Premier amour

[..] alors, on s’évertue, on s’aventure, on s’accentue, on s’accélère, on s’exaspère, on se perd, on se repère, on s’accumule, on se bouscule, et TOUT bascule. On se donne, on s’abandonne, on se reprend, on se délaisse en se lassant bien gentillement, on glisse des mots un peu trop beaux, au creux des reins deux trois promesses, quelques ébauches d’un autre cri, plusieurs esquisses d’une autre vie, un coup de pinceau, inachevée un tableau, sur le lit un ultime défi, bien que pourtant on se défile, puis on se décout, à tous
les coups, de tous les coins. On se cache, on se couche en va et viens, on se remet, on se réserve, on s’incombe, on se barre en trombe, puis, on y retombe. Les jambes en tombent, les ongles en tremblent, eux, ils s’en branlent.
Alors oui, pourtant, ce sont bien mes mains éprises que je balance au coeur des tiennes jusqu’à ce qu’on s’enlise, ce sont bien mes lèvres anciennement chargées d’éclats que tu fais voler d’ici, de là. Comprend-moi, anéantit-moi, réduit-moi à la poussière, rend-moi plus Basse que terre, vide le Ciel à l’instinct de tes envies, tu contrôles tout, tu fais languir le Monde, ouvrir les bouches, naître les bombes, abattre nos murs, comprend-moi, comprend comme tu me fascines du haut de tes doc marteens, torture ma voix, tranche, carbonise-la. Laissons couler, laissons s’évanouir, s’affaisser ce qui se défait plus qu’il ne se fait.
Révolutionnons l’incroyable, créons-le, puis, avant que le temps ne nous l’épuisent, nous le bernerons, et cette fois, le temps aura beau courir, nos coeurs ne s’essoufleront plus jamais derrière ses pas perçants. Fais-moi tourner au son d’un mauvais amour, faisons hurler nos verres, s’égosiller nos cigarettes. Jours après nuit, nuits après cris, et même au bord du précipice, les yeux à l’alambiqué, l’adolescence exterminée, tu seras Là, On sera là. Toujours, tout le temps.

Je ne sais que Dire, à l’éternel.


Loulika
Jeu 21 Août 2008, 23:23 par Loulika sur Histoires d'amour

Si vous aimez ecrire , je cherche un peu aide

Ayant des difficultés à trouver mes mots et à m’exprimer, je cherche une personne pouvant m’aider ou retranscrire ce que je pense ce que je ressent essayer de décrit avec le plus de lucidité les difficulté que je rencontre face la maladie Alzheimer et aussi retranscrire certain souvenir. Car j’ai de plus en plus de difficultés a dire les choses du fait de mon vocabulaire que je perd au fil du temps.
Si vous aimez écrire et avez un peu de temps a me consacrer, ceci pourrait m’aider et me rendre un grand service .a vos plume écrivez moi sur fabienne.sud@laposte.fr http://fripounette84500.skyrock.com content
Lun 16 Juin 2008, 22:49 par alzheimer84500 sur Annonces

La réalité

Je me sens bien, je suis heureux, léger. Je suis aimé, de celle que j’aime. Mon sourire est radieux, comme les rayons d’amour qu’elle m’envoie.

Un, deux, trois… Soleil !
Je me retourne, et elle est là.
Un, deux, trois… Soleil !
Je me retourne… Mais où est-elle ?

Je ne comprends pas, il y a un instant à peine, elle était là, pour moi… Que s’est- il passé ? Ca y est, je sais ! Je ne suis pas dans la réalité, ce n’est encore qu’un de ces maudits cauchemars…

Ouf ! J’ai vraiment eu peur…

Je dois maintenant me réveiller. Allez ! Je claque des doigts… Mais rien ne se passe… Je recommence… Toujours rien.

Il y a quelqu’un qui va m’aider, assurément.
Est-ce que vous m’entendez ? Je suis là ! Ma voix se perd dans le néant. Il faut pourtant que je me réveille, mon amoureuse m’attend ! Cette farce n’a que trop duré…

Tiens, je vois au loin de la lumière… Ca doit être la sortie. Je dois m’y rendre, là bas mon sourire m’attend. Je cours, je cours… Mais que se passe-t-il ? Ce n’est pas une sortie… C’est la lumière d’un écran d’ordinateur… Je me connecte, machinalement. Je vais dans une messagerie… Qu’est ce que je fabrique ? Ce n’est pas la mienne… J’entre le mot de passe, je cherche, je fouille, j’inspecte… Mais pourquoi je fais ca ? J’ouvre un message. Il est écrit : « Tu ne rêves pas, ceci est la réalité. Tu l’as perdue. »

Le froid m’envahit. Je me souviens tout à coup. Mon cœur devient lourd comme le plomb. Je ne rêve pas. C’est la réalité.

Non, je ne peux pas le supporter.

Un, deux, trois… Sommeil !
Ven 13 Juin 2008, 22:02 par Bluetime sur La vie à deux

Un ami

Mon ami Amédée, tu es parti en ce jour
Tout seul, pour un voyage sans retour
Sans rien dire, sans amertume, sans un mot
Sans une larme, sans une plainte, sans un adieu
La camarde cette mégère
Que tant de gens espèrent
Pour abréger leurs souffrances, leurs douleurs
À frappé a ta porte rentrant à l’intérieur
Elle a fauché ta vie dans la force de l’âge
T’invitant à faire avec elle un ultime voyage
Tu laisses ici bas ta femme tes enfants
Avec qui tu partageais
Tant de merveilleux moments
J’aurais tant voulu te parler te revoir
Avant que tu partes te serrer dans mes bras
Reparler de notre amitié
De nos bêtises de gamins
Jusqu’au jour ou un beau matin
On a suivi notre route, notre destin
Les souvenirs me reviennent
Ont du mal à sortir pêle-mêle
J’ai mal pour les tiens
J’ai mal au fond de moi
Quand on perd un ami
Quoi de plus normal
Je ne te dis pas adieu
Je te dis au revoir
Car je sais au fond de moi
Que bientôt on se reverra
Ven 03 Août 2007, 04:43 par pierre de la carolina sur Mille choses

Femme emancipee...

Femme emancipée
Aujourd’hui tu veux tout de nous
Pauvres hommes
Rien ne peut etre gris
Soit Blanc soit noir
Il nous faut choisir et bien
Alors que vous ne faites
Que naviguer entre les deux
Mais qu en est il de nous
Avons nous encore des droits
Vous nous choississez
Posez votre devolu sur nous
Il nous faut etre l’homme
Celui qui peut etre force
Mais qui doit avoir sa douceur
Ou son point faible
Que vous seule connaissez
Nous devons etre le protecteur
Juste suffisement pour bien paraitre
Pour vous rassurer
Mais surtout pas trop
Pour ne pas courrir le risque
De devenir envahissant
Ou d etre etiquette jaloux
A la moindre reflexion
Alors sur quel pied devons nous alors danser?
Nous sommes hommes
Eleves dans ce role qui se perd
A cause de votre tailleur femme d affaires
Nous voulons vous seduire
Donner l impression d etre utile
Payer l’adition ou vous tenir la porte
Et jouer le beau rôle du gentleman
Pouvoir vous jouer le grand jeu
De l’amour ou du macho
Suivant notre humeur
De l’amant transit ou de la bete fauve
Car au final nous ne vivons que pour vous mesdames...
Alors laissez nous juste l’impression que l’idée venait de nous!
Sam 28 Juil 2007, 00:38 par Loyd sur Citations

Un monde où...

L’évolution est un processus imparfait
Et souvent violent.
Une bataille qui se livre entre ce qui existe déjà et ce qui est à naitre...
Une succession de naissances douloureuses au cours desquelles la morale se perd
Si bien que la question du Bien et du Mal se réduit à un simple choix

Survivre ou périr...

Extrait de " Heroes "
Lun 09 Juil 2007, 17:55 par Satine sur Un monde parfait

Trouble

Ce sentiment tremblant, certitude qui se perd
Cette émotion troublante qui s’imprime et perdure
J’aimerais les maîtriser, les inscrire au futur
Ils sont miens, vrais et purs, en perte de repères.

Aujourd’hui je suis bien mais en manque de toi
Ton indolence me gène, me heurte et me secoue
Tu m’attires me retiens, viens t’inscrire dans mon flou
Je cherche à m’éloigner, peut-être loin de toi

Je te donne rendez-vous dans un prochain poème
Où je te raconterai de quelle façon je t’aime
Comment je te désire, te cherche et t’entrevois

C’est une litanie, un ouvrage en naissance
Un poème décati, érodé par l’absence
Qui se veut symbolique et cherche ton émoi.
Ven 06 Avril 2007, 16:58 par jatea sur L'amour en vrac

On vit

On vit dans un monde où le bien et le mal se mélangent si souvent,
Là où le diable peut trôner au coté d’un ange,
Là où les idées claires peuvent se mêler à l’ étrange,
Là où les pensées donnent de l’amour ou bien se vengent.



On vit dans un monde où le bien et le mal subsistent toujours,
Là où les principes sont souvent bafoués par notre égoïsme,
Là où notre solidarité se perd dans notre manque d’humanisme,
Là où les visions de bonheurs se meurent dans des regards si tristes
Là où les hommes ne pensent qu’à leur personne.



On vit dans un monde où le bien et le mal n’ont plus de repères,
Là où la passion finit souvent dans un combat amère,
Là où la paix peut se finir en une sanglante guerre,
Là où le paradis s’obscurcit en lucifer
Là où la guerre est toujours d’actualité
Là où des hommes se croient surpuissants au nom de dieu,
Mais dieu quel qu’il soit, n’a jamais dit de tuer son prochain.....
Sam 23 Sep 2006, 16:42 par joullia sur Un monde parfait

Je serais toujours là

Quand la vie te décevra,
Quand un grand mur se dressera devant toi,
Quand tu auras peur de foncer,
Je serais toujours là pour t’aider.

Quand le soleil s’éteindra dans ton âme,
Quand tu croiras que la vie perd son charme,
Quand les idées noires te désarment,
Je serais toujours là pour te tendre la main.

Quand tu seras devant trop de détours,
Quand tu ne trouveras plus le chemin du retour,
Quand tu chercheras le Nord dans le jour,
Je serais toujours là pour te guider.

Quand, un jour, la chance te sourira,
Quand le ciel se dégagera pour toi,
Quand ton sourire resplendira,
Je serasi toujours là pour rire avec toi.

Quand tes rires se changeront en fous rires,
Quand tu verseras une larme,
Quand tu lanceras un cri d’alarme,
Quand tu seras fatiguée,
Quand tu seras las,
Je serasi toujours là pour t’encourager.

Quand tu auras besoin d’une oreille pour t’écouter,
Quand tu auras besoin d’une main pour te relever,
Quand tu auras besoin d’un câlin pour t’apaiser,
Je serasi toujours là pour te consoler.

Si tu as besoin de moi,
Peu importe l’heure qu’il sera,
Peu importe le temps qu’il fera,
Je serais toujours là pour toi.
Sam 23 Sep 2006, 10:01 par joullia sur Un monde parfait

Cette clé ouvre les portes de l'amour

J’ai la clé du paradis de mon coeur,
Suis-moi doucement, tendrement,
Fait moi voir ton vrai toi,
Ton ame celeste,
Suis moi,c’est par ici...
On va passer une nuit de folie,
Ou on decouvrira nos corps,
Ou nos fleurs et nos reves,
Chanterons une douce melodie à tout jamais,
Pour que la vie nous conduise
Jusqu’à la fin de notre existence...
Suis moi,
On oublie tous nos ennuis...
On balaye tous nos soucis
On rit , on chante sous la pluie...

Cette clé ouvre les portes de l’amour,
Ne la perd pas, elle est unique, je l’ai donner qu’une seul fois,
J’en ai fait un double et tu as la derniere.
Une romance pointe le bout de son nez
Ne la laissons pas passé pour des utilités
C’est juré, que cette douce romance ne s’arretera pas.
Jeu 21 Sep 2006, 20:21 par joullia sur L'amour en vrac

Leur Histoire (devant la page blanche)

Devant la feuille blanche, l’Ange passe sans se retourner.
A travers l’âme blanche, la pluie perle.
Dis-moi si je fais bien de vivre.
Derrière la maison neuve, un coeur martyr s’isole et noircit.
En travers des larmes, son coeur se perce.
Dites-moi si je vais bien vivre.
Dans les blancs des yeux, ils se regardent.
A travers leurs silences, ils se parlent.
Par cela ils comprennent. Leur histoire est finie.

Devant la feuille blanche, le Démon s’attarde.
A travers les larmes grises, la glace s’accroche.
Dis-moi si j’ai bien fait d’hésiter.
Derrière la vieille demeure, un coeur lâche regrette et fuit.
En travers des larmes, son sang se verse.
Dites-moi si je vais encore flancher.
Dans le blanc de yeux, ils se fixent.
A travers leurs haines, ils s’entretuent.
Par cela ils se blessent. Leurs vies se séparent.

Devant le feuille blanche, l’Enfant se perd.
A travers ses frayeurs noires, les pleurs coulent.
Dis-moi si je fais bien de lutter.
Derrière la maison fragile, un coeur chaste dort et s’oubli.
En travers des larmes, son coeur se berce.
Dites-moi si je vais encore devoir lutter.
Dans les blancs des yeux, ils s’observent.
Par cela ils se pardonnent. Leurs chemins s’éloignent.
Jeu 24 Août 2006, 01:25 par Lindsey sur Histoires d'amour

Miroir caché

ô miroir caché qui transforme cet horyzon
d’une lumiere aveuglante qui scintille sur le monde
frustre les hommes d’une mélancolie certaine
et les femmes de passion malsaine
ô lumiere de ma vie, je te vois à l’horyzon,
te reclamant en ton nom miroir facile de tant d’ambition
ou peut etre d’autre humiliation
dechiré ses émois sans opinions,
sur ce pont qui traverse ce monde en perdition.
quel vision mélancolique, a je ne perderai espoir
de nourir de nouveau reve par des soirs étoilé
de myriade d’astre fantastique pour trouver un jour
le bonheur anesthésique amnésique et atypique,
a pathetique idée que de vouloir oublier ce monde en torpeur
qui ne fait rien pour s’ebranler fatidique senteur de la puanteur,
de la betisse humaine qui inonde ici bas
un jour peut etre je trouverai l’elue
qui fera de moi un être epanoui et dans un bonheur certain,
je serai la plume qui parcours ton corps
au grés du souffle de ce vent qui vole,
de passion sur ta peau chaleureuse, qui frole
et tombe dans l’abyme de tes seins,
pour finir se nourir d’un fruit qui n’est pas le mien,
plume qui vole au vent ,de la passion des sentiments,
brulant mon corps d’une passion intense d’un amour eternel
qui benira mon existence pardonnes moi d’être egoiste ce soir
mais je perd patience parfois, en esperant un jour te voir
je te dedicaces mes bons sentiments attachant
d’un coeur meurtri par les choses de la vie clap
Ven 04 Août 2006, 13:33 par kick sur L'amour en vrac

Perdre son âme

Qu’est ce que l’âme ?

Selon , la définition du dictionnaire :
"Principe spirituel qui, joint au corps, constitue l’homme vivant tel qu’il est conçu dans divers systèmes philosophiques et religieux. "

Définition et existence de l’âme :

Le mot "âme" avait chez les philosophes de l’Antiquité un sens très général : il désignait tout principe de vie et de mouvement, si bien qu’on pouvait distinguer dans l’être une pluralité d’âmes ; Platon en comptait trois, Aristote cinq : les âmes nutritive, sensitive, motrice, appétitive et rationnelle. Chez les modernes, le mot âme a une signification beaucoup plus précise, désignant ce qui dans l’homme est «un» et le principe de son être, le moi permanent. L’existence d’une âme transcendante au corps est affirmée par les doctrines spiritualistes. Dans la doctrine catholique par exemple: «L’âme est immédiatement unie au corps et principe de toute vie et de tout mouvement dans le corps» (XVe concile de Vienne, 1312). Les doctrines matérialistes considèrent au contraire que les phénomènes psychologiques sont étroitement liés à leur substrat physiologique, d’une part, aux réalités sociales, d’autre part, et qu’ils dépendent largement de ceux-ci. Les unes acceptent, les autres nient la dualité de substance.

Quelques soient les doctrines philosophiques, une âme ne se perd pas... Car elle est principe de toute vie... Donc de tout Etre...
Lun 05 Juin 2006, 11:44 par Satine sur Mille choses

Certainement...

si l’on y perd son âme...
Lun 05 Juin 2006, 11:07 par Janus Bozyeux sur Mille choses

Frère indien...

Université du Colorado. Années 90. Peuple Jemes Pueblo. Peuple des Indiens du Nord, près d’Albuquerque, Nouveau Mexique. Un jeune étudiant. Très droit dans son cœur, dans tout ce qui se dégage de lui. Une douceur un peu enfantine. Mais décidé, très fier. Un souvenir, douloureux mais digne, celui des Wounded Knees ; un massacre, celui causé par le mensonge, la trahison, une parole que les blancs n’ont pas su tenir... L’université du Colorado a refusé le droit aux étudiants indiens de faire une représentation de danse sacrée le jour du match très prisé des Buffalo, jugeant que « ce n’est pas le lieu pour ce genre de « chose » ", pas le lieu pour commémorer la tragédie - trop de monde. Les genoux ensanglantés. L’horreur. Les plus grands chefs indiens se faisant massacrer avec leur peuple. Sur leur visage, dans leurs yeux, l’incompréhension de s’être fait trahir par ces hommes, ces grands chefs de guerre blancs qui avaient donné leur parole. Giono les aurait appelés des radis creux : « la parole fait l’homme ou l’homme ne vaut rien »... Oui, les blancs avaient usé de leur force de persuasion et puis, s’étaient comportés comme des lâches, comme des traites, ils avaient encerclé les indiens sans arme comme du bétail mené à la boucherie... Félonie. Le souvenir cuisant dans la mémoire de l’homme blanc, de sa faute. Le rouge de la honte à son front. Oui, j’ai eu honte avec mes frères blancs. J’ai pleuré de découragement et de dégoût : comment peut-on agir ainsi, c’est indigne de l’homme ?! Oui, j’ai pleuré avec mes frères indiens. A genoux...

Dans la petite salle où notre locuteur Towa venait, nous étions généralement en face l’un de l’autre, un micro entre les deux. J’avais un profond respect pour lui. Il le savait sans que je n’en dise rien. Ces longues heures de répétition sur cette langue à tons à la mélodie si pure : "haut-bas-haut », etc. ; les tons changeant le sens des mots, les tons dont la valeur est distinctive. Ces phrases répétées lentement, patiemment, jusqu’à ce que nos oreilles perçoivent les différentes intonations. Et au delà du langage, j’intègre ce qui est propre à la culture de mon frère, k. Sh., frère indien, qui protège son peuple de l’homme blanc, qui sait entourer de silence les questions indiscrêtes, hélas, non sans raison. Parfois je lui souris pour le réconforter, lorsque mes confrères vont trop loin. Il sait. Il me sourit en retour. Nous sommes solidaires. Cela, même le chairman du Département de Linguistique l’a compris. J’ai droit du même coup à des traitements de faveur de la part de Kevin. Il ne s’impatiente jamais lorsque la Française passant du towa à l’anglais et parfois au français pour fluidifier sa pensée, prend son temps. Bien sûr, le nom indien de Kévin, je ne le connais pas, seuls ceux de son peuple ont accès à ce savoir. Et puis, ce nom change avec les divers états d’homme : bébé, garçon, adolescent... Tout un rituel autour de cela. Des rites initiatiques qui font défaut dans notre société industrielle où la machine et la pensée froide et cartésienne ont pris le pas sur l’humanisme. On nous somme d’être productifs, déplaçables, jetables ; nous produisons, le travail n’est plus à notre service nous sommes au service du travail. On ne fait plus grandir le cœur de l’homme mais un outil. Des numéros, des matricules, des corps sans âme. Je repense à cette vie simple parce que recherchant l’unité et cette philosophie cosmologique, ce respect universel des êtres et de l’univers qui transpirait dans toute l’attitude simple, digne et si noble du jeune étudiant. Cet amour enfin que je ne retrouve pas chez l’homme blanc qui cultive les paradoxes et se méfie de la simplicité du cœur, l’homme blanc qui est passé maître en matière de duplicité. Ce faisant il se perd, mais le sait-il ? Pour Kevin et son peuple, la place de l’homme est juste ; non pas considéré comme un tout puissant, ou placé sur une échelle sociale, mais comme un vivant parmi les vivants. Un choyé dans un monde merveilleux qui lui procure toutes choses utiles à la vie, à son accomplissement de fils d’homme. Mais pour y avoir droit, pour le mériter il faut être intègre, en prendre soin, être respectueux de soi et de l’autre, un dans tout ce qu’on est, un dans le tout. A terme, il en va de même de chacun - où qu’il soit - même si on n’en a pas conscience ; ainsi, par exemple, le manque de respect de la nature ne cesse de revenir sur nous comme un boomerang. Mon ami, mon frère, qui m’avais testée au fil des rencontres et qui m’avais offert de venir assister aux fêtes de fin d’années chez ton peuple. Un privilège auquel je fus sensible au plus haut point. Combien de blancs avaient eu cet honneur ? C’était le cadeau le plus merveilleux je crois que l’on ait pu me faire. M’accueillir en profondeur. Kevin, je n’ai pas pû venir, hélas, tu le sais, la vie, l’amour en a décidé autrement ; mais dans mon cœur, je continue de penser à vous, d’être auprès de vous, solidaire de votre lutte, afin que l’homme blanc ne vous écrase pas avec sa grosse machine à uniformiser. Afin que votre langue et votre culture survivent, elles qui furent les seules à ne pas subir l’influence de l’anglais ou de l’espagnol, ces langues dominantes et tout ce qu’elles véhiculent. Et ce, grâce à votre pugnacité. Votre refus de renoncer à ce qui vous habite. Votre force intérieure. Je n’ai jamais pu mettre en mots tout ce que mon coeur contenait pour ton peuple et pour toi. Je sais que je n’en avais pas besoin, tu me comprenais au delà de toute parole. Mais aujourd’hui, j’ai envie de témoigner et d’autant plus fort que votre valeur humaine est, hélas, menacée : oui, vous êtes à mon cœur parmi les plus beaux enfants de l’homme que je n’ai jamais eu la joie d’approcher ; peut-être parce que les plus vrais. Je suis fière de vous avoir connus, je suis fière du défenseur farouche et pourtant si humble et doux que tu étais et, je l’espère, que tu es encore. Puisse l’Esprit te guider et t’accompagner tout au long de ton « indien path » avec tes frères et soeurs. Dans mon cœur, il y a toujours cet enfant qui montre du doigt l’écureuil et qui dit d’une voix claire : « i-ini, i-ini, i-ini, i-ini » ! !
Kevin, je t’ai rendu hommage pour tout ce que tu es et que je ne serais jamais, pour tout votre mystère, pour toute votre beauté, toute votre unicité, afin que vous ne mouriez pas...
Mar 30 Mai 2006, 22:17 par dolce vita sur Un monde parfait
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