Il avait été une fois…

Il avait été une fois…


Au commencement était l’ « énergie ». Ce n’est que bien plus tard qu’ils l’appelleraient « lumière », ou « esprit », ou « divinités ».
Elle n’avait pas conscience d’elle-même, vu qu’elle était tout et tout était elle. N’ayant pas de limite, elle n’éprouvait pas le besoin de se définir en tant qu’entité, en tant qu’unicité, puisqu’elle était tout.

Mais un jour, vint l’ennui. Il se matérialisa par un effondrement de son tout sur lui même. Se condensant à l’extrême, une nouvelle forme en sortit. « Ils » devraient encore plus tard l’appeler « matière ».

La matière, inconsciente, devrait quand même toujours garder le souvenir instinctif de son état inconscient précédent. Elle devint à certains endroits des monde-entités. Chacun différent, mais chacun une lueur des autres, un reflet dans un miroir déformé de ce que les autres auraient put être.
Contigus mais sans contacts, ils étaient des échos infinis quasi-conscients les uns des autres.

Et la matière s’organisa, se complexifia. Elle devint vies. Ces vies développèrent chacune un don. Pour certaines, c’était l’altruisme, découlant de l’air, l’eau, le feu et la douceur dont avaient besoin d’autres.
Pour d’autres, la communication afin de pouvoir se développer à un rythme raisonnable, car « ils » n’avaient pas les capacités des premiers. Les sons se firent mots, les mots se firent idées et les idées devinrent poètes pour les moins matérielles de ces formes de vies. Mais elles s’enfuirent bientôt dans les hauteurs pour devenir une légende oubliée : le peuple du ciel. « Ils » les appelleraient, pour les plus inquiets d’entre eux, Anges.

Enfin, l’énergie n’ayant pas totalement disparu, elle fit ce qu’elle savait faire, être la synthèse de son état précédent, ne retenant que le meilleur de chacun.
La forme ible, tactile, uelle des seconds lui permis de s’ancrer. Elle retint les aptitudes des premiers, qu’elle trouvait plus en adéquation avec ce qu’elle avait été auparavant.
Ainsi naquirent les salamandres, les ondines, les gnomes et les sylphides.
Les salamandres réchauffaient le monde-entité, lui donnant la chaleur nécessaire à son épanouissement affectif. Sentant que cette chaleur était voulue par « eux », elles devinrent des entités indistinctes, à la lisière de ce qui est palpable. Mais parfois, elles se mêlaient à eux, afin de comprendre…
Les sylphides lui apportaient leurs souffles, permettant au peuple du ciel de rester en suspend, éloigné d’ « eux ». Ne sachant que choisir entre les différentes formes d’eux, elles convinrent que choisir, c’est renoncer, et mêlèrent tous leurs attributs. « Ils » les auraient qualifiés d’ « androgynes » s’ils avaient vraiment compris le caché de ce terme…
Les ondines intuitives, aimèrent la source de vie et ne cesseraient jamais de caresser leur ancêtre-créateur de leurs mains liquides. Le berçant dans leurs bras liquides afin d’effacer toute blessure, toute souillures. Elles seraient aussi à l’occasion ses larmes.
Enfin, le gnomes, sans cesse cajolés par « eux » finirent par leur ressembler. Ils étaient le berceau d’ « eux » dans certaines croyances, affirmant que ceux qui se baptisèrent « hommes » avaient étés pétris en eux. Au figuré, ce n’était pas totalement inexact. On pourrait donc dire qu’ « ils » étaient en partie un prolongement de la Terre. Certaines finirent même par se mêler à eux, perdant en partie leurs dons particulier de créateurs, mais partageant les balbutiement de ce don perdu, envolé avec le peuple du ciel : l’empathie. Certaines ondines et salamandres inquiètes les suivirent, faisant pour eux ce que les sylphides avaient fait pour le peuple du ciel. Ils furent protégés et s’installèrent définitivement sur leurs monde-entités.

Mais un jour, un « ange » finit, lui aussi, par s’ennuyer. L’état de béatitude perpétuel de son peuple, immobile dans les bras soyeux des sylphides, loin des autres parties de ce qu’il sentait être une partie distincte mais intégrante de ce qu’il avait été lui devint second.
Il se projeta dans un humain à naître avant que ses compagnons ne puissent lui expliquer. Le seul don qu’il reçu, nouvelle forme d’existence au milieu des autres formes fût l’oubli. Oubli de ce qu’il avait été, ne gardant que la nostalgie des bras des sylphides.
Ni homme, ni ange, il avait tout à découvrir, de même que ceux issus des autres éléments et des hommes. Il proliféra néanmoins, toujours à la recherche de cette douceur perdue, de la joie des idées, du plaisir des mots, égaré au milieux d’une réalité pas tout à fait sienne.

Les humains comprirent quand même que quelque chose n’allait pas dans ce qui était. Ils inventèrent de nouvelles religions et leur donnèrent le nom de sciences.
L’un d’eux, Heisenberg, le seul à saisir le langage du peuple du ciel, intuita que tout ne saurait être lié. Il devait exister d’autres « ailleurs », d’autres « ici ». Il fût l’origine de ce qu’on formula pompeusement « ailleurs quantiques ». C’était juste l’explication du fait que tous les monde-entités étaient uns, mais liés. Qu’ils étaient chacun des possibilités des autres.
Les descendants des anges comprirent pour certains qu’ils n’avaient pas leur place céans. Que ces extrapolations de ce qui pourraient être ne suffisaient pas par rapport à ce qui aurait dû dans l’Absolu. Ne sachant pas comment partir, le « où » étant exclus par sa théorie, ils disparurent.

L’un d’eux, ne comprenant pas trop pourquoi restât. Il fût considéré comme la sentinelle. Il est la mémoire de ce que l’on oublie. Cette mémoire le fait souffrir mais c’est son « rôle ». Il comprend certaines choses intuitivement, car il conserve une partie de l’empathie, mais n’est pas assez humain pour savoir la communiquer vraiment.
Il rencontre parfois des êtres dans lesquels il retrouve la douceur des sylphides, leur complicité, leurs traits, mais…
Ces êtres vivant dans un des monde-entités ne sauraient se mêler au descendant des anges même s’ils lui font recouvrir une partie de ce qu’il a oublié. Qu’il leur fait intuiter des choses qu’il ne savait pas vouloir soupçonner. Touchant l’héritage des élémentaires, il réalise sa forme d’énergie. Ses premiers pas.
Il commence à déplier ses ailes.

Et puis, il comprend à la longue. Il doit partir lui aussi, comme les demi-anges, ses compagnons. Il comprend que ce ne sont pas des anges déchus, comme les « eux » les ont nommés. Il comprend. Il comprend qu’il ne peut pas expliquer car ça ferait mal aux habitants du monde-entité qu’il a approché. Il comprend que rien n’est gravé dans la pierre, tout est écrit dans le sable, un jour de vent.
L’histoire, la fin de l’histoire, elle ne s’écrit pas. Alors qu’il comprend ça, il retrouve des pans de mémoire.
Cette mémoire d’un château dans le ciel, d’un château où il vole, où il saisit ce qu’est l’énergie, où, de même que les humains réalisent des biens, des actions, des choses, il pourra même réaliser l’énergie.

Et puis, à l’aube d’un matin, il quitte son enveloppe, la laissant derrière lui, finissant de déplier ses ailes, redevenant un vrai descendant d’« ange », il s’élance pour retrouver, à mi chemin entre les anges et les hommes l’endroit qui est le sien. Suffisamment homme pour avoir besoin d’un « où ». Ils se retourne, voit les visages des humains qu’il a aimé, parmi la foule innombrable de tous ceux des monde-entités et sort de ce qui est matière pour retourner à l’état de non-souffrance. Hors du temps, il flotte.

Il nomme son univers de béatitude Uchronia. Et pour la deuxième fois, à l’envers, il oublie. Il oublie jusqu’au souvenir de tout ce qui a suivi, de tout ce qui précèdera.
Lun 23 Jan 2006, 20:17 par Ambriel sur Un monde parfait

Lettres du désert, 3ème jour

La vie coule en moi, abondante et elle appelle ta vie. La lumière en moi gémit après ta lumière. Mon souffle recherche le tien. Je me souviens de ton sourire, de chaque parcelle de ton être. T’aimer et encore t’aimer. En dehors de cela je n’ai aucune force, aucun désir. La vie sans toi, n’est plus vivre. Et pourtant, chaque jour, je me remets à l’ouvrage. Pourquoi, toi ? Comment cela s’est-il fait ? Fallait-il que notre union dans l’Esprit soit aussi inaltérable, absolue, définitive pour qu’elle demande à être encore et encore et que l’absence physique me laisse à nue, sans souffle ? Je fais tout mon possible pour t’oublier mais peine perdue. Vouloir t’oublier c’est mourir à moi-même. Cela me désole. Où est mon indépendance ? Ma vie est-elle conditionnelle à ta vie ? Et la communion a pris depuis ce jour lointain tout son . Non, l’homme ne peut séparer ce que l’Esprit a uni, ce qui est de Dieu ne passe pas. Chaque jour, chaque heure, chaque seconde me le rappelle. Ma chair, mon cœur, mon âme sont au supplice. Faut-il que celui qui fut ma joie soit, par son éloignement, ma douleur ? Oh, quels abîmes se réveillent en moi ! Tu déposes en creux ton souvenir qui me brûle. Je le sais, il n’y a à la passion qu’une issue. L’amour, plus fort que la mort, plus fort que la loi, plus fort que tout vouloir propre. Ne plus résister, ne plus combattre, lâcher prise, m’abandonner à l’intensité de cet amour. Je renais à la vie en mon sein. J’ai rouvert mon cœur et chaque porte. Mes voiles sont tendues et mon embarcation file vers le large se moquant des vents contraires, des grains mauvais, des tempêtes, du bruit des marées, du sifflement des oiseaux de mer, du cri des marins. Le fils de l’homme est là, au cœur de ma goélette, je ne crains rien. Tout est grâce. Dans la douceur, la quiétude, sans impatience, la tendresse et le désir rieurs. Avec les yeux clairs de l’enfance, l’innocence retrouvée, la pureté et la joie. Dans la grâce de Dieu.
Je t’aime.
Jeu 12 Jan 2006, 20:38 par dolce vita sur Histoires d'amour

Auprès de toi...

Auprès de toi, j’ai connu l’amour oui, j’ai connu l’amour.
Et puis, un jour, tu es parti. Trois ans de souffrance, trois ans à lutter contre l’envie d’en finir. Ma vie n’avait plus de ... Et en vain, je t’ai appelé, en vain, je t’ai écrit. Je fumais comme un pompier espérant hâter le délais de ma délivrance. En vain, j’ai pleuré et demandé : pourquoi ? Mais de réponse, de toi, il n’y en avait pas. Que ton silence qui me blessait : ce revirement, je ne l’ai pas compris. Chaque jour, à chaque instant, je t’espérais : le jour, la nuit. Sans cesse. J’ai cru devenir folle loin de toi. Je t’avais fait confiance. Je me sentis trahie. A commencer par moi qui ne pouvais cesser de t’aimer, de t’attendre et de souffrir de l’écart qui se creusait toujours plus entre mes espérances et la réalité... Et puis, un jour j’ai compris. Toute l’erreur en ces jours de ma vie : non, dans l’amour mais dans sa manifestation. Je pensais qu’il verrait, qu’il comprendrait, qu’il viendrait. De l’autre, il ne faut rien attendre. L’aimer c’est accepter son choix et ses limites. De perdre la vie ou non, n’y change rien. En l’occurence, sa vie était ailleurs, loin de moi. De me plonger dans la souffrance, il ne le voulait pas et ne pouvait pas l’empêcher : cela seul dépendait de moi. Alors, j’ai accepté. Au bout de trois années. J’ai accepté : l’amour ne meurt pas, il reste dans mon cœur, il reste là. Alors, j’ai accepté de ne plus lui écrire. De ne plus l’attendre. De me respecter. J’ai compris qu’au delà de lui, c’est l’Amour que j’aimais, c’est lui que j’accueillais. Aujourd’hui, je suis seule, mais pas complètement. L’amour est toujours là. Et si je ne rencontrais jamais l’homme que j’espère, qu’importe ? J’ai le cœur en paix. Et loin de toi, je continuerai à sourire et à aimer la vie qui coule en moi car alors, à quoi bon ? Et aux séductions du désespoir, à présent, je saurais dire non. Quant à mes démons intérieurs, ces anges blessés, ils n’attendent qu’une chose, eux aussi être aimés et non être jugés, quelle que que soit leur pauvreté.
Ce n’est qu’en faisant la paix avec son passé que l’on peut vivre son présent pleinement et s’en émerveiller avec des yeux d’enfant. C’est un peu cela que l’on appelle parfois l’humilité.
Mar 10 Jan 2006, 21:16 par dolce vita sur Mille choses

Autour de l'Amour

A Anne, ma muse.

De tout ce que j’ai écrit sur les âmes tendres, ce texte sera peut être la conclusion d’un long cheminement à la fois sentimental et philosophique. Ce n’est ni une recette, ni un petit manuel à l’usage des gens qui aiment, même si je le range dans la rubrique du grimoire d’Amour.

Après des années d’errance, j’ai revécu la révélation amoureuse. Quelque chose de grand, de beau avec une personne que je désirais vraiment. Cette histoire, pour des raisons complètement inexplicables s’est terminée de la même façon qu’elle avait commencer : passionnément et d’un commun accord. Les chaudes larmes et les sanglots étouffés n’ont pas eu ce goût amer et triste qui les accompagne d’ordinaire et je fus surpris de constater que ma petite boule d’amour était toujours là, malgré la séparation avec cette personne. J’ai aimé, dans ce absolu que nous recherchons tous. Certains éprouvent leur foi en interrogeant Dieu, imaginez ce qui leur arrivent quand ils ont cette conviction intime et inaliénable de l’avoir rencontré …

Cette révélation me conduit à désirer vous entretenir de choses que j’estime importantes sur l’Amour. Je désire ardemment que mon expérience permettent à d’autres de trouver la félicité amoureuse, à tout le moins d’avoir des éléments de recherche. Non pas que je détienne la vérité, elle est propre à chacun, mais j’aime à croire que des observations que l’on sent comme justes et profondes doivent être offertes de bon cœur. Je souhaite vraiment que ces observations pourront être utilisées à bon escient pour qui cherche aussi sa Voie dans celle du cœur.

Je voudrais vous assurer de ma bonne foi et du plaisir sincère que je prend à vous donner simplement ce que j’ai de plus précieux. Acceptez ces lignes comme vous accepteriez le sourire de quelqu’un qui ne vous déplait pas. Je crois que pour puiser une inspiration, il faut être ouvert et souriant, et mettre de coté du moins pendant la lecture, ce naturel fermé qui nous conduit au désaccord et à l’obturation de l’esprit.

C’est ce matin lors d’une pause café, que me vint l’envie de tout vous dire en répondant à ma mesure par ces lignes : on nous apprend depuis le plus jeune age, des tas de choses utiles à la vie, mais on ne nous apprend pas à aimer. On ne nous explique pas comment comprendre ce que l’on ressent, ni ou chercher, ni pourquoi. Les sciences, l’économie, l’histoire, les lettres sont certes utiles à notre évolution dans la société, mais contribuent elles à notre épanouissement amoureux : non, enfin, pas directement appliquées. En cherchant à la source supposée de l’amour, peut on aussi considérer que notre modèle est celui de nos parents que l’on cherche à reproduire ? Oui, en partie. Je pense qu’il faut le savoir, l’accepter et le dépasser. Il en va de même pour les autres lieux communs amoureux classiques : l’homme cherche l’image de sa mère en sa compagne, et la femme cherche l’image de son père dans son compagnon, etc. Ca ne coûte rien d’accepter ces assertions, aussi sûrement que les refuser ne peut qu’apporter une lutte intérieure stérile, nuisant de façon certaine à l’épanouissement amoureux. Je le répète : il faut le savoir, l’accepter et le dépasser. Pourtant, cela ne suffit pas pour naviguer assurément dans les tourments des , je veux dire par là vivre l’amour et se voir le vivre jusque dans son paroxysme : le comprendre.

Ne pas chercher une personne, mais chercher l’Amour est une nuance fondamentale dont il faut être intimement imprégné. Par là, il faudra peut être multiplier les aventures, du moment qu’elles sont vécues avec sincérité et en pleine connaissance de cause de leur objet : est ce toi ? La quête commence alors, tel le vol erratique d’une guêpe qui cherche la source dégageant ces effluves qui l’attire. Mais alors, comment voler juste, comment voler droit ?

Ce n’est que bon que de lire des ouvrages nous permettant d’acquérir la connaissance sur un sujet précis qui nous intéresse et l’Amour n’échappe pas non plus à ce conseil. Ici, je distinguerai les ouvrages dans lesquels il faut se pencher, et ceux qu’il vaut mieux éviter, de la même façon qu’ une mauvaise fréquentation peut laisser de mauvaises habitudes, et que la rencontre d’une grande âme nous communique de la lumière. Parmi les livres que j’estime intéressant pour la réalisation de l’Amour il en est pour nourrir l’âme et la polir tel que Le tao te king de lao tseu ou Le Petit Prince de Saint Exupery. Ces livres révèlent des choses qui ont cet immense avantage d’être à la fois justes et jolies. Je considère pour ma part le Petit Prince comme la Bible du cœur, et le tao te king comme la Bible de la sagesse.

« Mon individualisme » de Soseki, m’a séduit pour son approche saine de l’épanouissement personnel, résumé en ces propos : « il faut s’essayer, n’avoir de cesse de vivre les situations. Lorsqu’on aura trouvé quelque chose qui nous convient, on s’arrêtera naturellement. » Vous voyez déjà en ces lignes comment un tel ouvrage peut contribuer à l’équilibre personnel dans la Voie de l’Amour.

Le choc amoureux de Francesco Alberoni, révèle des chose intéressantes, mais je ne suis pas certains que la systématisation apportée soit la bonne approche pour quelqu’un qui cherche à faire ses pas par soit même. Je ne l’ai d’ailleurs pas fini, m’étant arrêté au point de vue intéressant qu’un couple était une société qui se construit à deux.

Eloge de la fuite de Henri Laborit, possède l’immense faculté de bien remettre les choses à leur place. L’homme, cette machine chimique, voilà quelque chose qui fait froid, qui peut même emplir de profonde tristesse. Et pourtant. Lorsqu’on connaît la vérité nue on peut alors choisir de rêver, ce qui est nettement moins dommageable que de se bercer d’illusions par simple manque de connaissances.

Je finis ici la liste des livres dans lesquels chercher des bons repères pour son âme. Je ne les vois pas comme des manuels de bonne conduite, mais des outils de mesure. Il me semble que ce qui sera le plus important pour une relation de qualité, c’est une bonne connaissance de soi dépassant les simples faits de savoir ce qu’on aime ou qu’on aime pas. Comment réagissons nous, quelles sont nos faiblesses, nos peurs, nos envies, nos valeurs. Alors même sans avoir la prétention de pouvoir déceler tout ça avec précision, la seule démarche de se poser ces questions est déjà un gage de beauté.

« Connais toi toi même » l’un des préceptes des colonnes delphiques trouve aussi son pendant dans les courants de pensés asiatiques, il doit bien y avoir du vrai. Et je suis a peu prés sur , compte tenu sa teneur, que ce principe se retrouve dans d’autres philosophies. Par extension, savoir ce que l’on veut, savoir écouter son ressenti, bien se connaître et s’aimer sont des valeurs à éprouver pour forger son âme.

Ceci pour clore le chapitre des valeurs, je finirais par quelque chose de sacré à mes yeux : ne pas se complaire dans la tristesse, ne pas confondre le beau et le triste. Le sentiment éprouvé par la mélancolie, par la nostalgie est si rapidement et facilement ressenti que cette faiblesse en devient délicieuse, addicitive. Mais qu’apporte-t-elle ? Rien, si ce n’est qu’à ce moment notre ego se sent vivre, peut être parce que éprouver de la joie et du plaisir est moins évident. Les chansons tristes, les drames, les visites dans les histoires passées ne sont pas à éviter, mais ce sont des fleurs dont le parfum enivre et paralyse. Je sais des fleurs dont le parfum vous grise, elles sont simplement plus difficiles à voir.

La formidable histoire que j’ai citée plus haut, et qui je dois bien l’avouer possède tellement de force qu’elle me guide dans ces lignes pose une équation qui arrive bien souvent mais que l’on n’entrevoit pas forcément. Attirance ou sentiments ?

Il est aussi utile de les distinguer sémantiquement que de ne pas confondre émotionnellement. On commence nécessairement par se plaire, quelles que soient les raisons. Si la première raison de se plaire est physique et comportementale, la plus forte, la plus durable, est l’esprit. Sur la base de ce constat là, on comprend aisément le ressort d’Internet dans la concrétisation de relations amoureuses. Je dois dire que ce sont d’ailleurs les plus belles et les plus fortes relations que je n’ai jamais vécu. Mais alors, les sentiments, comment sait on qu’ils sont là ? Quand dépouillé de tout désir tu regardes l’autre et que cela apparaît comme une évidence. Le temps requis pour éprouver les sentiments au delà de l’attirance est dévolu à chacun. Certains aiment intensément et immédiatement, d’autres ont besoin de plus de temps. Là encore, se connaître soi même permet d’éviter bien des erreurs …

Enfin construire à deux, voilà la dernière idée que je veux partager avec vous. Le couple stagne s’il ne se nourrit que du plaisir d’être ensemble, les ations s’émoussent, la relation est en péril. Que ce soit un enfant, une entreprise, l’aménagement d’un appartement, ou l’organisation de voyage, il me semble important que le fruit de l’alliance amoureuse soit présent. Ce n’est pas tant un objectif à se fixer, mais quelque chose à observer. Je veux dire par là que constater que les deux ont envie de faire des choses, que ces choses sont un plaisir commun et partageable et que ces choses se font concrètement, alors on doit être sur le bon chemin.

Voilà pour les fondations les plus importantes de l’Amour qui me viennent à l’esprit. Je ne pense pas qu’il me faille rajouter grand chose en plus de ces lignes dans un désir vain et prétentieux d’exhaustivité. Je souhaite que mes réflexions nourrissent les votres aussi sûrement que les personnes que j’ai aimé, les livres dans lesquels je me suis plongé, et les discussions que j’ai pu partager, dont certaines avec vous qui me lisez, ont pu nourrir les miennes.

PetitPrince.
Jeu 05 Jan 2006, 14:23 par PetitPrince sur Le grimoire d'amour

Sous le réverbère

Sous le réverbère

Je me mal, dévastée,
Comme une terre inondée.
Mes larmes, flos continus.
Tes paroles, mes pensées.
Tu te révèles désobligeant,
Vexant, frustrant, blessant!
D’un ton cassant tu rejettes,
Des bouts de phrases froides.
Mauvaises intentions?
Mes moments difficiles,
Me donnent des vagues à l’âme.
J’ai peur de m’être trompé,
Encore de routes avec toi.
Chemin cahoteux, sournois,
Mauvaises lumières.

Sous le réverbère II

Tu as éteint la lumière,
Pour la deuxième fois.
Je me suis retrouvée seule,
Dans la noirceur, sans toi.
Je me suis retournée,
J’ai demandé, faiblement :
"Es-tu là ?", le vide.
Je n’ai eu aucune réponse.
Mes pupilles ont dilaté,
Effaçant mon iris bleu.
La noirceur m’a envahie,
Dense, lourde, profonde.
Respectant ton choix,
Une route, mais sans toi.
Chemin cahoteux, sournois,
Mauvaises lumières.
Lun 02 Jan 2006, 01:38 par imagora sur L'amour en vrac

L'amour en cadeau...

L’âme ne s’achète pas : elle se donne, en communion,
Les corps sans âme sont comme un cœur qui se protège
de ressentir : ce ne sont que cuivres creux...
Il faut que ce soit vrai et non une vision.
Ô, mais que nos esprits se touchent, en un regard, s’unissent,
Que nos corps s’attirent au faîte du supplice
sans que le besoin n’intervienne en rien.
Que la passion libère de nos chaînes,
Et le rire et la joie accompagnant nos ,
Que l’amour nous rende à nous-mêmes !
Juste émerveillés d’être, en harmonie suprême
Et nos lits sont profonds et parfumées nos lèvres,
Nos caresses, nos émois jusque dans nos mystères,
La joie et l’innocence et l’extase en cadeaux
Car c’est pour tout cela que nous naissons égaux...
Unis dans la confiance de se savoir aimés
non pour être parfaits mais tout simplement d’être...
Mer 28 Déc 2005, 10:14 par dolce vita sur L'amour en vrac

Ma chère plume

Ma chère plume,

D’où je suis, je t’écris ces mots, pour te dire ce que sans toi, je ne sais penser.

Me voici à l’orée de mon jardin secret. Mon ami est tout près de moi, mais voilà, alors que je suis si proche de lui, je ne peux lui parler de mon jardin.

Vois-tu, ma plume, je ne sais comment faire, aucun mot ne se forme dans mon cœur ! Mon jardin, vu d’ici, où je suis, me semble bien aride. Il me fait l’effet, à vrai dire, d’un terrain vague. Je n’y aperçois que de grossières ébauches à peine esquissées, d’indéfinis avant-goûts, de vagues pressentiments, de furtives espérances, d’éphémères songes, des commencements inachevés, des élans jamais pris, tout n’est qu’à l’état de graine. Je ne cesse de prendre dans ma main ces semences sèches et les regarde s’écouler entre mes doigts mais ne sais ni comment ni où les faire germer. Je me seule et désemparée, prisonnière de mon incapacité.

C’est pour cela, ma plume bien aimée, que je te supplie !

Sois mon guide, prends-moi par la main, et conduis-moi à travers mon jardin !

Je ne sais encore où nous irons ensemble, quels chemins encore inconnus nous prendrons, quels paysages nous traverserons et quels mystères nous sonderons. Mais je sais que tu seras là, avec moi, et que, patiente, tu recueilleras toutes les graines qui jonchent le sol de mon esprit et sauras les faire germer.

Les chemins que nous découvrirons ensemble nous mèneront dans les sous-bois de mes désirs, de mon passé, de mes rêves, je ne le sais encore, mais avec toi, quels qu’ils soient, je ne me perdrai pas. Ces chemins n’auront pas de fin, jamais ils ne nous mèneront à l’impasse, tu sauras toujours où inventer une issue, un petit sentier caché à mon regard dans les herbes folles, et je te suivrai avec confiance.

Je te prends entre mes doigts et ton invite à te suivre…

Où allons-nous donc ? Je suis prête, et nous ne partons pas encore ? Pourquoi me faire attendre ?

Pardonne-moi, plume bien-aimée, si je suis impatiente.

J’ai tellement hâte de pénétrer cette terre qui me semble si nue et d’y voir pousser une prairie ondoyante, une forêt luxuriante, ou qui sait, peut-être un champ de blé doré, de délicates ramures fleuries, un potager chargé de lourds fruits colorés !

Et ensuite, je pourrai y inviter mon ami ! Je le prendrai par la main et le conduirai là où il me plaira, dans mon jardin, puis je partagerai avec lui l’ombre bienfaisante d’un cèdre, ou l’odeur du jasmin, qui sait…

Allons-y, ma belle plume, partons à la découverte.



Ton amie qui t’attend avec impatience.
Mar 20 Déc 2005, 16:42 par SilaU sur Mille choses

Cette femme là

Quand tu la rencontreras tu te diras qu’il ne faut pas, que le son de ces tambours dans ta poitrine te consumera. Tu diras non, tu crieras non, tu tenteras de l’oublier, de ne plus la voir et même, et même d’en aimer une autre que celle là. Oui tu fuiras, crois moi tu fuiras. En vain. Ne lutte pas.

Quand tu l’attendras elle ne viendra pas, quand tu la chercheras tu ne la trouveras pas. Et quand elle apparaîtra, tu ne sauras même pas lui en vouloir.

Avec elle, tu retourneras te brûler les ailes, tu t’abîmeras encore dans le vertige des , tu chercheras à nouveau ton souffle dans ses yeux, ton âme dans ses draps et la sienne dans tes bras.

Tu n’aimeras pas, tu adoreras, tu te sacrifieras sur l’autel de sa légèreté, tu verseras ton sang et toutes tes larmes, tu donneras jusqu’à ta vie afin de la garder pour toi.

Et le jour noir où elle partira, il ne te restera que le souvenir de sa voix et le goût de ses cheveux sur tes doigts.
Dim 18 Déc 2005, 01:30 par PetitPrince sur Parler d'amour

…et de la volonté

Je regarde danser deux hommes sur ARTE
Un très joli ballet, bien qu’homo sexué.
Pour parvenir au Beau, je crois qu’il faut oser
Parfois même risquer de s’en voir abîmé.

L’amour est une danse, qu’il faut savoir dompter
Elle nous heurte, nous fatigue, mais qui peut l’égaler
Lorsque les corps ensemble ne sont que volupté ?

Les esprits eux aussi doivent danser mêlés,
Par leur accord sincère ils doivent sublimer
Tous les plaisirs de chair par les apportés.

Voilà je vous l’avoue ce qui m’a tant manqué.
Je n’ai pas pu trouver l’entière sincérité
Qui m’a fait perdre amour et aussi amitié.

Je sais heureusement que chacun peut changer
Que bientôt que pourrai vivre enfin démasqué.
Dim 11 Déc 2005, 21:03 par l'homme de sable sur L'amour en vrac

Lettres du désert (2)

Le désert, 2ème jour.
Mon ami,
Je te parle de Marseille, mais je ferais une lacune si je ne te rappelais que le berceau de mes ancêtres c’est l’Italie. Par ton père, tu es comme moi. J’ai onze ans. Mon premier train de nuit. Long. Nous sommes parties, Angèle et moi, en plein cœur de la nuit que nous avons traversée. Nous sommes arrivées à la fin du jour, lasses, fourbues, poussiéreuses malgré la première classe. Les paysages se sont succédés. Je me délectais des nouveautés, des surprises, de tous ces ailleurs entr’aperçus, jusqu’à cette gare de Turin, la lumineuse. C’est toi, encore toi, qui me rappelleras que le saint Suaire y est conservé. T’en souviens-tu ? Combien de fois viens-tu sans le savoir me faire des clins d’œil, me tenant par la main pour me conduire à mon Dieu d’amour pour me conduire de toi à Lui et de Lui à toi. Toi que je ne reverrais peut-être pas sur cette terre, hélas, puisque nous n’en avons pas le droit aux yeux des hommes... Comment ferais-je pour poursuivre la route sans nos éclats de rire, notre envie folle et irrépressible de nous jeter dans les bras l’un de l’autre, notre soif de tendresse ? Mais revenons à mon lointain voyage. C’est hier. C’est aujourd’hui. A la descente du train, nous sommes accueillies par l’énergique et chaleureuse Gabriella. Trajet en deux chevaux jusqu’à Carpignano, champs de maïs et rizières. Rizières et maïs. Manteau de brume qui surplombe les rizières sans jamais les toucher, rêve d’ailleurs. Que de blancheur et de douceur en suspension. Chez les cousins : repas pantagruéliques et interminables, rires, jovialité, convivialité, chaleur humaine, le tout agrémenté de chasses aux pigeons improvisées dans le grand jardin intérieur du corps de ferme, de la découverte des poules et de leurs ruses pour couver, des lapins, des dindons et du chien. Découverte aussi des enfants d’Italie et de cette langue dont je suis restée amoureuse. La langue du pays de mon père, mon oubliée, toi que je n’ai pas étudiée et qui me reste collée au cœur, langue des ancêtres. « Sono franchese, me quiamo Anna », voilà tout ce que je savais dire. Aujourd’hui ? Comme toi peut-être, quelques phrases timides, alors que mon cœur chante souvent : « je suis ritale et je le reste". Un peu par bravade. Beaucoup par amour. Je suis l’une et l’autre mêlées. Jamais parfaitement l’une, jamais tout à fait l’autre, un peu des deux, toujours une. C’est ce qui me rend l’autre toujours proche, il ne peut y avoir pour moi d’étranger, l’étranger c’est mon frère, de même celui que l’on bafoue. Etrangère aux Etats-Unis, au Canada, en Italie, en Espagne, en Angleterre, et parfois aussi, en France. Chez la Graziella, j’ai savouré l’après-midi, le temps béni de la sieste derrière les stores vénitiens, tout en haut du grand corps de ferme. Mon esprit romanesque vagabondait. Je me souviens de mes lectures de morceaux choisis et rêveries dans la pénombre italienne. A 11 ans, je rêvais déjà d’amour. Me revient en mémoire la vie de ce saint si pur qu’il accrocha son vêtement au rayon du soleil sous les yeux hébétés d’un moqueur : le Seigneur veille sur les coeurs purs, ils peuvent grâce à Lui, déplacer les montagnes ! ! ! Comme tu le sais, Il se rit des railleurs, et protège les faibles et les petits. Mais, laisse-moi encore te parler d’Angèle, si aimée de ma famille italienne. Angèle toujours les bras chargés de cadeaux et le coeur grand ouvert. Elle recevait avec autant de grâce les marques d’amour qu’on manifestait à son égard. Angèle, c’est elle qui m’a tout appris de la beauté des langues du monde et du respect qu’on leur doit. Sans elle, les idiomes, langues et dialectes auraient-ils tenu tant de place dans ma vie ? ! Et tant de place tous mes frères ? En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, mes oreilles se sont ouvertes aux sonorités langoureuses de la dolce vita : oui, une vie bien douce où l’on baigne dans un amour fervent, passionné, insondable, joyeux et rieur jusque dans les larmes. Si mes lèvres se sont refermées, mes oreilles comme mon cœur, expérimentèrent bien des Kms plus tard qu’il est des blessures profondes qui ne se referment jamais. Désormais, j’étais ible aux langues, à la musique, aux humains, à l’amour, à la beauté, à la liberté, à Dieu, à la vie à vie. T’ai-je parlé des visites au cimetière avec les adolescents de mon âge, du nettoyage et de la décoration de la chapelle, des messes dominicales où il était question encore et encore des « homini » - et non « oies mini » comme, dans mon innocence, je le croyais ! -, de l’invitation chez la fille du maire, de la dégustation de lait crémeux dans une ferme, des marchés, des restaurants, de la découverte de l’Isola Bella et de ses jardins exotiques, de ses tableaux fascinants aux oiseaux dont les yeux suivent votre déplacement, ..., vraiment, t’ai-je déjà conté tout cela ? Je fus apprivoisée par la beauté à l’italienne.
Pour faire connaissance avec l’Italie de mon père, je dus attendre d’avoir 16 ans. Je retins la montagne, les châtaigniers, la voix rugueuse de mania Marioucha (intrépide et généreuse tante "petite Marie", Mariette), occitane de tradition, de culture, de langue : « Es tout dret, fa fret ». Mon Italie des « cuadre », ces hommes et femmes de caractère, qui, s’ils parlent haut et fort, ne manquent pas de cœur et savent agir autant qu’ils parlent. Rudes travailleurs, durs envers eux, n’hésitant à pas à appeler un chat par son nom. De ce bout de montagne, de la vallée d’or, je veux te faire sentir le vent glacé qui nous grise et nous conduit sur le Taillaret par le bras, nous étourdit et nous pousse dans le dos jusqu’à ce que nous ne luttions plus et nous laissions conduire grisés jusqu’à la cime. Là, en haut du mont pelé par les caresses rudes du vent se trouve la Croix. Ferme les yeux, respire. Tu es à mes côtés. La croix n’a rien de triste, c’est l’amour qui se donne. Viens te désaltérer à la source vive de l’Amour, mon amour. Ferme les yeux, ne pense à rien, contente-toi d’être. Sens le souffle qui pénètre ton corps d’une vie nouvelle, d’une ardeur décuplée. L’ivresse. Laisse ce rire frais de l’enfance sortir de l’enclos de ta bouche. Abandonne-toi à l’Amour dans l’innocence du monde. Souris. Laisse s’envoler ce manteau de tristesse qui t’étreint et te serre le cœur. Le souffle divin me plonge dans l’infinité, je décolle sans quitter terre. Ce souffle qui nous unit aux cieux et à la terre. Seigneur, nous sommes bien avec Toi, si nous dressions des tentes ? Mais non, il nous faut redescendre, quitter le mont Carmel pour porter la vie aux hommes, leur annoncer la bonne nouvelle : on est libre, on est fait pour aimer, debout. Dieu est là, au milieu de nous, ne le cherchons plus en l’air, il est au cœur même de nos vie. Ephata. La vie, c’est Dieu qui la donne, elle diffuse en chaque fibre de mon être et l’illumine de l’intérieur. Joie de la création et paix des cieux. Amour infini qui recouvre de feu la cime des montagnes à l’envie. Vie. Liberté, souffle divin. Joie ! Joie ! Comme je vous aime !
A cette occasion, ou lors d’un autre séjour au Val doré, jeune maman, j’appris l’histoire des chemises noires. Lorsque l’incident eut lieu, mon père et sa sœur jumelle avaient 7 ans. La grand-mère maternelle de ma grand-mère paternelle était juive. Elle était tombée amoureuse d’un chrétien et l’avait épousé, ce qui n’avait pas dû se faire sans scandale de part et d’autre : mais, parfois, l’amour est plus fort que la loi. Lorsque la guerre eut lieu et que les juifs furent pourchassés, Barbara, la mère de mon père, hébergea un couple de médecins juifs : leur nationalité autant que leur identité restera un mystère. Cette jeune femme, privée de son charpentier d’époux mort en France cette même année des suites d’une chute, n’avait pas hésité à risquer sa vie pour sauver celle de ses frères humains. Prévenue de l’arrivée des chemises noires, elle avait - avec la complicité des gens du village ? - favorisé la fuite des réfugiés. Sans doute dénoncée, pour la convaincre de parler, les chemises noires avaient projeté de tuer ses deux plus jeunes enfants, debout, au pied d’un mur. Elle ne pouvait rien dire, ne sachant rien de l’endroit où les « hors la loi » auraient fui. Quoiqu’il en soit, le chef des chemises noires refusa de mener le projet à terme. Les enfants furent rendus à leur mère. En attendant, mon père a gardé cet épisode traumatisant en lui comme un poison violent. La parole tue ; il a appris à taire. Tout en lui est mystère et silence.
Dim 11 Déc 2005, 15:43 par dolce vita sur Histoires d'amour

Coeur de frimas

Cœur de frimas

L’automne s’affirme, s’installe sans fracas.
Le brouillard a laissé une parure de glace,
Les arbres meurtris de gravures rêvassent.

Je me plais à parcourir ta rue à grand pas.
Certains le cœur refroidis par ce froid vif,
Emmitouflés se hâtent absents et pensifs.

L’air claque sur mon visage, mes yeux larmoient.
Sous ce ciel gris les apparences sont irréelles,
Et une complainte s’empare des ruelles.

Le froid sec et pénétrant me pousse vers toi.
Dans le frimas givrant les ombres s’enlacent,
La lumière blanche des réverbères agace.

Mes narines se figent, toi seule sauras.
Dans cette brume qui a envahi la ville,
Je me terriblement vivant, je pétille.

Dans ce cocon de moiteur en apparat,
Mon cœur enflammé, ardent n’en a cure,
J’aime sentir sur mes joues cette froidure.

Tous les déployés, je frisonne déjà.
Je te sais délicate comme une fleur de neige,
Patience, attends moi, des pensées m’assiègent…

Vers à soi
Dim 11 Déc 2005, 10:53 par vers à soi sur La première fois

La joie en vagues pures...

Ce matin, j’ai senti comme une onde d’énergie se déversant en moi en une pluie bienheureuse. Des vagues successives enveloppent mon être et irradient bien au delà peut-être : je ne puis contenir les flots de ce vin là qui me grise et m’enchante. D’où vient-il ? Quel est-il ? Ma foi, je ne le sais pas. Ma vie était si grise qu’une fine poussière me couvrait toute entière. Et me voilà debout et la vie me sourit et de quelle magie, sans doute universelle ! ! ! J’ai envie de chanter, j’ai envie de danser, j’ai envie de laisser en moi cette joie emporter tous les flots de grisaille de mon récent passé. Je ne cessais de dire : quand verrais-je le bout ? Quand sortirais-je enfin, n’y a-t-il pas de fin ? Et quand n’y croyant plus, quand de guerre lasse, j’ai laissé les mots couler leur encre épaisse et noire, me voilà relevée et marchant tout en haut !
Ô matinée divine, ô éternels cieux, voilà que s’illumine le chemin qui m’entraîne comme un souffle glorieux...
Mais que m’arrive-t-il et quelle cohorte de sentiments soudains ; c’est comme si trop longtemps contenus ils se poussent du coude et sortent à qui mieux mieux ! ! ! Qu’importe les dérives et les débordements : je monter la vie en flots éblouissants ! ! ! Sur la route, en chemin, je saurais reconnaître celui qui seul m’attend et tous deux de l’amour nous ferons la conquête, buvant à la fontaine comme deux coeurs d’enfants...
Sam 10 Déc 2005, 14:04 par dolce vita sur L'amour en vrac

Message à ma soeur...

Le sommeil m’a fui cette nuit,
Et dans l’ascenseur qui me montait ici
Les mots sortaient déjà, dans un ordre précis...

Suis-je malade ou bien fou ?

J’ai trop écrit hier soir et ne désemplis pas
Telle ta passion, ma soeur, mon coeur est insatiable
Il veut donner toujours tant qu’il en est capable.
Et aujourd’hui il brûle, attisé par les mots,
D’une fièvre inconnue qui se nourrit d’elle-même.

Les mots sortent encore cela je n’y puis rien,
Pas même les contrôler ou guider leurs idées.
Je ne peux que relire, une fois qu’ils sont posés
Et comprendre peut-être le de leur refrain.
Mar 06 Déc 2005, 08:42 par l'homme de sable sur L'amour en vrac

Silence.

Je voudrais pouvoir dire,
Tout l’amour que tu m’inspires,
Mais notre situation clandestine,
Laisse mes mots en sourdine.
Ils n’en sont pas moins profonds
Comme tout l’amour que nous taisons.
Sans cesse, en attente,
De tes caresses insolentes
Je deviens source qui ne peut se tarir,
Tu es l’affluent de mon désir.
Etre avec toi ne suffit pas,
Je me si petite dans tes bras.
Toujours plus fort, toujours plus haut,
Nos délires vont crescendo,
Et nos désirs, et nos promesses,
Sont synonyme de tant d’ivresse,
Que du plus profond de ma passion,
Je devine nos veines en ébullition.
Que l’on se fasse l’amour ou la tendresse,
J’aime que s’en suive une douce paresse,
Peuplée d’autant de mots doux,
Ou de nos silences qui avouent tout...
Sam 03 Déc 2005, 18:59 par syolann sur L'amour en vrac

Je le pense...

A toi, jolie princesse,
Je léve mon verre,
Et m’incline biens bas.
Tu es là, à côté de moi,
Me faisant ton sourire,
Qui me dit tout...
Et moi, je me bête,
Timide et impressioné.
Un vrai gamin!
Je mon estomac,
Plus noué que jamais.
Comme si je devais te dire oui!
Les mots ne sortent pas,
Et même sur ce papier.
Je ne le dis ni ne l’écris,
Mais je le pense...
Je n’ose pas,
Car ces mots là,
On ne les dit qu’une fois,
De cette manière là.
Donc j’attendrais encore,
Car plus j’attends,
Plus tu continues
A me surprendre,
A me séduire.
Donc attendons,
Et reprenons nos discussions...
Dim 27 Nov 2005, 22:58 par Loyd sur Parler d'amour
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Ecrire sur sens

Ecrire sur sens Il avait été une fois…, Lettres du désert, 3ème jour, Auprès de toi..., Autour de l'Amour, Sous le réverbère, L'amour en cadeau..., Ma chère plume, Cette femme là, …et de la volonté, Lettres du désert (2), Coeur de frimas, La joie en vagues pures..., Message à ma soeur..., Silence., Je le pense...,
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Puérils sont les mots Vaine l'écriture Effréné pourtant le désarroi du coeur.

Andrée Chedid.

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