La jalousie


Elle s’insère en moi
Comme un poison, dans mon sang.
Elle est pleine de colère, de peur... ;
peur de te perdre
Et de sentir que tu vas m’échapper.
Mais je ferai tout ce que je peux pour te garder près de moi,
Sans t’étouffer.
Malgré touts ces hommes qui te convoitent.
Chaque jour, je lutte sans cesse
de voir ce si fragile se briser.
Et chaque jour, je te prouverai que je t’aime et t’aimerai toujours.
Car tu es une fleur "naïve"
Qu’il faut prendre soin.
Et profiter, à chaque moment, de nos vies


caressedesyeux



Dim 28 Fév 2010, 18:02 par caressedesyeux sur Mille choses

Oiseaux de feu

Offre-moi ton corps, pour le salut de mon âme, et prends le mien. Rapprochons-nous. Laissons glisser nos mains… Eclatons nos bulles pour n’être qu’un. Que nos bouches fassent ce qu’elles veulent. Mangeons-nous, buvons-nous, laissons s’exhaler les saveurs…

Mélangeons-nous, emboitons-nous, dans tous les sens, pour le des sens et sans interdit. Soyons beaux. Soyons fous. Soyons libres… Laissons nos cœurs s’emballer.

Regardons-nous... Aimons-nous au rythme du va-et-vient de la chair, compte-à-rebours de l’extase, faisons-nous trembler.

Abandonne-toi, comme moi je m’abandonne, en un subtil équilibre.

Laissons raisonner notre plaisir, tel une vague venant lécher chaque parcelle de nos corps, chauds, rougis, ruisselants et lisses… Que nos fluides apaisent le feu, pour mieux qu’il brûle encore, avec la même intensité. Vivons dans le péché. Enivrons nous l’un de l’autre, sans retenue.

Consumons-nous, pour mieux renaître de nos cendres, tels deux phœnix à la saison des amours… Deux nids, deux cœurs, deux vies, un destin. On m’a dit que, quel que soit l’espace qui les sépare, ils se retrouvent… Si c’est de la magie, alors c’est vrai.
Lun 22 Fév 2010, 01:30 par Devetu sur Les liaisons sulfureuses

Plus l'habitude de me mettre en péril...

Plus l’habitude de me mettre en péril... Et pourtant j’ai pris le risque et la joie était là, le , la douce folie de se donner, de recevoir en retour, d’avoir l’impression d’exister, d’en vouloir plus. La vie prend de surprenants tournants, comme cela sans prévenir quand on s’en donne les possibilités... De laisser son coeur respirer !
Mais voilà, le coeur n’a pas ses raisons mais a de la mémoire... Et voilà qu’une phrase maladroite me rend malade. Le cerveau tente de venir à la rescousse pour une fois dans le bon sens, mais rien n’y fait, mon coeur bat stupidement trop vite, bat de peur ! Pour une maladresse j’en conviens, pour une mauvaise interprétation c’est sûr, mais pourquoi part-il à cette vitesse pour si peu? Douleur passée qui fait écho à une situation présente, imagination torturée de scènes absurdes, peur d’avoir donné pour rien, de tout perdre...

Ou alors tout simplement je tiens à toi...
Mer 17 Fév 2010, 21:48 par Loyd sur Mille choses

Escapade d'été

Le murmure de l’océan, ce soir d’été,
Sur la dune qui nous avait accueillis
M’avait fait entendre la mélancolie
D’un tendre moment qui finissait.

Notre si douce complicité,
Si étonnante puisque le fruit
D’une rencontre que l’on crût folie,
Pour moi valait l’éternité.

Mes lèvres ont savouré ta peau salée,
Mes mains t’ont doucement massée ;
J’aurais voulu que le temps s’arrête là
Lui qui m’apprit que mon , c’est toi.

La brise qui maintenant nous caressait
Ton corps soudain fit frissonner ;
D’émoi, ta peau dorée avait pali
Quand je murmurai : « Je t’aime, Magali ».
Mar 16 Fév 2010, 18:08 par piertiteuf sur La déclaration d'amour

Cette nuit, j’ai rêvé…

Cette nuit, j’ai rêvé…

Ton visage s’était réfugié dans le creux de mon épaule, et le contact soyeux de ta chevelure contre mon cou était délicieux. Mais j’ai senti une larme chaude glisser sur ma peau. J’ai préféré ne rien te demander, respecter ta douleur, pensant que qu’il valait mieux le silence pour que ta peine se vide un peu. J’étais partagé entre le de te sentir près de moi, en confiance absolue, et mon impuissance à trouver les bons mots pour te consoler.
Mais après tout, les attendais tu ces mots ?
Pourquoi vouloir tout consoler, il faut que les peines de la vie passent leur chemin… fût-ce à travers tes larmes…
Pourquoi vouloir tout contrôler, y compris les émotions…

Alors je t’ai tenu ainsi, longtemps, sans rien dire, alors que mes lèvres caressaient ton oreille.
Je t’ai bercé contre mon cœur, infiniment.
Jusqu’au moment où je me suis réveillé, seul… tout seul, mon oreiller mouillé de mes propres larmes. Je n’ai pas cherché à interpréter ce rêve, je ne crois pas trop à cette « science », mais j’en garderai longtemps le mystère dans ma mémoire.
Lun 15 Fév 2010, 20:58 par piertiteuf sur L'amour en vrac

"il n'est pas là"

C’est fini,
il n’y a plus d’espoir entre eux ,
Elle le sait .
Quand on aime une personne qui est
hantée par son passé,
L’avenir est risqué.

Elle s’est déjà attachée,
Elle lui a donné plusieurs années.
Elle n’arrive pas à le laisser.

Pour elle, il est l’homme de sa vie.
Il voit bien qu’elle est unique,
Et qu’elle serait une épouse fantastique,
Mais c’est avec une autre femme,
qu’autrefois il y a eu l’alchimie.

Elle devrait abandonner
Il ne faut pas forcer
Il n’est pas là (x2)
Son cœur est déjà occupé
C’est vrai que c’est dur d’aimer sans réciprocité
Il N’Est Pas Là ! (x2)
Son cœur est déjà occupé

Elle devrait abandonner
Il ne faut pas forcer
Il N’Est Pas Là (x2)
Son cœur est déjà occupé
C’est vrai que c’est dur d’aimer sans réciprocité
Il N’Est Pas Là (x2)
Y’a pas de moyens pour le ramener

Tout ce qu’elle fait est inutile .
Tous ses échecs l’ont rendu fragile.
Elle se dit qu’elle doit être incapable
de focaliser un homme sur elle ,
Vu qu’elle n’est plus toute jeune
Elle Flippe !

Mais c’est à une liane cassée qu’elle s’agrippe
Dès qu’il l’a regarde, elle kiffe .
Elle prend ce qu’il y a à prendre,
elle profite de l’instant.
Elle devrait abandonner
Il ne faut pas forcer

Il n’est pas la (x2)
Son cœur est déjà occupé
C’est vrai que c’est dur d’aimer sans réciprocité
Il N’Est Pas Là ! (x2)
Son cœur est déjà occupé
Elle devrait abandonner
Il ne faut pas forcer
Il N’Est Pas Là (x2)
Son cœur est déjà occupé
C’est vrai que c’est dur d’aimer sans réciprocité
Il N’Est Pas Là (x2)
Y’a pas de moyens pour le ramener

Les rôles seront inversés,
Qui pourra la supporter.
A son tour elle aura trop de passé,
Son cœur est infecté.
Elle pense être coupable d’avoir tout fait foirer,
Elle se met dans des états minables,
Elle se sent indésirable.
Et la terre tourne petite ,
Et ton prince arrivera très vite .
Donc n’aies crainte, ne panique pas,
Cette histoire, beaucoup la pratique.
Oh ! Tu mérites ta part de
Et il se trouve ailleurs...
Ta vie sera meilleure.
Si tu vaincs tes peurs.
Si tu vaincs tes peurs ...

SINGUILA
Ven 05 Fév 2010, 18:28 par évènement sur Citations

Lettre à magali

à Magali…


Comme à chacun de nos rendez-vous, j’avais reçu ton petit message : « suis à Nation»... Et déjà dans ma tête déjà s’égrenaient les stations qui nous séparaient encore…

Un délicieux compte à rebours pour aller te rejoindre à la sortie du métro. Puis cette attente, guettant, entre les passants pressés, l’élégance de ta silhouette… Qui de nous deux apercevrait l’autre en premier ? Ce soir là, ce fut moi, et j’en étais heureux car j’aimais à voir le changement de ton expression quand tes yeux croisaient les miens, comme si chaque fois était une première fois…

Une bise pudique dans cette foule pressée, nos mains qui se rejoignent… Quelques banalités échangées d’abord, comme pour respecter une approche à chaque fois aussi douce de nos sentiments, dont nous savions bien qu’ils iraient crescendo tout au long de cette soirée. La traversée de ce petit parc avant de rejoindre mon appartement me donne à chaque fois la même impression, celle d’un « sas » de décompression, entre le vacarme de la rue et la douceur des quelques heures que nous avions décidé de consacrer l’un à l’autre. Même le temps de cette transition méritait d’être savouré, ce que je fis en entourant tes épaules de mon bras et en glissant un baiser sur la soie de ta chevelure…

Le digicode, puis l’ascenseur… premier moment d’intimité pour te serrer très fort contre moi, sans un mot car certains silences sont si riches d’émotions… Comme pour écouter les battements de nos coeurs, comme pour mieux savourer la douceur de ton cou sous mes lèvres.

Puis un tour de clé et nous voilà enfin dans la chaleur de l’appartement… Juste le temps de te déchausser, et tu contemples déjà le Paris mouillé de pluie qui s’offre sous la fenêtre. Je m’affaire à servir le petit repas que je nous ai préparé, pour bien commencer notre soirée par un tête-à-tête délicieux de douceur.

Tu es encore à la fenêtre, perdue dans tes pensées : je me place derrière toi pour respecter ta contemplation, mais tout près pour bien sentir ton corps contre le mien, mes bras t’entourent pour éterniser ce moment de tendresse ; mes mains se posent bien à plat sur ton ventre, comme pour en capter toute la douce et chaude féminité qu’il rayonne. J’ai posé ma joue contre la tienne, pour me laisser caresser le visage par tes cheveux, et partager jusqu’au paysage que tu regardes.

Comme à chaque fois, nous jouons à deviner les monuments dont seul le sommet émerge sur l’horizon… Parisienne de toujours, tu me bats à plate couture à ce jeu improvisé. Le jour a baissé, et la Tour Eiffel scintille soudain de ses mille feux pour nous inviter à table...

Le repas est simple, comme toi, comme ton sourire. J’ai essayé de faire en sorte qu’il soit aussi délicieux, mais y parviendrai-je un jour ? Peu importe, s’en délecter ensemble décuple la jouissance de la dégustation… Un peu de vin, juste pour le plaisir d’y mouiller nos lèvres, de sentir sur la langue des arômes sensuels, un peu surprenants. J’aime ce moment exquis où nos regards peuvent se croiser, se comprendre, mais ou la table qui sépare encore nos corps nous oblige à savourer une attente sublimant le désir… Le rite de ce petit repas partagé fait pour moi complètement partie du prélude amoureux…

Tu évoques aussi ta vie quotidienne, et ses soucis ; nous avons pris l’habitude de nous les confier, de les partager, comme pour les exorciser... Et je lis parfois dans tes yeux que tu ne me dis pas tout, mais même mes questions respecteront cette limite que tu t’es fixée…

Te respecter, respecter ta liberté, accepter tes jardins secrets, et même les encourager… Te serrer contre moi sans te «posséder», te tenir entre mes mains comme on le ferait pour un verre de cristal : trop vouloir le serrer conduirait à le briser. Avec toi j’ai appris que le est ainsi : il faut savoir ne pas craindre de le poser à côté de soi en confiance, car c’est ce désir de possession qui l’étouffe à coup sur. On est ainsi certain de le retrouver sans risquer de le briser…

La soirée s’avance un peu : nous nous sommes allongés côte-à-côte. Jusqu’où irons nous ce soir, que ferons nous ? Chaque soirée est si différente, et même cette incertitude est délicieuse… Je te câline tendrement, en essayant d’être bien à l’écoute de ton corps.

Ne rien brusquer, être bien en phase avec tes désirs… Savoir les détecter, les reconnaître juste au moment où ils naissent…Savoir écouter ton souffle, entrer en communion avec toi, tout doucement… Laisser glisser tes mains sur mon corps : tu connais si bien les chemins qui mènent à mes frissons. Mes lèvres parcourent ta peau, en redécouvrant à chaque fois la douceur. Nos cuisses, nos jambes se mélangent, beau simulacre de lutte. Tu t’es laissée vaincre, sans doute as-tu deviné que j’avais envie de te délivrer un long et tendre massage. J’aime à sentir ton corps s’abandonner sous mes doigts, j’aime à laisser glisser mes mains sur ton dos, leur faire contourner ton cou par-dessus tes épaules, et ressentir dans tout ton corps le frisson que cela déclenche parfois.

J’hésite toujours, pendant que je te masse, à fermer les yeux pour mieux savourer la délicieuse sensation de ce contact, où à les garder ouverts pour contempler ton corps qui s’est maintenant totalement abandonné. J’avoue alterner un peu les deux, comme un gourmet qui, mettant tous ses sens en éveil, ne voudrait manquer aucune sensation… Je crois avoir forcé un peu sur l’huile à l’arnica qui fait luire ton dos ; c’est avec ma poitrine que je vais maintenant m’attacher à résorber cet excédent, en la faisant glisser doucement contre ton épine dorsale...

J’aime cet instant délicieux, où tes fesses rondes et fermes viennent, comme en échange, masser mon torse, mon ventre. Même les yeux clos, tu ne peux maintenant plus rien ignorer de mon excitation… Et puis je ne sais plus exactement ce qui s’est passé, un éblouissement complet… T’es-tu retournée de toi même, t’ai-je guidée en cela ? Peut être ne le sais tu pas non plus, l’union de nos êtres étant devenue soudain si parfaite… Un sentiment d’abandon total à l’autre, si doux...

J’aime aussi ce moment où tu reprends le dessus, et tu sais ce plaisir que j’ai à m’abandonner à toi. Ce n’est en rien de la soumission, c’est plus l’expérience d’une confiance réciproque absolue. Je sais que tu connais mieux que moi les chemins qui mènent au plaisir, alors je te laisse m’y conduire…C’est le bon sens, non ?

Après ce feu d’artifice qui nous laisse inanimés quelques temps, nous nous resserrons à nouveau l’un contre l’autre, enfouis sous la couette, pour communier en tendresse. Mais sans qu’il soit besoin de se le dire, nous savons que c’est un compte à rebours plus cruel qui s’est engagé maintenant, pour que tu rejoignes le métro avant le dernier passage…

L’un comme l’autre essayons de ne pas le montrer, mais tes traits sont si expressifs… Et je devine que tes yeux lisent sans doute aussi ce sentiment dans les miens… C’est en général dans ce moment que me revient notre histoire, celle d’une rencontre aussi improbable que fut la notre… Tout aurait dû normalement nous séparer, et voilà que nos différences deviennent des complémentarités admirables.

Nous allons chacun au secours de l’autre dans ses incertitudes, et je suis étonné de voir comment tu as pu faire évoluer ma vision du monde, ma vision des autres. Je me suis enrichi à ton contact, mon coeur s’est agrandi depuis que tu y es entrée. Tu as renouvelé jusqu’au sang qui coule dans mes veines, tu y as mis une nouvelle vie… Tu m’as appris à vivre à fond dans l’instant présent, moi qui ne faisais qu’échafauder des projets, me souciais toujours du lendemain… Tu m’as appris à aimer l’autre pour lui-même et non pour soi, comment pourrai-je un jour t’en être assez reconnaissant ? L’ascenseur, la nuit, le parc à traverser, puis la rue et le métro. Cette fois, nous déroulons ce petit trajet silencieusement, comme une petite épreuve nécessaire à un retour sur terre, nous qui avons passé quelques instants en apesanteur…

Curieuse impression que de dévider à l’envers un fil qui s’était enroulé quelques heures auparavant. Quelques heures de hors du temps, que toi seule sait rendre aussi belles. A la semaine prochaine, mon coeur, et prends bien soin de toi !
Lun 14 Déc 2009, 11:37 par piertiteuf sur La déclaration d'amour

Les portes de féerie

Bonjour à tous! Je suis une petite nouvelle, mais je n’ai pas trouvé où se présenter...

J’espère que mon texte se trouvera au bon endroit.

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Les Portes de Féerie

Tournez neuf fois autour de la colline aux Fées dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, avancez maintenant d’un pas, et…

…Entrez


Il m’est impossible de dire exactement ce qu’est Féerie. Chacun le voit différemment. Il faut, cependant, certaines qualités, ou certains défauts pour le découvrir. Il faut savoir regarder au travers des choses.

Savoir regarder au-delà d’une simple brume, d’un simple cours d’eau. Car oui, chaque jour nous effleurons les Portes de Féerie sans pour autant les franchir. Pourtant elles sont bien là, derrière ce sentier, derrière ce torrent, derrière le sourire de cet enfant. Nous devons simplement voir la magie qui nous entoure.

Féerie existe parallèlement à notre monde, en tout lieu et à toute époque. Les Portes qui mènent en Féerie prennent souvent l’apparence de lacs, de pierres mais aussi de brume. C’est le royaume des fées, des elfes, des korrigans, de ce que l’on nomme le Petit Peuple.

Il arrive même que les deux mondes soient si proches qu’ils se confondent. C’est un émerveillement que l’on peut vivre dans certains lieux. Je vous invite à en visiter un, qui est, je pense, le plus beau de tous : Brocéliande.

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Edouard poussa son énième soupir. Sa vie ressemblait à un enfer. Lui qui ne rêvait que de livres se retrouvait à la tête de l’entreprise familiale. Le décès de son père avait mit fin à ses rêves de posséder sa propre librairie. Aujourd’hui, il avait une importante soirée avec ses actionnaires, et rien que d’y penser cela le rendait malade. Il n’était pas fait pour ce métier, voila tout ! Mais sa mère lui en voudrait énormément s’il y renonçait.
Il avait l’impression de porter une tenue de combat. Costume d’un grand couturier, chaussures défiant le confort le plus élémentaire, cheveux impeccablement bien en place…la panoplie complète de la sophistication. Lui qui ne mettait d’ordinaire que des vêtements confortables et pratiques ! Il était très loin de son personnage habituel, perdu au milieu de cette foule élégante et superficielle, une foule où se côtoyaient les personnalités les plus en vue du moment. Un poisson hors de l’eau, voila ce qu’il était. Comment pouvait-il tenir son rôle d’invité d’honneur alors qu’il se voyait comme le vilain petit canard ?
- Arrête de t’agiter comme cela, murmura une voix à son oreille, on dirait un adolescent mal dans sa peau. Tu n’as plus quinze ans.
Il était impossible de deviner l’âge exacte de la mère d’Edouard tant ses traits fins étaient tendus sur son visage osseux. Quant à ses cheveux noirs remontés en chignon, ils lui donnaient une allure de reine de la nuit ou de vampire échappé d’un film d’épouvante. Elle devait avoir la cinquantaine mais elle aurait très bien pu avoir vingt ans de plus. L’argent avait ce pouvoir de vous préserver de l’injure du temps. Et de vous donner cette assurance à toute épreuve qui forçait le respect.
Edouard s’aperçut tout à coup qu’il tapotait nerveusement sur sa flute en cristal. Il se força à arrêter car son geste était trop révélateur de son état d’esprit. Hors de question qu’il craque à peine arrivé. Après tout, c’était sa soirée. Son père lui avait offert une chance énorme en lui léguant l’entreprise, il n’avait pas le droit de le décevoir.
Toujours était-il, s’il avait pu se faire passer pour une plante verte, avec quelle joie se serait-il transformé en fougère !

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La soirée s’était enfin terminée. Edouard n’en pouvait plus, il fallait qu’il s’isole. Il était cinq heures du matin quand, Jack, son fidèle labrador, sur les talons, il partit respirer un grand bol d’air frais.
Il avait la chance de vivre dans un lieu aussi magique que Paimpont, entouré de sa magnifique forêt, que tout le monde connait sous le nom de Brocéliande.
Paimpont est un village bâti au bord d’un vaste étang situé au cœur de la forêt, domaine privilégié des légendes celtiques. C’est là qu’Edouard et Jack aimaient se ressourcer.
Ce matin, il avait décidé de se rendre au Val sans Retour. Pendant un moment, quand il devait avoir dans les dix ans, il a crû qu’il se nommait ainsi parce qu’on ne pouvait l’atteindre. Et à partir du moment où il n’est pas possible d’y aller, il va sans dire qu’on ne peut pas en revenir. En réalité, le Val sans Retour est le lieu où, selon la légende, la fée Morgane enfermait ses amants infidèles. Ceux-ci n’avaient alors plus aucun espoir de retour. Les sortilèges qu’elle y avait implantés pour les empêcher de partir furent déjoués par Lancelot du Lac qui resta fidèle à son amour pour Guenièvre. Alors, du Val sans Retour château, jardin, murailles, gardiens de dragons, enchantements, tout disparut grâce à la vertu de Lancelot. Du haut d’un promontoire de roches pourpres, Edouard pu à loisir contempler l’étrange spectacle qu’offrait la dernière demeure de la fée Morgane dans l’aube naissante. Les couleurs multiples de la végétation s’entremêlaient en de superbes arabesques accentuées par d’étranges arbres morts. En contrebas, siégeait l’Arbre d’or du peintre François Davin, symbole de l’esprit de la forêt renaissant de ses cendres suite à l’incendie de 1989 dont Brocéliande garde encore des cicatrices. L’arbre peint en or, posé sur un pavement de schistes rouges et entouré de deux troncs noirs et tordus, semblait être là depuis une éternité. Un profond sentiment de bien-être et de rêverie se dégageait du Val dont le Miroir aux fées, l’Hotié de Viviane, le dédale de la vallée des Portes faisaient partis.
Par delà les landes pourpres et dorées, Edouard avait l’impression d’entendre dans le vent les clameurs des pauvres amants égarés.
Il en était là de ses réflexions quand il sentit ses paupières s’alourdir puis se fermer. Un léger vent le réveilla une seconde, une minute, une heure plus tard. Il avait perdu toute notion du temps. Le paysage avait changé durant son sommeil. Le décor était intact mais semblait magnifié, la forêt avait pris des tons mauves et la brume commençait à s’étendre. La magie semblait avoir envahit le Val sans Retour.

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- Eh toi ! l’interpella une voix. Oui toi, là-bas !
Edouard ne savait pas d’où venait cette voix et regarda dans toutes les directions d’un air perplexe. Soudain il se retrouva projeté contre un muret en pierre qu’il n’avait pas remarqué jusqu’à là. Fermant les yeux, il bredouilla d’une voix tremblante :
- Je… Tenez, prenez ma veste. Je… Je n’ai rien d’autre qu’une vingtaine d’euros et une boite entamée de vitamine C. Mais laissez moi je vous en pris.
Edouard n’était pas très courageux, il fallait bien l’admettre.
- Et bien, tu en as mis du temps, reprit la voix.
- Qui ? Moi ? Lui répondit Edouard, surprit.
- Qui d’autre, pardi ! Il y a longtemps que je t’observe, je vois que tu es enfin prêt.
- Enfin prêt ? Mais à quoi ?
Un petit être sortit de la brume.
- Je suis Korr, un korrigan. Tu as enfin franchi les Portes de Féerie. Mais je dois t’avouer que tu ne tombes pas au meilleur moment. Eh là, mais c’est quoi cette chose baveuse à tes cotés ?
- Les portes de quoi ? Et ce n’est pas une chose, c’est Jack, mon chien.
- Bon, si tu veux, capitula Korr. Féerie est un monde parallèle au votre, expliqua-t-il. Chaque jour vous effleurez ses portes sans jamais les franchir. Vous êtes tous tellement préoccupés par votre train-train quotidien que vous en oubliez le rêve et la magie. Il est temps que les hommes sachent qui sont les êtres de Féerie. Comme ça, ils arrêteront peut-être de nous ignorer et de négliger notre Mère-Nature !
Edouard détailla celui qui prétendait être un korrigan et constata avec stupeur qu’il n’avait peut-être pas tout à fait tort. Il était petit, une trentaine de centimètres, un gros nez et très poilu. Devant le silence consternant de son nouveau compagnon, Korr reprit :
- Pour ceux qui ne savent pas, commença-t-il, korrigan signifie lutin, en breton. Nous faisons partis du Petit Peuple de Féerie. Il fut un temps où nous vivions en harmonie avec les hommes. Mais l‘arrivée de la nouvelle religion nous a obligé à nous cacher. Nous sommes partis vivre sous terre, dans les grandes cités sous-terraines dont la capital se situe à Carnac. Les hommes disaient de nous que nous étions des être malveillants alors que nous leur rendions services jusque là. Mais notre attitude a changé, à force d’être rejeté nous nous vengions. Oh, rien de méchant ! Quelques petites farces, par-ci, par-là. Nous sommes comme les êtres humains, tantôt sympathiques, tantôt diaboliques. Ce qui est sûr, c’est que nous avons un caractère bien trempé ! Bien que nous n’ayons pas très bonne réputation, il ne faut pas hésiter à venir à notre recherche. Si une personne nous est sympathique, nous lui ferons découvrir notre monde. Seulement…
- Bon, le coupa Edouard, admettons que tu sois…ce que tu prétends être. Qu’est-ce que je fais là moi ? Pourquoi maintenant ? J’ai une réunion dans quelques heures.
- Il va falloir que tu la reportes. Viens avec moi, je vais te présenter mon ami Sirrah.

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Alors qu’il longeait un sentier, Edouard entendit un bruit de galop s’approcher. Il pu alors contempler l’un des plus beaux et des plus purs habitants de Féerie. Elle était là. Majestueuse. Une grande jument blanche, fine, avec des sabots fendus et une corne spiralée sur le front. Ses boucles blondes se répandaient sur une puissante encolure. Hypnotisé par la beauté de l’animal, Edouard fut surprit en sentant son souffle lui caresser le cou.
- Je te présente Sirrah, déclara Korr avec une pointe d’admiration dans la voix.
- Une licorne, murmura le jeune homme, je ne pensais pas que vous existiez.
- Nous existons. Aussi vieilles que le ciel, aussi vieilles que la lune nous existons. Nous sommes la lueur et la pénombre. Nous sommes les rêves. Nous sommes l’écume sur l’océan. Nous ne sommes visibles que par ceux qui croient en nous.
- Soit bien attentif à l’histoire de Sirrah, dit Korr à Edouard en déposant un doux baiser entre les naseaux de la jeune licorne.
- La première licorne est née de la noblesse d’un cheval et d’un soupçon de magie. En Occident, nous sommes souvent décrites comme étant sauvages et indomptables ; tendis qu’en Orient nous sommes des animaux paisibles et doux, qui apportaient la bonne fortune. En Inde, nous sommes décrites comme étant des ânes sauvages aussi gros que des chevaux. Notre pelage était blanc, notre tête rouge foncé et nos yeux d’un bleu profond. Sur nos têtes, se dressait une longue corne d’environ cinquante centimètres de long : généralement blanche à la base, noire a milieu et rouge sur le bout. Nous sommes aussi un animal fabuleux, mélange de rhinocéros indien, d’antilope de l’Himalaya et d’âne sauvage.
Mes vos yeux ne voient que ce que vous voulez bien voir. Nous ne sommes rien de tout cela.
Notre corne est en réalité une projection de notre esprit. Vous ne pouvez la toucher. Dès qu’elle quitte notre corps elle devient poussière. Ainsi, personne ne peut se vanter d’en posséder une. Le pouvoir réside dans la licorne et non dans la corne. Elle prend la couleur de l’aura de magie qui la baigne.
- Quel est votre pouvoir ? Et l’aura, c’est la couleur qui t’entoure ?
- Nous avons le pouvoir de détecter les poisons, de guérir. Quant à l’aura, c’est l’énergie qui entoure chaque être vivant. Si une créature possède une grande force, l’aura est brillante. Comme tu peux le constater, mon aura est vert clair. Ce qui signifie que je suis encore à l’état sauvage et en affinité avec la nature.
Nous vivons grâce à la foi des humains. A chaque fois que l’un d’entre vous cesse de croire aux licornes, une d’entre nous meurt. Il fut un temps où tous les hommes avaient la foi. Nous pouvions vivre dans les endroits les plus éloignés de toute civilisation. Je me souviens que maman faisait pousser l’ambroisie qui rend immortel, papa, plein de sagesse, était souvent consulté par les humains. Ils nous considéraient comme des dieux. Et puis les humains découvrir le narval, aussi appelé licorne des mers. Et ils cessèrent de croire en nous. Presque toute ma famille est morte à cause de ça. Je vivais en Egypte, dans les introuvables sources du Nil, mais le manque de croyance en nous m’a obligé à venir me protéger en Féerie.
- Tiens-toi tranquille, expliqua Korr, si tu veux avoir une chance de rencontrer la Licorne de Féerie. Ne soit pas déçu si elle ne s’approche pas de toi, elle ne se montre pas hostile mais préfère rester éloigné des humains.
Et là, apparaissant devant Edouard, une magnifique licorne dotée d’un pelage vert tendre et d’yeux de la même couleur mais émettant une lumière diffuse.
- Elle est plus petite que nous, les Licornes Sylvestres, et mesure la taille d’un petit poney. Une fois tous les cent ans, elle perd sa corne qui repousse en deux semaines. Cette corne est un porte éloignant les maladies et la malchance, mais personne de ton monde n’est assez pur pour en posséder une. Il est très difficile d’apercevoir la Licorne de Féerie même en pénétrant sur son territoire car elle possède la faculté de se fondre dans le décor, à la manière d’un caméléon. Elle n’attaque pratiquement jamais les intrus sauf si ceux-ci souillent volontairement la nature. Elle doit son nom au fait qu’elle communique régulièrement avec les Elfes, les Fées et les êtres du Petit Peuple.
- Qu’est-ce que le Petit Peuple, demanda Edouard ?
- Le Petit Peuple est le nom donné à certains habitants de Féerie, comme les Korrigans, les Gnomes, les Trolls et bien d’autres !
- Tu as évoqué les Licornes Sylvestres, qui sont-elles ?
- Je suis une licorne sylvestre. Je vis dans les forêts dont j’assure la protection, d’ailleurs je ne mange que de l’herbe et des feuilles. On peut dire que je n’ai aucun ennemi, je suis aimée de tous. Mise à part ceux qui font du tord à la nature. Que dirais-tu si nous partions à la découverte des pierres vivantes ?
- Il y a des pierres vivantes en Féerie, s’exclama Edouard avec surprise !
- En réalité, elles se trouvent dans le monde des humains, mais nous les comprenons mieux en Féerie. Les mégalithes poussaient autrefois comme des plantes dans les champs jusqu’au jour où les prières ont arrêté net leur croissance.

En un battement de cils, les nouveaux amis se retrouvèrent à Plouhinec.
- Voici les huit menhirs de Plouhinec. N’ai pas peur d’eux, tu peux les approcher.
Edouard fut alors étonné d’entendre un des menhirs lui parler.
- Nous sommes les huit menhirs de Plouhinec. D’immenses trésors se cachent sous nos pieds. Une fois tous les cent ans, la première nuit de l’année, nous allons boire l’eau de la rivière d’Etel. On peut alors s’emparer des trésors. Mais il vous faut faire vite pour ne pas être broyé à notre retour.
Nombreuses sont les légendes d’or dissimulé sous les pierres. Le trésor est parfois plus immatériel. A Plouer-sur-Rance ou à Bréhat, c’est le mariage que peut prédire la pierre. A Pleumeur-Bodou, c’est la guérison que procurent les fragments de roche broyés dans un verre d’eau.
- Je t’emmène dans un lieu rempli de magie, monte sur mon dos Edouard et laisse-moi te guider.
La licorne glissait au dessus du sol. En quelques minutes, ils étaient revenus en pleine forêt.

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- Nous nous trouvons au cœur de Brocéliande. Regarde cette pierre devant toi. Merlin l’Enchanteur y est endormi depuis mille ans.
- Nous allons voir d’autres dolmens, demanda Edouard, la voix pleine d’excitation ?
- Non, notre découverte s’arrête là. Mais sache qu’il existe encore beaucoup de pierres vivantes. Au fond de la fontaine de Margate se trouve une pierre blanche, la pierre du déluge, qui déclenchera l’inondation du pays entier si on la sort de l’eau. Quant à la pierre de la fin du monde, elle se trouve à Dol-de-Bretagne : il s’agit du menhir de granit rose du Champ-Dolent, qui disparaît progressivement sous la terre. Cinq mètres se sont déjà enfoncés sous terre et la fin du monde interviendra lorsque la pierre sera totalement ensevelie. Maintenant, Korr et moi allons te présenter quelques habitants de Féerie.
- J’ai cru comprendre que je ne tombais pas à point nommé ?
- Effectivement. Viens, nous allons te montrer. Tu peux emmener ta chose, dit Korr en se tournant vers Jack avec un air de mépris dans les yeux.

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Après une heure de marche, Korr s’arrêta. Sirrah souleva une énorme feuille et là, sous les yeux ébahit d’Edouard, apparue une petite clairière toute baignée de lumière et envahie d’oiseaux multicolores. Au centre, un immense chêne, véritable palais éclairé de mille et une lumières.
Un être de petite taille avec une paire d’ailes dans le dos s’approcha d’eux et se mit à tournoyer dans les aires. Edouard la suivit jusqu’à une marre. Et là, quelle ne fut pas sa surprise ! Plusieurs groupes de fées faisaient frénétiquement des cercles, sur l’eau et sur l’herbe, éclaboussant de poudre de fées nénuphars et fleurs. Des êtres ressemblant fortement aux korrigans, quoique plus gros et avec des joues bien plus rouges, se pressaient autour de gros chaudrons. Un air de panique semblait avoir gagné tout ce petit monde.
- Nous devions nous marier Korr et moi, expliqua Sirrah, mais Gaby a disparu. Depuis, la folie semble s’être installée dans tout le royaume. Avant de t’expliquer, je vais te présenter mes amis. Voici Elfia et Gernolf.
- Nous, les fées, commença Elfia, sommes des élémentaires de la nature. Nous avons souffert de l’arrivée de la nouvelle religion. Les gens ont commencé à nous oublier. Dès qu’un enfant cesse de croire en nous, il y a quelque part une petite fée qui meurt. Nous avons trouvé refuge près des fontaines enchantées et dans les forêts reculées. Nous attendons la nuit pour sortir. Nous avons de nombreux pouvoirs magiques comme celui de nous transformer à notre guise en animal, en être humain ou en élément de la nature. Nous vivons au creux des arbres, dans la demeure des animaux ou dans les fleurs dont nous pouvons prendre l’apparence dès que l’on aperçoit un humain.
Nous aimons ce qui est beau et qui brille ; est pourquoi des humains arrivent à nous attraper. Il existe des pièges à fées qui consistent à mettre à la vue de tous un magnifique bijou. Ne pouvant y résister, nous sortons de notre cachette et pouvons alors nous faire prendre. Nous adorons danser sous la lune. Les cercles de fées sont les seules traces que nous laissons sur notre passage. Si tu en découvres un, je te conseille de te mettre en son centre et de formuler un vœu. Nous laissons dans nos danses tomber un peu de poudre. Si quelques grains de poudre de fées restent, tu auras la chance de voir ton vœu se réaliser.
- Nous, les Leprechauns, coupa Gernolf, aimons beaucoup les petites fées, surtout celles dans le genre d’Elfia.
- Que dirait ton roi sur ta façon de te comporter avec moi !
- Ne fais pas l’offensée Elfia, je suis sûr que tu ne serais pas contre si je te faisais quelques propositions.
Sous le regard courroucé de la fée, Gernolf ne pu retenir un éclat de rire.
- Très bien, reprenons. Où en étais-je… ? Ah, oui. Nous avons la particularité de posséder une canne magique qui nous permet de faire apparaître un arc-en-ciel par lequel nous nous déplaçons d’un lieu à un autre. Nous sommes également très rapides à la course malgré notre corpulence. Nous ressemblons énormément à nos cousins korrigans mais nous avons un pouvoir qu’ils n’ont pas : celui de permettre aux hommes de réaliser un de leurs vœux. Si un homme a été agréable avec nous, nous lui offrons une pièce d’or qu’il conservera aussi longtemps qu’il le souhaite. Quand lui viendra l’envie de faire un vœu irréalisable, il devra serrer sa pièce d’or et faire ce vœu. La pièce disparaîtra pour rejoindre notre chaudron géant et son vœu se réalisera. Que te dire d’autre ? Tout bon Leprechaun qui se respecte porte du vert en toutes circonstances. Nous sommes très attachés à notre mère l’Irlande et c’est pour lui prouver notre respect que nous portons sa couleur ! Nous avons pour principale activité d’être cordonnier. Certains disent que nous ne faisons qu’une chaussure par paire ou bien que nous ne nous occupons que de nos souliers à boucles. C’est bien mal nous connaître ! Nous aimons le travail bien fait et faisons nos paires de chaussures jusqu’au bout. Mais il est vrai que si un homme nous a manqué de respect, nous avons tendance à ne lui réparer qu’une chaussure sur les deux.
- Assez parlé de toi, lança Elfia. Nous avons un problème important à régler. As-tu déjà entendu parler du cheval enchanté, Edouard ?
- Je crois avoir lu cette légende quelque part, sur une carte postale peut-être…
- « Certains soirs, sur la lande de Bretagne, il arrive que l’on rencontre un cheval. Il est seul. Parfois, il galope, mais le plus souvent il vous regarde paisiblement. C’est un homme de Dieu, condamné à errer sans cesse. Evadé du Château du Diable, il est ensorcelé. Au lieu de crottins, il laisse derrière lui des Louis d’or », récita Sirrah. Mais le problème est que ce n’est pas une légende. Ce cheval, Gaby, est bien réel.
- Je ne vois pas où est le problème. J’aimerai bien tomber sur un Louis d’or, rêvassa Edouard.
- Gaby a disparu, expliqua Elfia. Plus personne ne trouve de Louis d’or. Les humains, dépités, se tournent vers les fées et les leprechauns. Nous sommes débordées et en rupture de stock de poudre de fées. Quant aux leprechauns, ça leur fait un peu de travail pour changer ! Mais tout de même, ils ne peuvent pas satisfaire tout le monde. Il y a même des grèves qui commencent à s’étendre dans tout le royaume. Les lavandières et l’Ankou réclament des congés payés !
- Vous allez un peu vite pour moi. Les lavandières me disent quelque chose, mais pour l’Ankou, je sèche.
- Tu as de la chance, la nuit tombe. Tu pourras le rencontrer.
- Mais avant, buvez ça, leur lança un korrigan en leur tendant des chopes pleines de bière. Il y a un proverbe gobelin qui dit que plus onctueuse est la mousse, meilleure est la bière. Et il a tout à fait raison !
- Je ne bois jamais de bière…
- S’il y a bien une boisson dont le Petit Peuple raffole, c’est la bière. Tu ne peux pas te permettre de froisser Féerie. Tout le monde croit que la bière a été inventée par un gobelin mais en réalité c’est par mon cousin irlandais, le Leprechaun Seanair Beag Dara. Il a cependant vendu la recette de sa fameuse boisson aux gobelins car il ne pouvait pas, disait-il, brasser cette foutue bière et la boire. Bien entendu, il préférait la boire. La bière des gobelins est un mélange de houblon et de malt, auquel on ajute une certaine quantité de trèfles et de feuilles de bruyère. Je te mets cependant en garde. Quoi qu’il arrive, ne goûte jamais les mets proposés par les fées, surtout ceux à base de bière. Ce ne sont, sous des dehors pour le moins alléchants, que des immondices les plus infâmes.

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Sur le chemin, Korr lui expliqua que si l’envi le prenait de se promener la nuit près d’un point d’eau, il devait éviter de répondre aux femmes qui y lavent leur linge. Ce sont les lavandières de la nuit.
- Je vais te parler d’elles sur le chemin qui mène à la demeure de l’Ankou. Tu ne les rencontreras pas car, même si elles sont en grève, il faut toujours se méfier d’elles. Elles sont faciles à reconnaître. Elles sont grandes, sèches, musclées et ont le teint blafard. Leurs cheveux sont si longs qu’elles s’en servent pour tisser les draps qu’elles lessivent. Elles essaient de nettoyer un linge qui n’est jamais et ne sera jamais propre car il porte le sang des personnes qu’elles tuent toutes les nuits, des pauvres malheureux innocents guidés par leur bon cœur ! Si toutefois tu réponds à leurs supplications, voila ce qu’il va t’en couter : la lavandière que tu vas aider va te tendre un linge humide et glacé qui rendra tes bras insensibles. Elle va alors se mettre à tourner son drap dans un sens puis dans l’autre pour l’essorer. Tu ne devras surtout pas regarder ses yeux car tu vas y voir un tourbillon qui va te faire perdre l’esprit et adieu ! Il faut surtout bien rester concentré sur les mouvements de ses bras et sur les tiens. Si tu veux t’en sortir, fais en sorte que le linge ne soit jamais tordu. Et essais de tenir jusqu’au levé du soleil car il les fait fuir. On te retrouvera épuisé, avec les os des bras brisés mais tu auras la vie sauve. Je n’y crois pas une seule seconde mais ça arrive ! Très rarement. Qui sont-elles ? On ne sait pas trop. Ce sont des fantômes, pour sûr ! Mais ce qu’elles ont fait exactement, on l’ignore. On dit souvent que ce sont les fantômes de femmes coupables d’infanticide ou du meurtre de leur mari. Elles doivent porter à vie, enfin à mort, le poids de leur faute. Elles doivent laver le linge de leur meurtre qui ne sera jamais blanc.
Ah, nous voici arrivés à destination, s’exclama le korrigan !
Une étrange demeure se présentait à eux. En tendant l’oreille, Edouard entendit un grincement terrible. Un homme apparu sur le seuil de la porte.
- Korr, s’exclama ce dernier ! C’est gentil de passer dire bonjour.
- Je te présente Edouard, je lui fais rencontrer les habitants du royaume.
- Tu tombes bien mal, jeune homme. Gaby se paye du bon temps et nous devons continuer de travailler ? C’est à peine croyable ! Bon, pour ce soir, je veux bien faire une exception.
- Mais qui êtes-vous en fait, demanda Edouard ?
- Je suis le serviteur de la Mort. Mon rôle est de collecter les âmes. Chaque année, le dernier des morts devient l’Ankou. Le corps change mais pas l’allure. J’aurai toujours mon grand chapeau noir et ma cape. Sans oublier ma fidèle amie, ma faux. Sans elle, pas de collecte ! J’en prends grand soin, elle coupe mieux qu’une lame de rasoir.
La lame n’est pas dans le sens habituel, comme tu peux le remarquer. Son tranchant est vers l’intérieur pour mieux attraper les âmes. Suis-moi, je vais te montrer !
Quelle horreur ! Edouard ne voulait pas voir ça mais ne pouvait refuser de peur de le contrarier. Il se décida à le suivre, accompagné de Korr, tout souriant. Tous les trois se dirigèrent vers la charrette et Edouard monta dedans avec la peur au ventre. Les chevaux commencèrent à avancer. Ils n’avaient de chevaux que leur nom. Ils ressemblaient plus à des cadavres de chevaux. Le grincement reprit de plus belle.
Au bout d’une heure de route passée à discuter, ils s’arrêtèrent. L’Ankou déroula une longue liste, pointa son doigt vers elle et lança « C’est ici ».
Il descendit de la charrette, Edouard sur ses talons, et se dirigea vers une maison. Les Portes entre les deux mondes sont parfois très minces. Il frappa à la porte mais personne ne répondit. « Comme d’habitude !» Il passa sa main au travers de la porte et, quand elle en ressortit, apparue au bout de son bras une forme fantomatique qui ressemblait à un homme. Tout de suite derrière, la porte s’ouvrit et le corps de l’homme apparut tenant son âme par un long fil de lumière.
« Ton heure est venue !» Et de son bras cadavérique, il lança sa faux. En se tournant vers Edouard, il lui dit : « Tu comprends pourquoi la lame est montée à l’envers !"
Il fit signe que oui. Et là, sous ses yeux, le corps de l’homme tomba raide mort. Tandis que l’âme s’envola paisiblement vers la charrette.
- Voilà, notre première rencontre se termine ici. A dans quelques années !
Et à l’intention de Korr :
- On se voit la semaine prochaine pour un golf !

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Edouard se réveilla le lendemain matin avec un violent mal de tête. Il avait fait un étrange rêve tout de même ! C’est alors qu’il aperçut la petite fée de son rêve penché au dessus de lui.
- Nous avons longuement réfléchi sur ton cas, lui dit-elle. Voudrais-tu nous aider à retrouver Gaby ? Nous sommes passés chez lui, il y a quelque chose d’étrange.
Edouard accepta immédiatement en se disant qu’il n’aurait pas à retourner travailler aujourd’hui.
- Tu as accepté, lança Korr ! Nous avons découvert des rubans de soie chez Gaby. Ils ne peuvent appartenir qu’à Katell Gollet.
En prononçant ce nom, un frison parcouru Sirrah et Elfia.
- Katell Gollet, expliqua Korr, est le diable en personne. C’était une belle jeune fille de 16 ans qui vivait dans le château de son oncle, à la Roche- Maurice, près de Landerneau.
Sa beauté, malheureusement, n’avait d’égale que la perversité de son esprit. Le comte, voulant se décharger de cette lourde tutelle, espérait bien pourtant lui trouver un mari qui prendrait soin de la raisonner. Néanmoins, la belle préférait se livrer aux plaisirs de la danse et de la fête plutôt que de songer au mariage. Pour contrer son oncle, elle usa d’un subterfuge, lui faisant déclarer qu’elle épouserait tout homme capable de la faire danser douze heures d’affilée. Nombreux furent les jeunes gens du comté à tenter leur chance. Mais elle les épuisait tant que certains, morts de fatigue, ne voyaient pas le jour suivant.
L’hécatombe était telle que son oncle l’enferma dans une des tours du château. Mais Katell s’en échappa et se rendit au pardon de la Martyre accompagné d’un nouveau cavalier. Les danses s’enchaînèrent, les deux danseurs s’en donnant à cœur joie. Mais le jeune homme non plus ne résista pas à l’infatigable Katell qui, prise dans le feu de la danse et de l’alcool, invoqua les puissances de l’enfer demandant de nouveaux musiciens. C’est ainsi que le diable l’entraîna dans une gigue infernale et lui fit ainsi franchir les portes du royaume des damnés.
Les amis, suivis de Jack, arrivèrent à Plougastel-Daoulas. C’est ici que la jeune fille est représentée, sur un calvaire dans la gueule de l’enfer.
Une très belle jeune femme apparue devant eux.
- Je suis Katell, dit-elle en voyant l’air surpris de ses visiteurs. Que me voulez-vous ?
- Nous recherchons le cheval enchanté.
- Gaby est un de mes seuls amis, il devait me rendre visite hier mais je l’attends toujours.
Il ne faut pas croire toute les légendes, je ne suis pas la réincarnation du diable. Je découvris Féerie à 25 ans et franchie ses Portes. Je ne pus partir de cet Autre Monde si merveilleux. Pour se venger, mon oncle inventa cette histoire et fit dresser ce calvaire. Ce mensonge ne me quitte plus malheureusement.
- Veux-tu nous aider à le retrouver, demanda Edouard ?
L’odeur de Katell lui fit l’effet d’une profonde inhalation d’essences de lierre, de mousses et de digitales mouillées. Dès qu’Edouard l’a aperçu, il a été hypnotisé. Il a su que son destin se jouait en cet instant précis, qu’elle était la mystérieuse pièce du puzzle qui manquait à son . Des coups de foudre, il en existe des milliers. Tous racontent la même chose. Une rencontre soudaine et violente qui projette les amoureux sur une autre planète où émotions, sensations et désir sont à leur paroxysme. L’effet de surprise court-circuite la réflexion et sidère la pensée. C’est comme un choc physique. Un coup sur la tête qui change les couleurs, les formes. On ne contrôle plus rien, on est propulsé sur orbite sans cesser de tourner. En un instant, les amoureux se sentent seuls au monde, sans repères. Une brûlure intense – une merveilleuse douleur – les consume. « Love at first sight », disent les Anglo-Saxons : « l’amour au premier regard », le à l’état pur. C’est un mélange d’aspects fascinants et effrayants, une mise en magie du destin, un brusque condensé des rapports de la vie et de la mort. L’autre nous touche car, soudainement, il nous apporte ce qui nous manque.
Une bande de choucas vint soudainement jacasser sur un proche muret de pierres, à moins qu’il ne s’agisse d’une nuée de Sluaghs en maraude déguisés en corbeaux pour mieux tromper le monde. Ce qui n’était pas rare au voisinage d’une Frontière. Peut-être rigolaient-ils de leurs exploits : des charrues qu’ils avaient emportées, des paysans qu’ils avaient arrachés de leurs attelages et abandonnés à des centaines de milles plus loin durant leur chasse aérienne par-dessus les champs et les villages.
- Peut-être devrions-nous nous rendre au Château de Diable, évoqua Korr. Il est peut-être retourné là-bas.

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Sur la route de Compostelle, la via Podiensis traverse un village au confluent de la Sagne et du Célé. Accroché à la haute falaise qui le domine les pèlerins peuvent apercevoir les ruines d’une forteresse. Les archives locales nous disent que celui-ci fut reconstruit par Waïffre, seigneur d’Aquitaine au VIII siècle. Dans les fermes, à la veillée, quand les paysans se retrouvent près du cantou pour le dénoisillage, ils racontent de biens étranges histoires !
Ils disent que parfois les nuits de pleine lune, une chèvre blanche apparaît aux promeneurs téméraires gambadant dans les rochers. Ils disent aussi que les murs parlent aux curieux qui osent s’approcher des ruines. C’est ainsi que l’histoire de Mariette, une jeune paysanne, circule de maison en maison.
Mariette habitait dans une chaumière, en compagnie de ses parents et de sa grand’mère. Ils vivaient de peu, travaillant pour le seigneur, faisant régulièrement les corvées et apportant au maître le produit des récoltes. En cet hiver de l’an 745, les temps sont durs : les moissons ont été maigres et la cueillette des châtaignes n’a pas rempli le coffre, les chèvres n’ont guère de lait. L’angoisse du long hiver à venir pèse lourdement sur la famille. Une vilaine toux accable l’aïeule déjà paralysée, les privations l’affaiblissent et la jeune fille cherche le moyen de lui redonner des forces. Elle sort et emprunte le sentier escarpé qui mène au domaine. Au château, la fête de Noël bat son plein. Dans la plus grande salle éclairée par les flammes de la cheminée, le seigneur et ses compagnons d’armes dans leurs plus beaux atours, font ripaille. Les nombreux plats se succèdent, rires et badinages résonnent, une longue nuit joyeuse s’annonce. Soudain la porte s’ouvre : un archer pousse devant lui la jeune bergère apeurée. Vêtue de hardes, pieds nus, elle est cependant très belle. Les yeux des hommes brillent, le vin servi en abondance a échauffé les esprits.
- - Qui es-tu? Que puis-je faire pour toi demande le suzerain.
- - Je suis la petite fille de Jeanneton, j’habite près du ruisseau, ma grand-mère va mourir si vous ne l’aidez!
- - Belle enfant, approche que l’on te voie mieux!
- - Tremblante, Mariette avance lentement.
- - Belle enfant, j’aiderai la vieille, te couvrirai de bijoux et tu seras ma maîtresse!
L’homme s’avance, les mains tendues pour l’enlacer, une lueur lubrique dans les yeux. Les convives ricanent, Mariette comprend l’intention du seigneur, elle veut s’enfuir mais la porte est fermée. Paniquée, elle ouvre la fenêtre et se jette dans les eaux glacées et tumultueuses du Célé.
Dans le silence qui suivit on entendit un faible cri et la rivière engloutit l’enfant. Jamais on ne retrouva son corps. On dit que deux anges conduisirent au ciel l’âme pure de la bergère. Au matin des hordes venues d’on ne sait où, envahirent la contrée. Terreur et désolation régnaient dans les campagnes. Gardes et guerriers périrent et le seigneur vit sa forteresse brûler. Lui-même frappé à mort, fut jeté dans le Célé. Le château s’appela désormais château du diable.
C’est depuis cette époque, par les nuits de pleine lune que l’on peut parfois apercevoir une chevrette blanche, tout en haut dans les rochers. On ne sait d’où elle vient, on ne sait où elle va, nul ne peut s’en approcher
Est-ce l’âme de Mariette qui revient hanter les lieux d’où elle s’est envolée, un soir de Noël?
Le duc essaya de contenir l’invasion sarrasine et s’opposa aux francs barbares de Charles Martel puis de son fils Pépin le Bref. En 745 Waïffre reconstruisit la forteresse.

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Elfia proposa plutôt de retourner chez Gaby et de chercher des indices. Proposition qui fut aussitôt acceptée. Personne n’avait envie de se rendre au Château du Diable.
Il régnait un considérable désordre quand Edouard, Korr, Elfia, Sirrah, Katell et Jack pénétrèrent dans la demeure du cheval enchanté. Foin, pommes et carottes étaient dispersés dans toute la stalle comme si il y avait eu une lutte.
Sirrah poussa soudain un cri strident. Elle venait de découvrir une poignée de crins noirs.
- Je ne connais qu’une créature de Féerie possédant de tels crins…seulement ce n’est qu’une légende, elle n’existe pas !
- Sirrah, lui dit Edouard, tu es aussi une légende. Qui que soit cette créature, je suis sûr qu’elle existe.
- C’est une licorne noire, expliqua Korr. La terrible Licorne Noire est la plus maléfique des licornes. Sa robe est d’un noir de jais, tout comme ses crins, tandis que ses yeux sont d’un rouge brûlant.
La corne de la licorne noire, tout aussi noire que son poil, est empoisonnée. Toute personne touchée par cette corne est paralysée et risque l’arrêt cardiaque.
Sa gueule est dotée de deux rangées de petites dents effilée.
La licorne noire est carnivore et, de plus, cette espèce possède l’habitude de commencer à se nourrir alors que ses proies ne sont pas encore mortes.
Vivant dans les forêts, elle se consacre à souiller et à détruire son environnement autant que possible.
Mais nous n’en avons encore jamais vu, c’est pourquoi personne n’est sûre qu’elle existe vraiment.
- Il faut se mettre à sa recherche, déclare Katell, je ne laisserai pas Gaby dans ses maléfiques sabots.
Les six amis se préparèrent pour un long voyage. Ils emportèrent nourritures, bières et whisky.

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L’hypothétique demeure de la licorne noire se trouvait au cœur de Brocéliande. Les amis devaient tout d’abord traverser le Pont du Secret.
C’est au pied de ce pont enjambant l’Aff que le chevalier Lancelot et la reine Guenièvre se seraient avoués leur amour. Le roi Arthur, au faîte de sa gloire, choisit Guenièvre pour épouse. Il dépêche son meilleur chevalier, Lancelot du Lac, pour escorter la jeune femme au travers de la forêt de Brocéliande, jusqu’à Camelot pour les noces. Ils chevauchent côte à côte, et sur le Pont du Secret, Guenièvre ose demander à Lancelot : ’Seigneur qui est ta Dame ?’
Et c’est là que Lancelot lui répond : ’C’est vous ma Reine et pour l’éternité...’
Ils prirent ensuite le chemin en direction du Château de Comper. Comper était la demeure de Viviane où fut élevé Lancelot. Le Grand Étang cache aux yeux des curieux le château de cristal construit par Merlin pour sa belle élève. On dit que c’est le Lac de la Fée Viviane…
Leur route les conduisit au Miroir aux Fées. C’est un lac où cinq fées ont vécu à l’intérieur en jurant l’une a l’autre quelles ne regagneraient pas la surface, jusqu’au au jour où l’une d’entres elles tomba amoureuse d’un mortel. Les autre fées les virent et décidèrent de tuer l’homme. Quand la fée revint au lac elle devina ce que les autres avaient fait et elle les tua. Elle resta à dès lors à l’intérieur. Maintenant, si une fée voulait lire l’avenir elle devait payer son droit avec un grain de blé. Le nom de miroir lui a été donné car la forêt qui l’entourait était tellement dense que le vent n’y passait pas, rendant la surface de l’eau tout à fait immobile.

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Les amis s’attendaient à découvrir une demeure du chas, encerclée de flamme répandant autour d’elle une odeur de cendre et de mort.
Ce qu’il découvrir ressemblait à une petite chaumière. Une allée bordée de roses menait à la porte d’entrée. Nouées aux rubans de brume s’entremêlaient des odeurs de sous-bois, de fougères et de tourbe fumée qu’Edouard aurait aimé garder emprisonnées dans un flacon de verre. C’eut été capturer un peu de charme distillé de ces fées farouches qui régnaient sur les légendes.
Le déboucher ensuite, en verser quelques gouttes sur le papier aurait permis d’ajouter la fragrance magique à ses souvenirs. De rendre plus réelles encore ces images, ces fragments d’existences dérobées à l’Ailleurs.
Edouard se pencha sur une vieille pierre effeuillée par le temps, toucha du bout des doigts les lettres gravées à moitié rognées par les ailes du vent, à moitié effacées par les lichens et les mousses vert de gris, gris de rouille, vert de souffre et d’infinis.
Chez Lucien Kirk,
La licorne noire
- Nous y sommes, mais cela ne ressemble pas à l’idée que je me faisais de chez la Licorne noire, déclara Korr.

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Un cheval et une magnifique licorne noire apparurent sur le pas de la porte.
- Korr, Sirrah, s’exclama le cheval enchanté ! Je ne m’attendais pas à vous voir !
- On te cherche partout depuis des jours, s’énerva Elfia.
- Je suis parti quelques jours chez mon ami Lucien, dit-il en se tournant vers la licorne. Je voulais peaufiner le cadeau de mariage que je destine à Korr et Sirrah.
Tu n’as pas reçu mon mail, Katell ?

Le Whisky et la bière coulèrent à flot toute la nuit. Le Petit Peuple avait découvert en Katell et en la Licorne Noire deux nouveaux amis.

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Six mois plus tard…
Edouard poussa les lourds portants d’acajou qui donnaient accès à sa librairie. Il pressa un commutateur. Les rampes de cuivre à l’ancienne qui éclairaient es étagèrent autour de la salle s’allumèrent, révélant des rangées de vieux livres et de manuscrits. Edouard respira avec délices l’odeur de vieux cuir, comme s’il se fût s’agit d’un air frai aux essences balsamiques.
Finalement, sa mère n’avait pas si mal pris son départ de la société. Il n’avait pas les épaules assez solides pour en assurer la direction. Il passerait désormais ses journées auprès des livres, dans cette odeur de bois et de vieux papiers qu’il aimait tant.
Cependant, il n’arrivait pas à chasser l’image de Katell de son esprit. Il aimerait tellement la revoir. Ce qu’il ressentait le déstabilisait. Elle lui manquait, il ne supportait pas son absence, il la cherchait du regard dans la rue, elle était dans sa tête chaque fois qu’il relevait les yeux de ses livres. La reverra-t-il un jour ? Il se consumait un peu plus chaque instant dans cette incertitude. Le doute n’était plus permis et pourtant il doutait ... Jouir de chaque instant lui paraissait alors impossible car cette attente lui rongeait l’esprit.
Le carillon de l’entrée tinta, et la porte s’ouvrit. Edouard se figea, Katell venait d’apparaître devant lui…
Mar 17 Nov 2009, 21:33 par Elixane sur Mille choses

Pas de retour. chapitre 4 (premiere partie)

Chapitre 4

Aéroport de Changi, Singapour – Au grand étonnement de Patrick, les formalités de contrôle des passeports furent très rapides et plutôt agréables. « Ca nous change de l’Europe », se dit-il. Cependant que lui et ses quatre élèves marchaient vers les tapis roulants pour récupérer leurs bagages, le petit Victor s’exclama :
- « Regardez ! Mon sac est déjà là !
- Le mien aussi ! », applaudit Ali.
« Efficace, avec ça ! », pensa Patrick, tout en regardant Victor courir partout, tel un furet. Tendrement, il se remémora sa première rencontre avec ce garçon âgé maintenant de 12 ans. Il y avait cinq ans. Déjà.

Ce jour là, Victor et ses parents pénétrèrent timidement dans l’établissement, juste avant que l’entraînement général ne débute. Patrick, déjà vêtu de son dobok, les accueillit. Il remarqua tout de suite le manque d’assurance des deux adultes qui se reflétait également chez le petit blondinet, agrippé à la main de sa mère, l’air déterminé à ne pas vouloir la lâcher, même en échange de tous les bonbons du monde ! Patrick s’évertua à les mettre à l’aise et chercha à comprendre quelles étaient les motivations des parents. Ceux-ci expliquèrent, hésitants, que leur petit garçon était d’une timidité maladive, qu’il n’osait jamais s’exprimer librement, que ce soit à la maison ou à l’école. De fait, il avait peu ou pas d’amis et il passait le plus clair de son temps, seul, lisant des tonnes de livres de son âge. Un ami leur avait conseillé de l’inscrire à un club d’arts martiaux, quel qu’il soit, afin de lui permettre de développer une certaine confiance en soi qui lui faisait manifestement défaut. Patrick avait déjà eu affaire à ce genre de cas. Il avait su, à force de patience et de psychologie, faire ressortir les points forts de ces enfants et leur démontrer qu’ils ne devaient pas craindre de les mettre en valeur. Ainsi, au cours des années, Victor s’était complètement transformé. Il était devenu un préadolescent sûr de lui et de ses possibilités, n’hésitant plus à exprimer ses émotions. Malgré son jeune âge, il adorait assister les entraîneurs des tout petits et prenait plaisir à l’instruction. Patrick lui avait donné cette responsabilité, sachant pertinemment que cela permettrait à Victor de continuer à s’épanouir. « C’est en enseignant qu’on apprend le mieux. » répétait-il à ses ceintures noires pour les convaincre d’aider les entraîneurs. Et, en effet, Victor avait beaucoup appris. Sur lui-même. La participation au tournoi de jeunes pratiquants comme Victot faisait aussi partie de la stratégie de Patrick. Il s’avéra que l’enfant était naturellement doté des qualités physiques requises par le taekwondo. Le travail technique qu’il avait accumulé au cours de ces années d’entraînement lui permettait de figurer parmi les meilleurs combattants de sa catégorie d’âge. Ses résultats en tournois, accompagnés des félicitations de son mentor ainsi que de l’admiration de ses camarades, n’avaient pas manqué de le convaincre qu’il pouvait réussir dans ce qu’il entreprenait. Mais, le plus étonnant pour Patrick était de constater l’évolution simultanée des parents de Victor. Ceux-ci étaient devenus plus affirmatifs, beaucoup moins timides dans leurs échanges avec lui, moins craintifs en apparence. « Et ils ne pratiquent aucun art martial, eux… Trois transformations pour le prix d’une ! Non seulement Victor a changé mais il a aussi, et sans le savoir, influencé ses propres parents… », s’amusa-t-il intérieurement.

Quant à Ali, le problème avait été tout autre. Ses parents, issus de la troisième génération d’immigrés, avaient réussi à percer ce mur invisible dressé par la société à cause de leurs origines. Ils étaient jeunes, formaient un beau couple et respiraient le . Lui était cadre dans une compagnie d’assurances et elle dispensait des cours d’informatique pour le compte d’un organisme de formation professionnelle. A la naissance d’Ali, un an après leur mariage, ils furent fous de joie et tous les membres de leurs grandes familles, de Paris à Oran, devinrent hystériques. « Un cadeau d’Allah ! » avait proclamé un oncle d’Oran, toujours volubile. Le grand père d’Ali n’avait pas hésité, déclenchant le courroux de son épouse, à déclarer à son rejeton : « Tu as toujours été ma plus grande fierté, mon enfant. Maintenant, avec la naissance de ton propre fils, je sais que jamais je ne pourrai être plus heureux. Alors, si Dieu veut que je meure maintenant, je suis d’accord ! »

Au fil des mois, puis des années, les géniteurs comblés s’aperçurent que quelque chose clochait chez Ali. Dans son comportement, très agité, souvent impulsif ; à l’école, où il avait énormément de mal à suivre. Ses parents s’en inquiétèrent très vite et consultèrent un généraliste. Celui-ci, après examen de l’enfant, pronostiqua un TDAH (Trouble de Déficit de l’Attention Hyperactivité) et demanda aux parents de voir un spécialiste afin de confirmer la découverte et, surtout d’en définir le degré. Ce qu’ils firent. Et ils apprirent que leur enfant était, en effet, atteint du TDAH, à un degré élevé. Mais le spécialiste se montra rassurant car le problème avait été détecté assez tôt et il proposa un programme spécifique pour Ali, à base d’homéopathie (il était contre les médicaments, qu’il considérait trop invasifs pour un enfant de 6 ans) et d’approche psychosociale. « Mais le plus important pour Ali reste l’amour que vous lui portez et votre soutien sans faille. », avait prévenu le professeur. Justement, de l’amour, pour leur enfant, ils en avaient à revendre ; de même que toute leur famille ! Aussi, loin d’être abattus, soulagés, même, de pouvoir mettre un nom sur le problème, les parents d’Ali étaient plus que déterminés à aider leur fils. Lorsque la maîtresse d’Ali fut mise au courant du trouble de son élève, elle recommanda à sa mère de l’inscrire au club de taekwondo de Patrick Brun, leur assurant que cela pourrait grandement contribuer à l’amélioration de leur fils. Prudents, les parents demandèrent conseil au spécialiste qui ratifia cette suggestion : « Pratiquer un sport, qui plus est un art martial, est une excellente démarche dans le cas du petit Ali. En effet, pour lui, apprendre en étant assis derrière un pupitre est un vrai calvaire. S’il peut apprendre tout en déversant son trop plein d’énergie, il aura moins de difficultés à garder son attention. Un art martial offre, en plus, un cadre très structuré, basé sur des règles et des codes précis que personne ne peut enfreindre, y compris un enfant atteint de TDAH. Aussi, Ali apprendra plus facilement les conséquences de ses débordements éventuels et, inconsciemment, ajustera son comportement en fonction. »

C’est ainsi que Patrick reçut Ali au sein de son club et participa – non sans mal – aux progrès lents mais incontestables de l’enfant. Aujourd’hui, Ali avait 18 ans. Patrick le regardait récupérer son sac et aider Mathilde à en faire autant. Grand, musclé, souple : un corps de félin. Calme, souriant, confiant, patient, toujours à l’écoute : un grand frère à qui on veut confier toutes ses peines ; vers qui on se tourne pour partager ses joies ; quelqu’un dont on veut gagner l’amitié, à jamais. « Où es-tu passé, petit Ali de 6 ans ? », s’interrogea Patrick. « Tu nous as fait souffrir, mes entraîneurs et moi. Tu nous as tournés en bourriques tant de fois. Tu étais insaisissable. Tes camarades d’entraînement te détestaient car tu étais différent. Tu étais incapable de reproduire une poomse correctement… Et, petit à petit, tu as laissé la place à quelqu’un qui est finalement devenu ce jeune homme : un instructeur occasionnel adoré par ses étudiants. Un champion de taekwondo. Et, pour couronner le tout, un brillant étudiant qui finit sa deuxième année de médecine. Alors, c’est avec plaisir que je te dis : « Adieu, petit Ali de 6 ans… Et je suis content que tu aies laissé ta place à cet Ali de 18 ans, promis à un brillant avenir. Le joyau de sa famille, si aimante… » .
Jeu 12 Nov 2009, 12:07 par Arthis sur Mille choses

Pas de retour. chapitre 3 (complet)

Chapitre 3
Mathilde regardait Arthur finir sa série de coups de pied directs arrière. Le sac de sable, bien que lourd, oscillait au rythme des impacts puissants. Secrètement, elle aimait Arthur. Elle aimait son sourire permanent, ses yeux d’un bleu azur, ses cheveux blonds coupés courts. Elle rougit en pensant à ses rêves érotiques au cours desquels Arthur, torse nu, musclé et naturellement bronzé, l’enlaçait. Elle qui, à 15 ans, n’avait encore jamais connu l’amour…
- "OK, Arthur ! Tu peux arrêter là. Très bien ! Bravo !"
Patrick Brun était visiblement satisfait de la prestation de son protégé.
- "Tu sais que si tu as le bon timing en utilisant ce coup de pied direct arrière, ton adversaire sera par terre en 2 secondes. Avec ta puissance et ta rapidité, ça ne fait pas un pli ! Allez ! C’est fini pour ce soir… Tu peux aller prendre ta douche".
- "Merci co… Euh… Patrick…"
Mathilde se mêla à l’échange.
- "Patrick ! Et moi ? Pourquoi tu ne me fais pas travailler sur cette série, aussi ?"
Arthur se retourna et prit son air espiègle.
- "Mathilde, voyons ! Tu sais bien que pour utiliser cette technique en tournoi, il faut la maîtriser à 100% ! Ha ! Ha ! Ha !"
Devant la moue qui se dessina sur le visage de Mathilde, Arthur continua :
- "Je plaisante, Mat… C’est pour t’embêter un peu…"
Mathilde lui tira la langue.
- "Allons ! Ce n’est pas un peu fini ces gamineries ?!", intervint Patrick, en riant. Puis, il s’adressa à elle :
- "Mathilde, tu sais bien que ton point fort, c’est la contre-attaque retardée en 45 degrés. Pour le tournoi, c’est là-dessus qu’il faudra compter. Donc, ton entraînement spécifique portera sur cette tactique. Tu comprends ?"
- "D’accord, coach !", fit-elle, en sachant pertinemment qu’il avait horreur qu’on l’appelle ainsi. Et elle courut vers les vestiaires en s’esclaffant.
- "Quelle petite peste !", cria Patrick en faisant semblant de vouloir la rattraper.
[…]
Arthur n’avait d’yeux que pour cette silhouette svelte et agile qui se déplaçait gracieusement ; cette chevelure abondante châtain qui encadrait une petite frimousse malicieuse, parsemée de taches de rousseurs et… cette petite langue toute rose qu’elle continuait à lui tirer, tout en continuant à détaler.

- "Bon !", reprit Patrick à l’adresse d’Arthur. "Alors, tu te prépares pour le voyage ? »
- « Oui, je suis vraiment impatient ! »
- « Tu n’oublies pas l’école, hein ? »
- « Non, bien sûr que non ! Je me suis organisé avec mes profs. Ils m’ont donné une liste de devoirs pour les vacances. Je pense qu’avec une ou deux heures par jour, je devrais m’en sortir. »
Patrick n’avait aucune inquiétude réelle à ce sujet. Il était en relation régulière avec les professeurs du lycée et n’hésitait pas à parler à l’élève faisant partie de son club lorsque ses résultats scolaires étaient en baisse ou que son attitude générale laissait à désirer. En ce qui concernait Arthur, il n’entendait que des louanges de la part de ses professeurs, quelle que soit la matière.
- « C’est bien, Arthur. On part dans une semaine. Et on a encore pas mal de techniques à peaufiner. Je vais tout faire pour que Victor, Ali et Mathilde soient fin prêts. Toi, tu l’es… Donc, tu vas plus travailler le côté endurance, OK ? »
- « D’accord, Patrick… Dites, c’est comment, l’Asie ? »
Patrick repensa à son voyage en Corée du Sud.
- « L’Asie, c’est grand. C’est magique, aussi ; en tous cas, à mes yeux. Tu sais, je ne connais que la Corée mais j’ai entendu dire que Singapour est le pays le plus occidental d’Asie. Il a malgré tout su conserver un caractère particulier, grâce à la diversité des cultures le peuplant : chinoise, malaise ou indienne. Et, d’après ce qu’on m’a dit, toutes les races vivent harmonieusement ; en incluant les expatriés – Européens, Américains et Australiens pour la plupart – qui sont bien intégrés. »
- « Ça doit être vraiment super ! Et le tournoi ? Vous savez qui va participer ? »
- « Le tournoi international de Singapour a lieu tous les 2 ans. Le niveau est très poussé. Plus de 25 pays vont être représentés. Beaucoup d’Asiatiques, bien entendu ; et les Etats-Unis y participent pour la première fois, comme la France. L’Australie aura la plus grosse délégation, avec 15 athlètes de tous âges. Ce sont eux qui ont récolté le plus de médailles d’or lors de la dernière édition. La fédération m’a d’ailleurs averti que l’Australien qui concourra dans la catégorie open - la tienne - représentera son pays aux prochains jeux olympiques. »
- « Wooww ! Ça va pas être simple pour moi ! »
- « Ne t’inquiète pas, Arthur. Je pense que tu as le niveau pour les jeux, aussi. »
- « Mais je n’ai que 15 ans ! »
- « C’est pour cela que tu combats en catégorie « open ». Tu vas te mesurer à des athlètes de 19, 20 ans. »
Patrick marqua une pause. Il observa la réaction d’Arthur. Sans surprise, ce dernier ne manifesta aucune émotion particulière : ni peur, ni même crainte.
- « Bon. Il est temps que je te dévoile un secret… reprit l’entraîneur. Les gens de la fédération m’ont confié que si tu atteignais au moins les demi-finales, tu serais inclus dans l’équipe de France des JO. »
Arthur écarquilla les yeux de surprise.
- « Pour une nouvelle, c’en est une, Patrick ! »
Patrick rit de bon cœur.
- « Tu comprends maintenant, pourquoi je te fais travailler aussi dur ?! »

[…]

Après une douche réparatrice, Arthur sortit du bâtiment, le sac sur l’épaule et la tête dans ses rêves olympiques. Il était tard, il faisait déjà nuit, mais il ne se pressait pas pour autant. Soudain, il perçut un mouvement derrière lui. Il se retourna vivement. Mathilde fut stoppée net dans sa tentative de lui faire une surprise, un peu abasourdie par la vitesse de réaction d’Arthur.
- « Mathilde ! », s’étonna-t-il. « Qu’essayes-tu de faire ? »
- « Bah, je voulais te faire peur… »,répondit-elle, un peu dépitée par son échec.
- « Ha ! Ha ! Ha ! Eh ben, c’est raté ! »
- « Je sais... »
Il reprit son sérieux :
- « Tu veux que je te raccompagne chez toi ? Il est tard et tu pourrais faire une mauvaise rencontre. »
- « Tu penses que je ne peux pas me défendre ? », le défia-t-elle.
- « Tu plaisantes ? Je sais très bien de quoi tu es capable ! »
- « Alors, pourquoi veux-tu m’accompagner ? », rebondit-elle, l’air de rien.
Désespéré, Arthur fuit son regard. Il sut que le moment était venu de lui dire ce qu’il ressentait. Il n’avait jamais osé auparavant. Il était assez courageux pour se défendre contre trois voyous simultanément, mais assez lâche pour ne pas pouvoir la regarder droit dans les yeux et lui dire, tout simplement : « Tu me plais vraiment. Je veux sortir avec toi »… « Quel imbécile je fais !» s’injuria-t-il intérieurement. Il décida de jouer l’esquive. Pour le moment.
- « Allez, viens ! Ne fais pas ton bébé… »
Alors qu’il la poussait gentiment, Mathilde ne put s’empêcher de se sentir déçue et en colère. « Quel idiot, alors ! Il ne comprend rien ! Ou bien, il ne m’aime pas ?! Je vois bien toutes ces sottes qui lui courent après, au lycée… Arthur par ci, Arthur par là… Gnagnagna… Peut être qu’il aime bien l’une de ces pétasses. Bon ! Il faut que j’en aie le cœur net… ».
Arthur marchait à côté d’elle, silencieux. Elle se tourna vers lui :
- « Arthur ? », commença-t-elle, hésitante.
- « Oui ? », répondit-il un peu trop vivement.
- « Tu aimes bien les filles du lycée ? »
Arthur la regarda, l’air benêt.
- « Euh… Bah oui… En général, quoi. Elles sont sympas… »
- « Et qui préfères-tu ? »
Involontairement, il adopta un air encore plus ahuri, complètement pris au dépourvu par les questions de Mathilde.
- « J’sais pas moi… Pourquoi tu me poses ce genre de questions ? »
« Décidément, il le fait exprès ! C’est pas possible ! », se dit-elle. Elle s’arrêta, s’approcha de lui et l’enlaça.
- « Arthur, tu ne vois pas que tu me plais ? »
Sans un mot, il la prit par la taille, l’attira vers lui et l’embrassa tendrement. « Enfin ! » ne put-elle s’empêcher de penser, soulagée et heureuse… Ils restèrent l’un contre l’autre un long moment, profitant de cette harmonie de sentiments qu’ils se découvraient pour la première fois.
Puis, à contrecœur, ils se décidèrent à poursuivre leur retour à la maison. Mais cette fois-ci, ils marchaient main dans la main, les yeux pétillants de .
- « Arthur, tu m’aimes depuis quand ? », minauda Mathilde.
- « Depuis la première fois que je t’ai vue au dojang. »
- « Mais je n’avais que 9 ans ?! »
- « Et alors ? On peut aussi avoir des sentiments, à cet âge-là, non ?! », rétorqua-t-il, en riant.
- « Qu’est ce que tu peux être bête, quand tu veux ! », le taquina-t-elle.
Et ils rirent de bon cœur, avant de s’embrasser à nouveau.

Alors qu’ils s’approchaient de l’immeuble de Mathilde, Arthur s’arrêta :
- « Mathilde, je dois te dire quelque chose de super ! »
- « Quoi ? Que tu m’aimes ? », fit-elle, pleine de malice.
- « Non... »
- « Comment ça, non ???? », l’interrompit-elle, feignant la colère.
- « Mathilde ! Ecoute-moi, c’est super important.
- J’adore t’asticoter, Arthur ! Tu démarres toujours au quart de tour ! Allez, dis-moi ce qui est super…
- Eh ben, voilà… Avant de quitter le dojang, le coach m’a dit que je pourrais avoir une chance de faire partie de l’équipe de France pour les prochains JO. »
Mathilde le regarda bouche bée. Puis se ressaisit :
- « Tu veux me faire marcher à ton tour ou quoi ?
- Non, non ! C’est vrai…
- Ça alors ! Mais tu n’as que 15 ans !
- Et les prochains jeux ont lieu dans 3 ans…
- Tu as raison ! », admit-elle.
Après un temps de réflexion, elle sauta de joie.
- « C’est génial, Arthur ! Vraiment super ! Je suis tellement contente pour toi !
- Attends, attends ! Ce n’est pas encore fait, hein ?!
- Je sais mais quand même ! Au fait, ça dépend de quoi ? »
Il lui expliqua la teneur du marché. Elle s’enthousiasma :
- « Tu devrais y arriver sans problème !
- Je ne sais pas. Je ne connais pas mes adversaires et il paraît que le niveau est plutôt costaud. Tiens ! Il y a même un Australien qui est déjà intégré à l’équipe olympique…
- Mais tu n’as jamais perdu un tournoi, Arthur ! Ne sois pas modeste !
- Ca ne veut rien dire, tu sais… Enfin, on verra bien ! », conclut-il dans un sourire pour lequel elle craquait à chaque fois.
- « Oh ! Arthur ! Je suis tellement fière de toi ! »
Elle se jeta sur lui et l’embrassa fougueusement. A cet instant précis, Arthur se sentit invincible, fort de cet amour qu’il ressentait pour Mathilde ; porté par les émotions si démonstratives de Mathilde.
Mar 10 Nov 2009, 10:45 par Arthis sur Mille choses

Le temps des bonheurs passés

Deux mois après le premier regard.
Après notre première nuit ensemble,
Nuit passée à t’observer dormir.
A contempler ton visage sous milles angles.
A écouter ta respiration douce et régulière, apaisante.

Deux mois après notre première rencontre, des plus inhabituelles.
Nous voici l’un en face de l’autre, nos yeux se perdant dans nos sentiments.
Et ces mots nous brulent les lèvres.
Si doux, si affectueux, si révélateurs...

Tu as pris les devants et malgré mon envie folle de le faire à ta place,
Tu me les as susurré à l’oreille.
Jamais une voix ne m’as paru si douce, jamais une voix ne m’as autant empli de .
Jamais je ne suis senti aussi bien par ces deux mots.

Cela m’as paru rapide de me sentir si vite dans cet état à ton égard.

Mais je pense maintenant croire en mon ignorance.
Et ce sentiment qui m’emplissait je l’ai découvert avec toi.

Je t’aime de toute mon âme, de tout mon être, de toutes mes forces...

Et cette réciprocité découverte me subjugue.
J’aurai voulu hurler mon sur les toits de cette ville morte.

Ces deux mots si doux, si affectueux, si révélateurs, furent les plus beaux jamais entendu.

Mais ce ne durera qu’un temps, et après celui ci, je retournerai à mon quotidien de tristesse et de souffrance.
Mes pensées me ramenant constamment au futur alors que je ne souhaite que profiter du moment présent.

Je devrai me réjouir de ce don présent au lieu de me torturer par mes souffrances futures.
Mais pour éviter il me faut être avec toi.
Il me faut t’avoir à mes cotés pour ne plus me soucier des mon futur, de ma vie qui avance.

Il me faut m’enivrer de toi pour oublier l’horrible fardeau du temps qui me ramène constamment à mes souffrances futurs.
En cela je me sens proche d’un des plus grands.

Je t’aime ma douce.
Jeu 05 Nov 2009, 23:30 par Pierre sur La déclaration d'amour

Pourquoi?

Pourquoi cette sensation de faiblesse, alors que je suis à l’apogée de mon .
Tout simplement parce que je sais qu’il retombera mort, au plus profond de moi, me rappelant son souvenir, comme si j’avais avalé une braise.
Me brulant de l’intérieur en ramenant à mon esprit les souvenirs présents.
N’est ce pas se torturer que de penser à la fin de son alors que j’en suis enivré.

J’ai tout simplement peur de la perdre.

N’est ce pas de l’amour? Je n’en sais rien, personne ne sait ce qu’est l’amour, il n’existe plus.
Il a quitté cette terre nous laissant au milieu des ingrats et des parasites. Nous laissant le chercher.

J’ai peur de la perdre.


Je me le répète continuellement.
Je suis dans les rêves qui hantent mes pensées depuis que je l’ai vu. Je voudrais lui dire "je t’aime" mais je ne pense pas le mériter.
Et si ce simple "je t’aime" envoyer tout en l’air.
Et si ces deux petits mots devenues bien trop souvent utilisés n’étaient-ils pas la fin de notre relation.

Je ne veux pas la perdre.

C’est deux simples mots me torturent, ils tournent dans ma tête sans s’arrêter.
Et si elle ne m’aimait pas?
Et si elle prenait peur du sérieux que je lui donne?

Je ne serai plus qu’un simple humain avec le cœur dans la main n’ayant plus qu’à le serrer jusqu’à ce qu’il crève.

Ces lignes me font du bien, malheureusement, leur simplicité, leur inutilité, leur vide, me font souffrir.
La souffrance accompagne ma vie principalement dans mes s.

Je ne veux pas la perdre.
Ven 30 Oct 2009, 23:32 par Pierre sur L'amour en vrac

L'envie d'écrire

Le mal être que chacun ressent nous vient-il réellement de ce que nous pensons souffrir?
Après tout ces envies de création que nous avons tous, ou ces envies de destruction, ne se rapportent-ils pas à quelque chose de beaucoup plus simple que les raisons que nous nous cherchons?
Baudelaire voulait créer pour se sauver de son mal être, cela l’a tout simplement amené à l’augmenter.

Personne n’a jamais ressenti d’envie de s’exprimer sur sa peine bien qu’elle n’en trouve pas.
Je n’ai aucune raison d’être malheureux, amour, argent, , famille, amis...
Je pense avoir tout pour vivre une vie parfaite, et pourtant une profonde tristesse me poursuit jours après jours sans que je la comprenne.

Et cette tristesse qui nous emplie nous force à réaliser des actes pour donner lui donner raison.
Cette tristesse, ce mal être, cette souffrance, est intérieure est perverse.
Elle nous entraine en elle même comme si elle avait un équilibre à faire respecter.


Aucun jour de ma vie consciente ne s’est passé sans que je la ressente, jamais elle ne m’a quitté.
Lorsqu’elle était recouverte par un flot de , ce n’était qu’éphémère et malgré ces bons sentiments elles se faisaient ressentir . "Et après?"
Bizarrement ce désespoir est d’autant plus fort qu’il est accompagné d’amour.
N’est-ce pourtant pas l’amour qui nous amène les meilleures sensations?
Je commence à croire que l’amour n’est qu’un partisan du désespoir qui l’aide à devenir plus intense, il l’aide à nous mettre à genoux, à nous déchirer.
Je pensais ne plus croire en l’amour et maintenant que je l’ai rencontré, je me rend compte qu’il n’est pas du tout comme je l’imaginais.
"Écorché vif" une expression bien conventionnelle mais qui m’évoque tant de souvenirs.
L’écriture ne me donne qu’un temps de répits, parfois même elle aggrave les choses.


Chaque est complice du désespoir.
Ven 30 Oct 2009, 23:13 par Pierre sur Mille choses

Je ne m'aimerai plus

Je suis un connard.



Je suis le premier à en pâtir mais, en effet, je suis un connard.
Comme tous les connards, je ne le suis que pour certains, dans mon cas, je suis un connard pour les filles.
Pour les filles qui m’appécient et surtout pour celles qui m’ont aimé. Je ne suis pas du genre à être aimé du premier coup d’oeil, au contraire, mes relations et mes attachements ont été gagnés après de nombreux efforts.
C’est toujours moi qui m’accroche, bien qu’il m’arrive d’en laisser tomber.
Mais pourquoi suis-je un connard?
Tout simplement, parce que une fois que je me sens aimé par une femme, je me sens tout de suite beaucoup moins attaché à elle, je ressens le besoin d’aller voir ailleurs, je retombe amoureux de quelqu’un d’autre.
Ce genre de situation m’est arrivé bon nombre de fois et à chaque fois, je suis celui qui en souffre le plus : jamais je n’ai ressenti d’amour fusionnel et à chaque nouveau coup de foudre, me revient une question avec toujours plus d’importance. Ne refais tu pas la même erreur ?
Cela fait bien longtemps que je dis tout haut que je ne crois plus en l’amour et chaque début de relation me fait ravaler mes paroles. J’ai toujours l’impression qu’elles sont formidables, que cette fois-ci était la bonne, pour finir après un mois d’amour fusionnel je rencontre quelqu’un pour qui j’ai l’impression de ressentir quelque chose.
Bien qu’à chaque fois j’essaie de faire au maximum la distinction entre désir sexuel et amour, et je dois dire que souvent je me cache à moi même que ce n’est que de simples désirs sexuels, je me retrouve souvent amoureux d’une personne alors que je suis en couple avec une autre.
Mon principal problème étant que, essayant de me stabiliser sur ma relation, je tente de faire abstraction de la deuxieme personne, pour ne pas faire souffrir la première. Je le fais en pensant que cette attirance n’est que temporaire.
Et, à chaque fois, ce n’est temporaire seulement jusqu’au moment où je suis en couple avec la deuxieme personne délaissant l’autre qui m’avait apporté tellement de et lui donnant tant de malheur.
Sam 24 Oct 2009, 21:10 par Pierre sur L'amour en vrac

Incertitude

Il y a fort longtemps que je te cherche, depuis toujours même.
Je me dois de te trouver, de t’étreindre et t’assimiler, il en va de ma survie.
Tu erres quelque part, noyé dans la décadence du monde, caché par mes ressentiments, masqué par mes échecs mais néanmoins toujours présent.

Bien que nombreux sont ceux qui s’avancent en ta direction sans même te reconnaître à coup sûr, je ne peux que rester en queue de file et patienter pour t’apercevoir avant de plonger.

On te nomme amour, on te surnomme mais permet moi de t’appeler, sans vouloir t’offenser, incertitude.
Lun 28 Sep 2009, 00:18 par rémanence sur Mille choses
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Ecrire sur bonheur

Ecrire sur bonheur La jalousie, Oiseaux de feu, Plus l'habitude de me mettre en péril..., Escapade d'été, Cette nuit, j’ai rêvé…, "il n'est pas là", Lettre à magali, Les portes de féerie, Pas de retour. chapitre 4 (premiere partie), Pas de retour. chapitre 3 (complet), Le temps des bonheurs passés, Pourquoi?, L'envie d'écrire, Je ne m'aimerai plus, Incertitude,
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La citation d'amour

Le pouls des amants bat sur leur visage.

Lope de Vega.

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