautement appréciés !

NB:
En écrivant cela, je me suis dit "et m...(zut!), pourquoi il n’y aurait pas de recette de grand mère pour que bingbadaboum ?"
Alors, voilà ma recette de grand-mère pour MON homme (pas idéal, non, non ! Je ne veux surtout pas d’un homme idéal ! Qu’est ce que je m’ennuierai!!)
Comme toutes les recettes de grand-mère, il y a une multitude de variantes selon vos gouts.

Pour le grand amour, voici les ingrédients :
- un homme de bon gabarit (1m80 pour 80kg)
- 1/4 de douceur
- 1/4 de force
- 1/4 de sensualité
- et pour le quart restant, mélangez de l’humour, du charme (et je ne parle de celui vulgaire par lequel on désigne le physique mais bien du vrai, de celui qu’on ne voit pas mais qu’on perçoit), de la fantaisie, de la patience, du respect et un zeste de mystère.

C’est un plat qui ne se mange pas mais qui se déguste.

Bon appétit !
Jeu 04 Juin 2009, 20:20 par Asma sur Le grimoire d'amour

Bien aimé !

Oh, bien aimé!

Combien de lettres dois-je encore t’écrire ?
Combien de mots dois-je encore te dire ? Pour que tu saches que je te porte encore et encore dans mon cœur ? Tu saches que je t’aime ?

Ces phrases ne te suffisent-elles pas ? Oui, on s’est fait tu mal,
J’ai été la première et je le regrette encore, toi aussi tu as versé des larmes sur ma joue, toi qui disais ne jamais vouloir une seule larme sur ma joue.

Oui, on s’est fait du mal,

Mais ne peut-on pas repartir d’une nouvelle voie, un nouveau chemin à deux?

Est-ce trop tard pour toi ? Dis-le moi, ne veux-tu pas qu’on soit enfin heureux ? Certes, tu en doutes encore ! Aucun de mes mots ne pourront plus te convaincre car j’ai trahi ce qui était cher à tes yeux : ta confiance.

Les mots, encore les mots, ne crois tu pas que j’ai muri ? Je préfère les actes plutôt que les mots, je te l’ai dit déjà, ces mots qui t’ont blessé et auxquels tu accordais une grande importance, j’en suis désolée. Mais l’amour c’est aussi ca, se faire du mal sans le vouloir et s’aimer à en perdre la tête.

Tu as choisi le silence et je le respecte, mais moi je ne suis pas comme toi, je cris cet amour que j’ai pour toi, ici, le seul endroit où je peux encore t’écrire sans me dire : est ce qu’il lira ma lettre ?!

Bien aimé, s’il te reste encore de l’amour dans ton cœur pour moi alors viens, viens et abreuvons nous de ce qu’on appelle le bonheur, on en a bavé toi et moi,
Aujourd’hui, on n’a plus vingt ans, on est des adultes et chacun a muri.

Bien aimé, je ferme les yeux en attendant que tu m’écrives, que je te lise, car ton visage me poursuit tous les jours.

Connais-tu ma prière ? Être de nouveau avec toi !

Cher bien aimé, la fatigue me gagne et bientôt je devrais fermer cette porte qui t’es dédiée, sache, je t’aurai attendu, je t’aurai espéré, je t’aurai aimé d’un amour pur et tendre.

Je suis comme ces fleurs de cerisier que tu aimes tant, bientôt la fin du printemps, bientôt je n’existerai plus, bientôt je tomberai et fanerai, et cette porte se fermera.
Sam 30 Mai 2009, 23:01 par coeur perdu sur La déclaration d'amour

Cher frère,

Un sourire qui me vient à la bouche, puis s’enchaîne des mots et encore des mots. Cher frère, tu diras que je suis égoïste, peut être le suis-je vraiment, tu diras que je vis ma vie, que je suis celle que tu as laissée rayonnante de joie.

Non, frère pourquoi me laisser seule ? Je vois dans chaque homme ton visage, ton sourire, j’avais besoin que tu m’accompagnes encore un peu, tu prennes ma main, tu me parles comme tu le faisais avant, au lieu de ça, tu as fermé les yeux, sans plus les ouvrir, je t’ai regardé, tu paraissais si détendu, est-ce cela cette paix profonde dont on parle ?

Me regardes-tu souvent? As-tu écouté cette lettre que je t’avais lue ? Celle que tu attendais tant et qui t’aurait fait plaisir j’en suis sûre, as-tu écouté ces mots qu’elle a écrit pour toi ? Elles ont grandi, dix-sept ans déjà, t’aurais été fier d’elles, t’aurais aussi apprécié celui que mon cœur a toujours aimé, malgré cette distance, ne sois pas jaloux, cher frère, je te garde dans mon cœur jusqu’à la fin des temps.

Je sais, il n’est plus là, je sais, me voir triste t’attriste beaucoup, tu sais ! je suis de ceux qui aiment une seule fois, c’est idiot ça aussi je le sais, , je ne suis plus seule je suis entourée de ceux qui te porteront toujours dans leurs cœurs, des amies dont la seule évocation de ce mot me ravive le cœur, oui je ne suis plus seule, mais leurs présences n’arrivent pas à remplir ce vide que tu as laissé, es-tu heureux ? En tout cas, je l’espère.

Cher frère, ici les choses ont beaucoup changé, je suis sûre que tu t’aurais plu.
M’entends-tu encore ? Peux-tu me répondre ? Car l’été arrive et je suis assise devant cette porte, attendre que tu me répondes, là où tu m’avais laissée.

L’été arrive !
Sam 30 Mai 2009, 21:46 par coeur perdu sur Parler d'amour
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